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TEST : Squad 51 vs. the Flying Saucers – Un shoot’em up hors normes

RINCEVENT [Rédacteur]
Créature 100% pur beurre a la plume parfois maladroite mais toujours sincère et dont la traversée des années 80/90 en compagnie de Sega et Dorothée n'est pas sans conséquences... On a la culture qu'on mérite !!

Testé sur Xbox Series X à partir d’une version commerciale.

C’est lors d’une énième conférence (que je ne saurais même plus précisément nommer) que j’ai croisé Squad 51 VS The Flying Saucers. Entre deux bandes-annonces de quelconques TPS, shooters-looters ou « pas-GAAS-mais-presque », la présence d’un shoot’em up « à l’ancienne » a de quoi marquer l’esprit un peu attentif.

Cependant, ce fut bien la seule information portée au public jusqu’à une sortie tout aussi discrète, d’abord sur Steam, puis sur les stores de nos consoles favorites. Des supermarchés du jeu vidéo à l’ergonomie proche du zéro absolu et aux paramètres de recherche des plus poussifs, qui ne facilitent en rien la mise en valeur d’un jeu dont les développeurs n’ont pas le budget marketing suffisant pour sortir du lot.

Ne comptons pas non plus sur les médias actuels spécialisés dans le jeu vidéo, ou en tout cas prétendus comme tels, puisque seuls les titres abusivement longs et évasifs concernant un AAA, la sortie de la Switch 2 ou même la potentielle PS5 Pro rapportent les clics salvateurs et, par conséquent, le bonheur de leurs commanditaires.

Il est vrai qu’une première production d’un studio brésilien composé essentiellement… d’une seule personne ne rentre pas vraiment dans les critères permettant de prétendre au titre tant convoité d’accroche « putaclic ».

C’est donc au détour d’un errement sans but précis dans le Xbox Store qu’il m’est apparu, au beau milieu d’une foultitude d’autres jeux présentés sans la moindre logique.

Mais une fois passée cette agréable sensation mêlant surprise et joie quant à son existence bien réelle, qu’en est-il de celui que l’on appellera simplement Squad 51 ? Ses qualités ? Ses défauts ? Pépite cachée ou grosse déception ? GOTY ou pas GOTY ?

Ohhhh noooonnnnn !!!! PAS LE PUTACLIC !!!!

 50 nuances de gris…et même un peu plus ! 

C’est vrai que, sur le papier, Squad 51 essaye de gravir la montagne du succès avec des tongs : Un SHMUP, genre éternel mais ô combien délaissé par les développeurs et par là même le grand public, à scrolling horizontal, intégralement en noir et blanc et à l’ambiance fortement inspirée aux films de Science-Fiction des années 50 et 60. Pourtant, c’est ce design particulièrement marqué qui m’avait frappé lors de son trailer, une originalité suffisante pour attirer l’attention sur le studio Loomiarts et de son fondateur Màrcio Rosa. Seul au départ de ce projet en 2016, il s’associera avec de nombreux talents dont un spécialiste du court -métrage, Fehorama Filmes, pour les transitions en FMV. 

squad 51 vs the flying saucers 2024 03 26 20 21 42

Pour mieux coller aux films dont il s’inspire, le studio Brésilien a fait de ce Squad 51 une véritable machine à voyager dans le temps. Ainsi, le jeu nous accueille avec une intro filmée aux doux relents de production fauchée mais pleine d’envie et d’ambition. Le jeu arbore ainsi une très belle robe d’un lumineux noir et blanc du plus bel effet, avec cet éclairage tellement contrasté et artificiel qu’il en devient presque artistique et ses acteurs au jeu délicieusement rigides ou simplement décontenancés par là où ils sont. Le tout est brillamment souligné par une ambiance musicale et sonore signée Renan Franzen à base de cuivres pétaradants et autres sons indissociables au genre de cette période, sans compter cette voix off nasillarde et exagérément alarmiste pour attirer le spectateur dans les salles obscures. Squad 51 coche toutes les cases de l’hommage réussi et nous plonge de la plus belle des manières dans l’ambiance, même si cette radicalité pourra en rebuter certains. Malgré tout, ce souci du détail fait plaisir à voir et participer au combat en incarnant le Lieutenant Kaya et de son escadron aérien contre le diabolique Directeur Zarog et sa dictatoriale Corporation Vega est un vrai plaisir pour les yeux et les oreilles et semble tout droit tiré des rushs inédits du « Jour où la Terre s’arrêta« . 

Car ce parti pris esthétique va également s’appliquer avec le même soin tout au long des 11 niveaux qui composent le titre. On ne s’étonnera donc pas de prendre les commandes d’un avion qui s’apparente beaucoup à un jouet, de survoler des forêts de sapins à l’aspect plastique à peine masqué ou bien encore de constater que les vagues dans le niveau au-dessus de l’océan vous font penser à celles que vous faisiez en jouant avec votre bateau pirate dans la baignoire quand vous aviez 5 ans ! Même les explosions et autres effets spéciaux, certes plutôt spectaculaires mais nuisant parfois à la visibilité générale, font volontairement kitsch et grossièrement rajoutés en post-production. Mention toute particulière pour les boss de fin de niveaux, massifs, impressionnants et au chara-design que ne renierait pas Ed Wood.

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Sous ce joli vernis, le game plait ou le game plaies (et bosses) ?   

