Après ‘Mission Malfeuille’ et ‘Le Prisonnier de la Pierre Verte’, les Schtroumpfs sont de retour avec ‘L’Épopée des Rêves’, troisième aventure de la saga « Microids ». Toujours commandée par l’éditeur français la franchise a toutefois changé de studio de développement, passant d’Osome à Ocellus (qui nous donnèrent le ‘Marsupilami et le Secret du Sarcophage’ à la très bonne réputation). Avec cette nouvelle équipe créative à sa tête, vers quelle direction la licence belge connue dans le monde entier se dirige-t-elle vidéoludiquement parlant ? C’est ce que l’on vous schtroumpfe de découvrir dès à présent.
BONNE NUIT LES PETITS
Gargamel a mis au point un énième coup fourré pour capturer les lutins bleus ! Empoisonnant les baies de la forêt, ces dernières sont ensuite récoltées par le Schtroumpf Cuisinier qui en fait prestement des tartes très vite dégustées par l’ensemble du village. Un à un, les Schtroumpfs tombent dans un sommeil profond, devenus prisonniers d’un Attrape-Rêves mis au point par l’infâme sorcier au rire malfaisant.
Heureusement, le Grand Schtroumpf et deux villageois moins gloutons que leurs camarades sont restés éveillés et se décident à sauver la bourgade endormie. Pour ce faire, il faudra se rendre au Pays des Songes pour y libérer leurs amis de leurs propres rêves. Rêves ayant tourné au cauchemar…
Et c’est donc grâce à l’oreiller magique mis au point par le charismatique doyen au bonnet rougeâtre qu’un Schtroumpf et une Schtroumpfette se lance dans cette nouvelle épopée fantastique…
Ne schtroumpfons pas autour du pot, L’Épopée des Rêves est un jeu vidéo qui s’adresse aux jeunes, voire très jeunes joueurs et de ce fait propose un niveau de difficulté à l’avenant, c’est-à-dire très facile. Cela ne représente en rien un défaut, bien au contraire, et permet d’autant plus d’apprécier cette balade aux côtés de ces héros populaires de BD.
Le gros plus c’est qu’il propose un mode coopération qui permet de parcourir les niveaux à deux joueurs, une opportunité de partager un moment ludique et convivial en famille ou entre amis. Un très bon point à relever.
Belle transition pour évoquer nos deux protagonistes proposés, à savoir soit un petit bonhomme soit une petite bonne femme, tous deux à la peau bleutée. Alors non, il ne s’agit pas de LA Schtroumpfette, la célèbre, la blonde, mais d’une anonyme (parce que oui, pour les deux du fond qui ne suivent pas, il existe depuis 2017 et le film « Le Village Perdu », des Schtroumpfs « filles »).
Toutefois, bien qu’absolument rien ne l’indique, on pourra prétendre que notre héros « garçon » du jour n’est nul autre que le Schtroumpf Paresseux qui dans une sorte d’ironie de bon aloi doit se charger de sortir tous ses camarades de leur profond sommeil. Ceci reste une pure interprétation mais l’idée nous séduit grandement et apporte une pointe de malice supplémentaire fort bienvenue.
Le scénario, bien que très léger – dans la veine des bandes dessinée – fait vaguement suite au précédent jeu. En effet on comprend que le piège concocté par Gargamel provient de ses recherches sur la Pierre Verte et que les différents niveaux visités sont de facto dans le monde astral où était emprisonné le puissant esprit de l’opus précédent, Stolas.
Voilà pour le contexte, schtroumpfons à présent sur le gameplay.
CE RÊVE BLEU
Le jeu se divise en deux grands secteurs : le village et le plan astral, où l’on trouve les niveaux. Le patelin aux champignons ne proposera pas grand-chose en tant que tel, en dehors de voir les schtroumpfs s’éveiller au fur et à mesure qu’ils sortent de leur profond sommeil.
Seul le Schtroumpf Tailleur aura une véritable fonction en ces lieux : il vous proposera à la vente plusieurs costumes pour habiller votre personnage. Footeux, Judoka, Sauvage… à vous de choisir votre style favori ! Notez que la monnaie prend la forme de Salsepareille et qu’elle se débusque à foison au cours de vos pérégrinations.
Une fois le portail-oreiller emprunté, on arrive sur un plan étoilé où les niveaux prennent forme de constellations. Chacune d’entre elles représente un schtroumpf à libérer. Elles ne sont pas toutes disponibles dès le départ, elles apparaissent avec notre avancée dans le jeu et nos différentes découvertes et réussites. Par exemple il faudra obtenir 15 champignons et 2 Schtroumpfs libérés pour faire apparaître la constellation du Schtroumpf Bricoleur.
Le niveau sélectionné, on débarque dans un monde basé sur le thème du schtroumpf en train de rêver et vogue la galère. On avance d’épreuves en épreuves et de plateforme en plateforme jusqu’à atteindre notre ami à bonnet ensommeillé. Même s’il arrive que l’on recroise deux ou trois fois certaines mécaniques, il faut bien reconnaître que globalement l’aventure fait preuve d’une grande originalité dans le renouvellement des épreuves à surmonter.
