Sonic CD est un épisode un peu spécial de l’époque 16 bits puisque c’est un titre venant s’inscrire dans la chronologie de la saga du hérisson époque Megadrive, mais réservé au support CD de la machine. Un support assez rare et peu facile d’accès en 2023, puisque demandant un équipement rapidement couteux et fragile. Heureusement, diverses compilations dont la dernière en date : Sonic Origins ont pu replacer entre les mains des joueurs ce jeu non sans défaut mais ô combien intéressant de Sega.
Intéressant à plusieurs titres, à commencer historiquement, puisque c’est le jeu le plus emblématique du Mega CD. Si Snatcher ou encore Lords of Thunder ont su donner des lettres de noblesse à la bécane, c’est bien Sonic CD qui rutilait dans les rayons des grandes surfaces en 1993 (au Japon) ou 1994 (dans le reste du monde) pour faire vendre du hardware. Son introduction en dessin animé et ses musiques qualités CD étaient de véritables atouts pour la machine, et je dois bien vous avouer que c’est ce jeu qui m’a fait passer à la caisse en l’an 2000 tant le souvenir de la sortie du jeu m’avait marqué.
Marqué, hélas autant que le prix pharaonique de l’extension CD de ma Megadrive pour le gamin que j’étais à la sortie du jeu 6 ans plus tôt et qui eut vite raison de mon engouement.
SONIC CD CONTRE SONIC T800
Mais passons sur les souvenirs poussiéreux du XXe siècle pour rentrer dans le vif du sujet, à savoir ce qui est en réalité le 3e opus des aventures de Sonic sur Megadrive. Développé en parallèle des épisodes 16-bits, ce jeu sera le seul épisode de cette époque à ne pas être sous la coupe de Yuji Naka, le créateur historique de Sonic.
Débarquant après Sonic 2, le titre ressemble étrangement à une sorte de Sonic 1 pimpé au Sega CD plus qu’à une évolution de Sonic 2. Et pour cause, si Naka n’est pas à la baguette, l’équipe est également différente des opus Megadrive numérotés. Ainsi, quid de Tails, du mode deux joueurs et du nouveau design de Sonic ?
Sonic CD revient à un rendu plus proche du Sprite de Sonic 1, et le hérisson mène sa lutte contre Eggman à nouveau seul. Il est d’ailleurs intéressant de voir que chronologiquement, Sega a fait le choix de le placer juste après Sonic 1 dans le mode histoire de Sonic Origins.
Cependant, si Sonic fait front seul à la menace robotisante de son univers coloré et fantaisiste, CD amène un nouveau personnage sous les traits d’Amy Rose : la petite copine de Sonic. Cette dernière se fera enlever rapidement par un Sonic Métal, figure rival emblématique du jeu puisqu’il est placé comme antagoniste majeur et à la solde du venimeux scientifique à la tête d’oeuf.
88 MILES PER HOUR
Le second point intéressant du jeu c’est sa proposition basée sur les voyages dans le temps. Sonic CD propose ainsi par le biais de portails de voyager dans le temps et de découvrir la même zone dans le passé, le présent et le futur. « Du délire ! » me direz-vous ! « Oui mais ! » répondrais-je. Et pour cause, ce qui m’a toujours gonflé dans Sonic CD c’est que le voyage dans le temps passe par le fait de devoir accélérer très vite jusqu’à pouvoir passer le mur du temps telle une DeLorean à 88 miles/heure, une fois un panneau activé.
Sauf que bien souvent, tout dans le level-design vous empêche d’aller vite. Au point de devoir aller vous foutre en l’air dans des pièges pour espérer passer d’une époque à l’autre. Ce point de détail deviendra moins pénible au fur et à mesure qu’on aura le jeu en main mais il reste, me concernant, une sorte de non-sens.
STAGES SPECIAUX SOUS ACIDE ET BOSS FAMELIQUES
D’ailleurs, le Level-Design de Sonic CD est au global sur la totalité des actes plus ramassés que les autres épisodes puisque divisé en 3 époques. Cependant, ce concept amène une idée mêlant game-design et narration vraiment pertinente puisqu’il est possible dans Sonic CD d’obtenir la vraie fin sans avoir à récupérer les fameuses émeraudes (baptisées ici Time stones).
Pour ce faire, il faut aller dans le passé de chaque zone pour détruire des machines placées par Eggman et ainsi créer un futur radieux et libéré du courroux du savant fou. Bref une idée très sympa, surtout si on note que les stages secrets cachant les pierres du temps sont tout simplement nuls et très peu maniables. Fier de son hardware CD, Sega a voulu nous sortir une sorte de « mode 7 » sauce Super Nintendo mais sans en maitriser réellement les possibilités.
Résultat, on se retrouve avec des stages brouillons où on saute un peu comme on peut en espérant tomber au bon endroit jusqu’à trouver l’objet de désir à savoir la pierre qui brille. Bref c’est claqué au sol et raté. Dommage.
