Star Wars Outlaws a été testé sur PS5
Star Wars et les jeux vidéo, c’est un peu le « je t’aime moi non plus » ces derniers temps. Alors que nous avons eu droit à pléthore de jeux depuis les années 90, ces derniers étaient de qualités inégales, et il manquait toujours ce « petit truc en plus » pour faire la différence sur la scène vidéoludique (même si KOTOR est un jeu Star Wars incroyable).
Nous avons eu certes de bons « Battlefront », un joli « Jedi Fallen Order » et quelques remake récemment (dont les tests sont à retrouver ici et ici), mais ce qui manque à cet univers, ce sont des jeux d’envergure folle, à la hauteur du monde, de l’univers créé par Georges Lucas.
On se souvient du fameux « Star Wars 1313 » qui a fait rêver toute une communauté de fans de la franchise, avant que le projet ne tombe mystérieusement à l’eau. On se souvient aussi qu’en début d’année 2024, Electronic Arts a annulé un projet prometteur de leur équipe Respawn, à notre grand désarroi.
Et puis, nous sommes aussi toujours en attente de nouvelles fraîches de l’épisode « ECLIPSE » développé par Quantic Dream (cocorico !), le studio français derrière des œuvres majeures que sont Omikron, Farenheit, Heavy Rain ou encore Detroit : Become Human.
Alors, à l’annonce de ce Star Wars Outlaws, édité par Ubi Soft et développé par Massive Entertainment, quelle ne fut pas notre fébrilité à entendre des superlatifs comme « monde ouvert », « travail en collaboration avec Lucas Film » ou « combats spatiaux dans la bordure extérieure » ! Après des mois d’attente, la goutte de sueur coulant le long de la tempe, il est donc entre nos mains, et il est temps de se plonger dans une galaxie lointaine, très lointaine…
Je connais ce système, il fonctionne sous U-Nix
Pour situer temporellement, le jeu, Outlaws se situe entre l’épisode V et l’épisode VI, dans une période charnière pendant laquelle l’Empire traque inlassablement l’Alliance Rebelle. C’est ainsi un peu l’âge d’or des malfrats, dont les faits et gestes sont bien moins scrutés par l’Empire qui a bien mieux à faire. Naissent alors diverses factions de hors-la-loi (dont les Hutt !), toutes ayant pour but de s’enrichir, illégalement évidemment.
C’est dans ce contexte que nous retrouvons notre héroïne, Kay, voleuse de bas étage, accompagnée de Nix, son compagnon à tout faire. Si Kay n’est pas une experte dans le domaine du larcin, une série d’évènements va la conduire à un départ précipité de sa planète, et devra donc arpenter la galaxie pour survivre dans ce monde impitoyable.
Star Wars Outlaws proposant une approche scénaristique originale, elle devra se faire un nom au sein du « milieu », et, si elle pourra se faire bien voir par une faction, les rivales commenceront à la voir d’un mauvais œil. A vous donc de la « jouer » finement » afin d’être bien intégrée et de pouvoir ainsi profiter des atouts de plusieurs castes de bandits.
Le titre tente donc une approche plus complexe qu’il n’y parait, nous demandant de bien réfléchir avant d’agir. Il est ainsi de bon aloi de ne pas froisser les susceptibilités ! D’ailleurs, le jeu mise autant sur la discrétion que sur le rentre-dedans, les combats tout comme les phases d’approches discrètes étant très bien faites.
La discrétion permettra ainsi de ne pas faire baisser sa côte de popularité si l’on ne se fait pas prendre la main dans le sac, alors qu’y aller tête baissée énervera plus d’un grand-ponte.
Pour en revenir aux combats, Kay a accès à toute une palette de coups et de combos, en partant du plus simple en (début de partie) pour en arriver à de bien plus plus complexes, via la progression en jeu, tout comme elle a accès à différentes options d’approches pour éliminer les ennemis, comme le blaster pour le combat à distance ou les éliminations furtives.
Ce point là est plutôt bien réalisé, même si empreint de classicisme. Cependant, au-delà de l’attaque dans le dos ou du sifflement pour distraire, c’est l’utilisation de notre compagnon Nix qui est la plus satisfaisante.
Dans des mimiques adorables, le petit être à franges visqueuses pourra dérober des ennemis, les distraire, voire les attaquer frontalement à la jugulaire. Il pourra également servir à activer des leviers ou boutons à distance, et à aller récupérer des items hors de portée. Un vrai couteau suisse du vol à la tire, que l’on pourra caresser de temps à autre, et même protéger en cas de coup dur.
Véritable plus value qui tranche avec les traditionnels droïdes qui accompagnent les épaules de nos héros, on se prend d’affection pour Nix et l’aventure n’en est que plus pertinente avec lui à nos côtés.
