Metal Slug Tactics a été testé sur Switch sur une version fournie par l’éditeur. Merci à lui ! Screenshots tirés du kit presse.
Ce n’est pas la première fois qu’une licence ayant conquis ses lettres de noblesse dans l’action tente un grand écart vidéoludique en tentant une incursion dans un domaine (en théorie) radicalement opposé. Les plus encyclopédiques d’entre vous se souviendront d’un anecdotique Onimusha Tactics sur GameBoy Advance. Les mémoires plus courtes dirigeront leurs souvenirs vers un plus récent et sous-estimé Gears Tactics.
Connu et reconnu pour ressusciter avec talent des grands noms de l’histoire du Jeu Vidéo, DotEmu s’est porté volontaire pour réveiller Metal Slug après plus de 15 ans de sommeil. Et dans le cas où une mission difficile serait un jeu d’enfant pour l’éditeur français, le challenge consistera donc à déployer l’escouade des faucons pèlerins sur un champ de bataille inconnu : Le Tactical RPG ! Place donc au bien nommé : Metal Slug Tactics.
C’est pas l’homme qui prend la guerre, c’est la guerre qui prend l’homme, tatatinnn !!!!
Un héros n’est rien sans un bon méchant face à lui. Metal Slug Tactics, c’est donc le retour du Général Morden et de ses inusables plans machiavéliques pour se venger du monde qui vont obliger Marco, Clark et leurs compagnons d’armes à reprendre les armes.
Un scénario prétexte, tout à fait dans l’esprit de la saga phare de SNK qui n’a jamais briller pour la profondeur de son histoire, mais tout à fait suffisant pour justifier les retrouvailles explosives entre tous ces personnages emblématiques qui ont su marquer durablement l’histoire du Run’N’Gun. Un casting complet et cinq étoiles qui va bénéficier d’un traitement de premier ordre de la part des développeurs de Leikir Studio.
Comme le soulignait déjà notre preview du jeu, Metal Slug Tactics est visuellement splendide. Les artistes ont su retranscrire l’identité visuelle de la série à la perfection et réussissent à l’adapter à la vue isométrique typique des T-Rpg pour un rendu en pixel art de toute beauté.
Les portraits illustrant les dialogues, tout comme les cinématiques en dessins animés, bénéficient du même degré d’attention apportant un dépoussiérage bienvenu du character design sans pour autant trahir ses origines. L’équilibre entre renouveau et continuité visuelle tient ses promesses et Metal Slug Tactics s’installe ainsi dans la droite lignée de ses prédécesseurs tout en affichant sa identité propre.
Une nouvelle fois, DotEmu collabore avec Tee Lopes et lui donne les commandes pour offrir à Metal Slug Tactics une bande originale illustre brillamment ce même équilibre puisqu’elle pourrait très bien s’appliquer dans un des épisodes canoniques de la série. Les compositions auraient cependant gagné à être un peu plus longue, puisqu’elles ont tendance à boucler lors de parties qui se prolongent dans le temps.
Métal, Limace et Tactical… mais pas forcement dans cet ordre !
Après cette opération « séduction visuelle et sonore » réussie, Metal Slug Tactics s’ouvre sur un tutoriel bien plus austère et qui a pour mission de nous familiariser avec les mécaniques de jeu avant de nous balancer au cœur de la bataille. En effet, chaque possibilité nous est expliquée via des fenêtres de textes, elles-mêmes donnant accès à une autre information qui ouvre une nouvelle fenêtre, qui elle-même…on se retrouve vite submergé par un flux trop important d’informations à enregistrer en trop peu de temps.
Plus spécifiquement, ce système s’avère simplement inadapté à des machines portables comme une Switch ou un Steam Deck, la taille des caractères mal pensée nuisent énormément à leur lisibilité. De plus, il est dommage de constater qu’aucune proposition n’a été faite pour adapter le gameplay à l’écran tactile de la Switch, qui pourtant aurait été un confort non négligeable pour naviguer dans les menus.
