C’est en fin d’année dernière que sortait au Japon le livre de Yosuke Okunari, employé chez Sega depuis belle lurette (il a notamment fait partie de ceux ayant chapeauté les Megadrive Minis) et plus particulièrement lors de la chute de la firme en tant que constructeur.
Dans cet ouvrage intitulé Sega Hard Senki – uniquement disponible en japonais et qu’on pourrait traduire par « Mémoires de guerres des consoles Sega » – il revient sur la raison pour laquelle l’entreprise n’a pas su aborder la génération 32-bits dans les meilleures conditions. Et pour lui le coupable est tout trouvé : le 32X !
Module conçu pour booster la Megadrive et surtout la Genesis afin de prolonger la durée de vie de la machine sur le marché Nord-Américain où la console avait rencontré un franc succès, il s’avéra rapidement que le produit n’était pas viable sur le long terme.
« Quand il est devenu évident que le 32X était un échec, Sega of America y a rapidement mis fin et s’est préparé à accélérer le lancement nord-américain de la Sega Saturn »
Que de temps et d’argent perdu à consacrer à un élément sans lendemain, alors que ses ressources auraient pu être directement injectées dans la Saturn.
« Sega avait consacré une grande partie de ses capacités de développement de jeux au 32X (et une grande partie de son stock de matériel, puisque le 32X utilisait la même puce que la Saturn) au cours de la saison des ventes de fin d’année 1994. »
Selon Okunari, cette « distraction » aurait empêché Sega de se concentrer pleinement sur le futur de la société, et donc de délaisser le travail à effectuer pour garantir le succès de sa 32-bits.
« La société n’a pas pu se concentrer suffisamment sur son principal espoir, la Saturn, et elle n’a pas non plus été en mesure de protéger la Genesis en Amérique du Nord. Même si le succès de Virtua Fighter aurait pu donner à la Saturn une grande avance au Japon, la console a souvent été en rupture de stock au cours de sa première année en raison de la pénurie de pièces. De plus, le manque d’autres titres forts a empêché la Saturn de prendre une grosse avance sur la PlayStation. »
Les chiffres ne peuvent lui donner tort. Là où la première génération de Playstation s’est vendue à plus de 100 millions d’exemplaires, la Saturn elle se vendra à presque 10 millions. Le match était joué dès le départ donc d’après cette analyse d’un « gars de l’intérieur »…
The Sega Saturn's failure in North America is strongly tied to the 32X. The Saturn's poor early launch, the lack of software, the lack of 3rd party support – all go back to the 32X.
Here is an excellent quote from Sega's Yosuke Okunari that perfectly summarizes the 32X disaster. pic.twitter.com/lcSVcWPvnE
— John Harrison – Mega Drive Shock (@MegaDriveShock) April 8, 2024