Si le charme de Squad 51 opère dès les premières minutes, il est de notoriété publique qu’un SHMUP digne de ce nom accroche sur le long terme grâce à un gameplay multi strates ne se dévoilant pleinement qu’à force de persévérance et de performances. Et seule sa pleine maîtrise permettra d’accéder aux plus hautes marches du classement des scores. Depuis R-Type (voire même avant) jusqu’aux plus récentes productions du genre (N.B : j’en profite pour vous inciter à jeter un œil sur Pawarumi, un excellent jeu et made in France s’il vous plaît) , ce combat constant entre prise en main qui demande de plus en plus de doigté mais qui permet de toujours dépasser son précédent record, associée à une difficulté de plus en plus retorse (voire injuste ?) à affronter, c’est l’essence même du genre. 

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Cette première œuvre de Loomiarts voit les choses autrement et prend une direction différente. Ici pas de Power-up à récupérer in-game pour maximiser les dégâts de ses tirs, il suffit d’être patient et le shoot s’améliorera passée une grosse minute sans essuyer de tirs ennemis. Il n’y a pas non plus le choix entre plusieurs modèles d’avions ou encore de système d’enchainements et de combos complexes, ni même de boulettes suicides ou autres concepts parfois nébuleux pour multiplier son score. Squad 51 se veut accessible au plus grand nombre et focalise sur une maniabilité certes ultra classique mais compréhensible en quelques secondes : tu prends cet avion (et pas un autre), tu es un gentil, il y a des méchants qui te tirent dessus, faut leur tirer dessus avant et pour cela il y a deux boutons à ta disposition !!  

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Cependant, si on ne peut pas choisir librement son zinc, certaines missions nous offrent quand même la possibilité de piloter plusieurs types d’avion comme un bombardier aux proportions dantesques dans un dédale de tunnels étroits au cœur d’une montagne. Une idée aussi tordue que bienvenue pour casser la monotonie de l’incessant combat de David contre Goliath de la plupart des niveaux. Mais l’idée majeure de Squad 51 vient de ce large éventail d’options disponibles au début de chaque mission et qui vont faciliter la progression afin de voir le dénouement de cette bataille pour la protection de la Terre face à la menace extraterrestre. Nouvelles armes, résistance aux tirs et aux collisions accrue, diminution de la taille la hitbox…on ne comptera pas moins d’une trentaine d’atouts afin d’optimiser son arsenal ou son destrier. La subtilité vient du fait que toutes ces améliorations se débloquent progressivement au fil du temps accumulé sur le jeu.

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Concrètement, plus vous jouez, plus on vous facilite les choses pour voir la fin !!! Et il faut avouer que ça fonctionne pendant le premier run, mais une fois l’ensemble accessible, et votre machine de guerre personnalisée selon vos envies, le système de scoring est trop basique pour maintenir un intérêt qui, forcément, s’étiole rapidement. Squad 51 se rapproche ainsi plus d’un SHMUP narratif, devant être vécu comme les films auxquels il rend hommage. Une aventure spectaculaire de deux heures pour effectuer un premier loop, ouvert et accessible à tous dans son approche.

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Le SHMUP pour tous…sauf toi…et toi aussi…toi non plus…et toi ??? bon ok ça passe !

Cette volonté de plaire à un public de non initiés et de toucher une partie des joueurs normalement peu enclins au genre est des plus louables. Cependant, malgré une difficulté paramétrable pour rendre le challenge plus corsé, la simplicité du gameplay et son manque de subtilités rendent la replay value bien mince. Il y a certes le mode Résistance, qui consiste à finir le jeu cinq fois de suite avec une difficulté accrue à chaque loop réussi, mais l’intérêt reste minime et le challenge répétitif. Squad 51 se vivra donc comme une aventure solo, justifiant ainsi cette durée de vie très longue pour du SHMUP qui habituellement ne dépasse les 45 minutes de jeu. Justifiant aussi la présence de 11 chapitres et d’autant de cinématiques, avec la possibilité de sauvegarder entre chaque niveau, là où le SHMUP classique vous demandera au minimum le « One Credit Clear » pour avoir la vraie fin du jeu. Si les accrocs de la Boulette Suicide et autres acharnés du Bullet Herding toucheront rapidement le fond du bocal, Squad 51 reste une belle porte d’entrée à un genre toujours vivant, à défaut d’être sur le devant de la scène, pour tous les autres joueurs qui s’essayeront à ce titre.

AVIS DE LA REDAC

Si les studios Sony faisait un SHMUP, il ressemblerait beaucoup à Squad 51 VS The Flying Saucers ! Le jeu est techniquement, visuellement, musicalement réussi mais l'histoire est au coeur de l'attention et donc apparaît plus importante que la prise en main et l'addiction par le gameplay. Un choix osé de la part de Loomiarts pour son shooter aérien puisque fait pour plaire à un grand public qui n'est plus vraiment la cible actuelle des productions de ce genre. Mais aussi un choix qui laissera les passionnés sur leur faim, le jeu manquant de cette complexité parfois cruellement exagérée mais tellement prenante qu'offre un Raiden IV par exemple. Cependant, il faut pas bouder son plaisir et le côté récréatif, plaisant est présent pendant tout le film...je veux dire le jeu !!! Et on sent qu'il a été fait avec amour et respect... mais plus pour la SF au cinéma des années 50 que pour le Shoot'em up.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
89
%
Graphisme
93
%
Animation
93
%
Jouabilité
80
%
Interêt
70
%
Son
89
%
Graphisme
93
%
Animation
93
%
Jouabilité
80
%
Interêt
70
%
LES PLUS
  • Direction artistique assumée
  • Un sans faute techniquement parlant
  • Simple d'accès pour séduire mêmes les plus réfractaires au genre
  • Petit prix (15/20€ hors promo)
  • Suffisamment accrocheur pour vouloir en voir le bout
LES MOINS
  • Manque de visibilité ponctuelle et due au parti-pris graphiques
  • Manque de profondeur dans le gameplay
  • Une rejouabilité assez faible
85
%
OH QUE OUI !

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