Ici à MEGA Force, on n’aime pas faire les choses à moitié. Alors après avoir vu la première partie de Rebel Moon (et de l’avoir chroniqué par ici), on a vu la seconde. « L’Entailleuse », tel est le sous-titre de ce segment. Nous n’avions pas vraiment été emballés par les débuts de ce qui pourrait bien devenir une franchise à l’avenir, peut-être ce deuxième film saura nous faire changer d’avis ?
Kora (Sophia Boutella) et ses compagnons sont de retour au village. Après la joie des retrouvailles, la préparation à la future bataille se met rapidement en place sous la direction de l’ancien général (mais toujours fin tacticien) Titus (Djimon Hounsou). Mais ces pauvres villageois qui n’ont jamais rien connu d’autre que la paisible mais rude vie des champs ont-ils la moindre chance face à un croiseur de l’Imperium et de son commandant zélé, l’amiral Noble ?
Bon. On prend les mêmes et on recommence. Sauf que cette fois les lieux de l’action ne seront plus dispersés aux quatre coins de la galaxie mais circonscrits à deux lieux, et pas un de plus. Tout d’abord ce fameux village à défendre de la petite lune de Veldt et ensuite le cuirassé spatial « Le Regard du Roi ». Soit les deux opposants directs. Pas de fioritures, pas de dispersions. Le récit est centré sur la préparation de l’affrontement, puis sur l’affrontement en lui-même. Une heure étant consacrée à chaque morceau (pour une durée totale de deux heures donc).
Enfin, quand on dit « pas de fioritures », on exagère un brin, car il y en a. Et c’est malheureusement là que va se nicher le plus gros problème du métrage. Car si on peut pardonner ce fichu « flou » qui est désormais à la mode (incompréhensible…) ou bien une colorimétrie globale assez fadasse (entre le gris béton et le marron boueux), ce qui pêche vraiment, ce sont ces séquences d’introspection des personnages.
Mal conçues, mal dialoguées, mal mise en scène, ces scènes censées apporter de la profondeur et un soupçon d’historique à chacun de nos guerriers se révèlent d’une maladresse qui transporte cette série B efficace aux confins du nanard. La séance de confesse lors du « dernier repas » est l’exemple frappant de ce phénomène.
Au-delà de cela, ce 2e opus de Rebel Moon reste une relecture des « 7 Samouraïs » version Warhammer 40.000 plutôt bien troussée, même si on ne va pas non plus s’écarquiller devant ce spectacle assez bas du front, faut bien en convenir. Notre bon Monsieur Snyder, fidèle à lui-même, nous octroie de ses habituels ralentis et de son indéniable talent d’iconisation de ses protagonistes.
Ils sont forts, ils sont Bad-Ass, ils sont prêts à tout pour défendre les innocents. Ils feront front face à la force implacable d’un État souverain qui n’a aucune considération pour son peuple. Révolution !!
D’ailleurs au passage, petit point « Massacre de l’Étoile Noire » quand vient le tour de détruire le croiseur de guerre avec tous ses occupants, sans distinction aucune de qui se trouve à l’intérieur. Une pensée émue pour ce brave technicien de volume intrinsèque ionisé de la section inférieure 3-A du moteur tribord, sacrifié pour la cause.
Du côté des mirettes, c’est acceptable. Les effets spéciaux ne font pas partie du haut du panier c’est indéniable mais ils renforcent ce côté « cinéma bis » et cela n’est pas pour nous déplaire. On aime beaucoup l’effet « flaque de lave » des impacts lasers soit dit en passant.
La musique pour sa part est assez quelconque. Dans des tons très métalleux et chaotiques accompagnés de quelques chœurs d’influence nordique mais elle ne reste pas vraiment en mémoire. Même pas du tout avouons le carrément !
Le récit de ce Rebel Moon se clôture sur une promesse de suite, qui si elle se fait – ce qui n’est pas gagné, loin de là – promet de s’ouvrir et d’élargir grandement l’univers dépeint. Dans ce cas-là, il faudra améliorer l‘écriture des dialogues et un peu moins surjouer le côté « emphase » qui rend parfois le film ridicule. Mais en soit l’idée de poursuivre l’exploration de cet univers bisseux assumé n’est pas une idée déplaisante. Mais faut aimer le genre…