A ces touches bienvenus de gameplay s’ajoutent des balades en speeder (perfectibles mais grisantes pour tout fan de Star Wars) qui nous permettent d’arpenter les planètes visitées, de nous arrêter en chemin ou hors des sentiers battus quand bon nous semble, pour aller visiter un local désaffecté par exemple, et ainsi faire du craft, quand ce n’est pas une escarmouche qui nous tombe dessus et nous oblige à nous carapater, ou à nous défendre à vive allure à coup de blasters sous adrénaline (possibilité qui nous est offerte un cours instant afin de mieux cibler et éliminer nos ennemis).
On retrouve également les voyages interplanétaires, qui vont nous faire régulièrement changer de décors et de planètes, avec des joutes spatiales régulières à bord de notre vaisseau de fortune (à upgrader lui aussi).
Kaÿ Kaÿ Kaÿ !
Au milieu de tout cet environnement et ce monde foisonnant, notre héroïne Kay va pouvoir monter en puissance, au travers de diverses compétences à améliorer (je ne divulgâche rien mais il y a des trouvailles de gameplay assez sympathiques et originales), des accoutrements variés à porter, des tas de personnages avec qui parler, échanger, le tout dans une ambiance Star Wars-esque qui fait plaisir.
Les déambulations de notre héroïne se font au travers d’une gestuelle qui rappelle par moment les Assassin’s Creed (escalades, sauts sur les toits, se cacher dans les herbes hautes,…), avec une fluidité au rendez-vous, sans ralentissement ou autre qui viendrait gêner l’expérience de jeu. On notera ça et là quelques bugs graphiques ou de collisions, mais l’équipe de développement est au courant et travaille dessus pour policer le titre davantage.
L’univers est cohérent, l’histoire se tient et ne mets pas, pour une fois, en exergue les combats au sabre laser pourtant si jouissifs. Lorgnant sur la série Andor pour l’ambiance moins « Jedi », on se prend à se dire que c’est une bonne facette de l’histoire que l’on découvre, dans un écrin suffisamment plaisant pour y passer du temps.
En effet, les graphismes et la technique jouent pour beaucoup dans l’immersion que l’on peut avoir dans Outlaws, et le moteur « Snowdrop » maison fait très bien le travail… en extérieur. Mais pourquoi ces pointillés et cette précision me demandez-vous ?
Et bien parce que la qualité est inégale. Les personnages, et particulièrement les PNJ manquent de précision, de détails, et leurs textures sont en retrait par rapport au reste. C’est un peu de chipotage vu la qualité globale, mais il faut avouer que des titres comme Hellblade 2 ont fait très mal concernant la modélisation des personnages.
Même si les personnalités de premier plan sont bien mieux réussies, notre héroïne est la première à en souffrir, la rendant moins attachante que prévue. Ce léger manque de détails dans les expressions ou les mouvements jouent en sa défaveur, et il en ressort une légère distance que l’on prend avec elle, émotionnellement parlant.
De même, on retrouve les mêmes écueils pour les environnements intérieurs, qui manquent parfois de puissance visuelle, de finesse et d’éclat. Cependant, les extérieurs, eux, sont mirifiques, un peu comme dans Avatar : Frontiers of Pandora, mais en plus sobres, plus posés, plus ancrés dans le « réel ». Admirables de beauté et de cohérence, ils rendent cet univers palpable, et l’on n’a presque plus envie de quitter son speeder afin de voguer des heures et des heures au travers des paysages.
Évidemment, cette beauté des panoramas de l’aventure s’exprime d’autant plus qu’elle est couplée à une musique simple mais pas simpliste : c’est du Star Wars (le côté simple), mais du bon Star Wars (le côté pas simpliste).
Si l’on n’est pas gratifié du fameux et non moins célèbre générique de début, la partition musicale est présente tout au long de l’œuvre, transcendant les balades comme les affrontements en ballets pour les yeux et les oreilles. La musique, caractéristique de la franchise, fait son œuvre et en arrive à fusionner avec le reste, la rendant à la fois discrète et pourtant bel et bien présente.
Au final, le temps passe vite et l’on prend du plaisir à suivre l’histoire principale, mais aussi à vagabonder à droite à gauche, à s’arrêter pour rien, pour contempler, pour visiter un endroit qui a attiré notre attention, bref, on passe un bon moment dans l’univers si riche de Star Wars. Il manque simplement un truc en plus, ce petit ajout qui aurait rendu le jeu indispensable, incontournable ! N’est pas Red Dead Redemption qui veut, mais ce Star Wars Outlaws s’en approche dangereusement !
https://www.youtube.com/watch?v=HlfuN4yj3yg