Qu’il s’agisse de plateforme qui apparaissent/disparaissent au gré de bougies magiques, d’insectes débonnaires qui vous agressent nonchalamment, de sols collant couverts de confiture, de jeux de miroirs et autres filouteries, il y a toujours de quoi vous compliquer – gentiment – la tâche. Encore une fois l’ensemble reste plutôt simple mais très diversifié, ce n’est pas (trop) redondant.
Précisons qu’il existe des épreuves qui sortent de l’ordinaire comme les phases d’infiltration (on vous laisse la surprise du pourquoi du comment, totalement dans la veine de l’univers) ou encore des longues séquences de chutes libres où une vigilance constante est indispensable pour ne pas se prendre un gadin sur un obstacle.
Dans votre parcours vous serez amené à utiliser trois gadgets – élément récurrent de cette trilogie de jeu. Nous trouverons donc un Marteau, utile pour taper et détruire/reconstruire des éléments prédéfinis, un Pistolet à miel pour atteindre ennemis et cibles lointaines et la Lanterne, qui elle permettra de contrecarrer les bougies magiques évoquées précédemment. Ces trois objets fort pratiques seront à disposition dans des sections bien précises, vous ne les aurez pas en permanence avec vous.
Pour les autres objets à ramasser, outre les baies de Salsepareille et les ustensiles magiques, il y aura les petites cosses vertes, aux nombreux usages. Si vous la conservez avec vous elle vous octroiera un « cœur » supplémentaire (vous en êtes garni de deux, au troisième choc c’est l’échec et vous êtes bon pour repartir du point de sauvegarde. Il n’y a pas de mort définitive). Si vous la lancez sur un méchant, ce sera l’équivalent d’un coup sur sa caboche mais si vous la lancez sur un de vos compatriotes, vous libérerez de quoi vous refaire (cœur ou baies).
Chaque niveau propose également des collectibles cachés à dénicher, à commencer par les champignons bleus – un dans chaque portion du level – qui seront nécessaires pour débloquer des niveaux ultérieurs (pensez aux étoiles dans Mario 64). Nous devons également mettre la main sur des bobines de fil à couture en découvrant dans chaque stage le « Schtroumpf métamorphe », un lutin farceur qui se dissimule sous l’apparence d’un élément de décor qui sautille. Les bobines débloquent quand toutes découvertes un costume chez le tailleur (un costume par « rêve »). Enfin on trouve également dans chaque monde une piñata à l’effigie d’Azrael, qui une fois éclatée nous apporte fortune et gloire. Bon ok, juste beaucoup de salsepareille en vérité…
UN SOMMEIL DE PLOMB
Graphiquement L’Épopée des Rêves est une splendeur. Pas la moindre anicroche à relever de ce point de vue là. Colorés dans des tons pastels, les environnements sont enchanteurs et accompagnés par une bande-son entraînante qui fait le café – certains thèmes sont même très accrocheurs.
Toutefois il est bon de préciser que contrairement aux deux titres précédents, cette troisième aventure ne propose pas de caméra libre. On ne se balade donc pas dans des univers en « Full 3D » à hauteur de schtroumpf mais bel et bien avec une caméra située généralement en hauteur qui va nous suivre dans notre cheminement.
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- Le Schtroumpf Roméo fait sa cour… De nombreuses références et autres caméos sont à découvrir tout du long !
La durée de vie de votre partie avoisinera la dizaine d’heures. Les niveaux ne sont pas très nombreux et surtout une bonne moitié d’entre eux ne sont que des « petits » stages composés de cinq ou six zones, pas plus. Comme déjà évoqué, aucune difficulté ne vous retardera dans votre avancée, à l’exception d’une section en particulier, bien plus retorse et perverse que le reste de l’aventure. Prévoir du « Patience 3000″ à haute dose pour réussir cette séquence !
Les cinématiques quant à elles sont des plans fixes avec le minimum d’animations primordiales pour narrer ce qu’il y a à narrer, là où « La Pierre Verte » proposait de superbes séquences en images de synthèse digne d’un long-métrage. Exit aussi les monologues du Schtroumpf Poète qui nous posait le contexte avec ses dessins approximatifs et son petit humour sarcastique. Dommage.
Car oui, élément majeur perdu, nos petits héros n’auront pas de voix pour cette aventure, là où les dialogues étaient doublés précédemment. Ces éléments – ainsi que d’autres plus mineurs – nous laissent donc à voir un budget plus serré pour la production de ce volet (ou si budget équivalent, utilisé de manière bien différente !).
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- Gargamel lui-même à perdu de la voix. Subsiste toutefois quelques interjections et autres borborygmes…
Malgré ces contraintes financières, Ocellus parvient tout de même à nous offrir un épisode meilleur que le deuxième jeu, qui fut bien moins inspiré et peaufiné que le très bon « Opération Malfeuille ». Comme quoi tout n’est pas question d’argent, mais de talent (et de temps !).
On pointera seulement un léger défaut visuel sur quelques ombres portées, comme visible sur la capture d’écran ci-dessous. Nul doute qu’un patch ‘Day One’ viendra corriger cette seule et unique anicroche présente lors de notre partie.
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- Petit bug visuel avec cette ombre qui ne « fonctionne » pas. Rien de dramatique et facilement réparable
Pour le reste c’est du tout bon ! Que ce soit schtroumpfement dit !