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- Ce sont par ces panneaux que vous actionnez les passages dans le temps. Ensuite, il faudra courir vite…
Concernant la maniabilité en tant que telle maintenant, et bien rien ne change vraiment. On retrouve toujours cette recherche de la vitesse et cette épuration du gameplay mono-bouton où les sensations de jeu doivent avant tout passer par le Level design et donc la plateforme et la vitesse.
Sur ce point, Sonic CD n’est pas le meilleur opus de la franchise car comme évoqué plus haut, aller vite n’est pas toujours évident voire possible. Le level-design est souvent ramassé sur lui-même et casse les velléités de vitesse du joueur. Le jeu manque de ces moments d’ouverture qu’avait su nous offrir Sonic 1 et surtout Sonic 2 avant lui. Et c’est dommage. On notera quelques effets sympas de fausse 3D dans les fameuses boucles à la Sonic.
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- Ces stages sont une purge. Non seulement c’est injouable mais en plus c’est visuellement hideux et agressif.
Dernier point vraiment décevant de Sonic CD : Les Boss. Si les sprites des inventions d’Eggman sont vraiment jolis et travaillés, le challenge proposé est quasi nul puisqu’on se retrouve face à des affrontements qui se règlent en 3 coups, réduisant toute forme de tension à néant puisqu’il est tout à fait aisé de rester en vie tant qu’on conserve un anneau d’or.
PLUS COLORE QUE JAMAIS
Artistiquement, que vaut Sonic CD ? Et bien c’est superbe ! Le jeu est très coloré sans être criard, les ambiances et les harmonies de teintes du pixel art sont parfaitement associées et on sent que le Mega CD est derrière. On retrouvera un peu une ambiance similaire sur Ristar, un autre titre Megadrive (sans le CD) 1 an et demi plus tard.
Pas mal d’animations et de paralaxes viennent enrichir les arrières plans et c’est un régal de se balader dans le jeu et de voir comment la Sonic Team a décliné les tableaux de stage en fonction des époques. Le design des personnages, lui reste très Sonic 1 et ne profite pas de la refonte de Sonic sous le crayon de Naoto Ohshima pour l’opus numéro 2. C’est un peu dommage mais ça s’explique par le fait que les deux titres ont été développés en même temps.
DEUX OST POUR UN SEUL JEU
Dernier point et non des moindres, l’aspect sonore. Oui nous sommes sur Mega CD, oui Sonic est connu pour ses musiques iconiques et cultes et donc oui, on attend de ce jeu une révolution sonore. Mais quel est le secret d’une bonne OST ? La qualité sonore, c’est indéniable et sur ce point, le jeu très solide. Le support CD fait des merveilles et propose une réelle bande-son enregistrée avec de vrais instruments ainsi qu’une finesse des arrangements synthétiseurs dont ne dispose pas la Megadrive.
Cependant, une bonne OST c’est également une composition. Et de ce point de vue-là Sonic CD est légèrement inférieure aux épisodes Megadrive. Sans être mauvais loin de là, les thèmes conservent bien l’ADN du Sonic des années 90 mais il manque les 2 3 pistes au statut iconique tel un Chemical Plan ou un Lava Reef, pour ne citer qu’eux.
Par ailleurs, l’ensemble est réellement de très bonne facture. D’ambiances groovies énergiques en sons plus électro entrainants, saupoudrés d’un mélimélo de Bip-bip très « computer du futur » aujourd’hui assez naïf, en passant par quelques morceaux orientés Hip-Hop gonflés avec hélas quelques voix digitalisées et chantées un peu ringardes et datées, ce sont finalement les mélodies les plus tribales et les plus atmosphériques qui ressortent de ce score dont la jolie « Quartz Quadrant » qui pourrait figurer dans une bande-son de YS sans problème.
À noter que chaque stage dispose d’une variante musicale de son thème en fonction de l’époque. Bref hormis quelques notes un peu datées, c’est un gros travail musical effectué par Sega pour ce Sonic CD qui fait honneur à son support.
L’autre particularité de Sonic CD c’est sa dualité musicale en fonction de la région du jeu. L’Europe et le Japon font pot commun pour une soundtrack qu’on considèrera comme l’originale et sur laquelle j’ai basé mon avis ci-dessus (J’ai surtout joué au jeu en PAL sur Mega CD puisque c’est la version que je possède).
Néanmoins, la version américaine du jeu revoit sa copie puisque le titre va bénéficier de pistes différentes. Laissant de côté l’aspect Chipthune et musiques de style jeu vidéo rétro si je puis l’exprimer ainsi, cette version US débale tout un attirail de guitares électriques, entrecoupés de passages très électro voire world musique beaucoup plus sophistiqué et moins conoté jeux vidéo. Le résultat est plutôt intéressant sur certaines pistes expérimentales mais classique bien qu’entrainant sur la partie plus Rock.
Au débat : » Quelle version choisir et qu’elle est la plus intéressante ? » … Les deux mon capitaine. La version Japonaise/PAL est vraiment plus esprit Sonic et plus narrative, alors que la version américaine est clairement plus barrée et osée mais peut-être un peu hors contexte pour certains. Alors un conseil, testez les deux, le jeu n’est pas très long (comptez 2h si vous connaissez un peu les Sonic pour en faire le tour correctement).