Car malgré des efforts pour fluidifier l’expérience et garder une forme de dynamisme, force est de constater que se repérer et se diriger dans les menus avec une manette n’est le point fort de ce Metal Slug Tactics et mériterait d’être améliorer pour gagner notamment en lisibilité et éviter des frustrations inutiles.
Malgré ce côté rebutant, ignorer cette étape serait, d’une part, manquer une occasion de découvrir les bases quasi universel des jeux de stratégie en tour par tour, et, d’autre part, passer à côté des subtilités de gameplay qu’offre Metal Slug Tactics. Après avoir choisi trois membres de votre escouade parmi les 9 que vous débloquerez au fil de votre progression, le choix du champ de bataille vous est offert parmi plusieurs point sur une carte, chacun de ses points offrant diverses récompenses en cas de victoire.
Chaque tour, allié comme ennemi, se divise en deux phases : le déplacement, délimité par un quadrillage au sol, et l’action permettant d’attaquer, défendre, ou encore soigner voir ressusciter un allié. A cela, vont s’ajouter des possibilités offertes par l’environnement comme la possibilité de se mettre à couvert mais surtout des capacités offensives et défensives salvatrices offertes à ceux et celles qui maîtriseront les arcanes du titre.
Dans Run’N’Gun, il y a…Run et il y a…Gun !!
Tout comme ces ainés, Metal Slug Tactics met en avant la coopération. Mais ici, point de mode multi joueurs (NDR : malheureusement), mais la fonction « synchronisation » : si vous attaquez un ennemi qui se trouve également dans le champ d’action d’un ou plusieurs de vos équipiers, ceux-ci attaqueront juste après vous sans pour autant perdre leur tour. Le placement stratégique de votre troupe prend alors une nouvelle dimension grâce à cet atout, mais il faudra, a chaque fois le confronter à une autre feature de gameplay : accéder à des mouvements spéciaux grâce au déplacement.
Les développeurs du studio parisien ont voulu ainsi illustrer le « Run » de Run’N’Gun en récompensant le mouvement. Plus vous vous déplacerez sur la map, plus vous cumulerez de points d’adrénaline qui permettent d’enclencher des mouvements spéciaux propres à chaque protagoniste.
L’ensemble de l’arsenal à votre disposition ne sera bien entendu pas disponible dès le début mais se débloquera et pourra être amélioré à la sueur de vos neurones plus que de votre front. Car pour progresser et accomplir vos missions, il va falloir se persuader que l’échec d’une mission n’est pas une fin en soi mais au contraire une étape de plus vers la victoire !
Dans Die’N’Retry, il y a … Roguelite ?!!
La progression par l’échec fait parti de l’ADN des Metal Slug et ce nouvel opus se devait de garder cette caractéristique indéfectible. Gardant toujours en tête ce leitmotiv du « changement dans la continuité », le studio français a donc doté son Metal Slug Tactics d’un aspect roguelite.
Concrêtement, attendez vous à souffrir une fois les premières missions d’apprentissages passées !! Comme les terrains de jeu sont générés procéduralement, impossible de prédire les embûches que vous aller rencontrer sur votre chemin. Impossible donc de se prémunir des équipiers et de l’arsenal adapté. Il va falloir essuyer plusieurs défaites pour engranger suffisamment d’expérience pour vos personnages et d’argent pour s’offrir des upgrades ou de nouvelles armes pour parvenir à vos fins. Un système punitif au premier abord mais qui prend tout son sens de part la structure même du jeu
car si ce côté roguelite peut paraitre a priori surprenant pour une saga qui traditionnellement demande d’apprendre par cœur son cheminement pour espérer relever avec succès son challenge. Mais il s’avère finalement très judicieux, dans le sens où Metal Slug Tactics a été prévu pour être rejoué de nombreuses fois et pouvoir ainsi débloquer toutes les récompenses dont regorge le jeu. Une bonne initiative qui limite la lassitude et la répétitivité, associé à une bonne variété d’objectif de missions depuis le nettoyage d’une zone de toute présence ennemie à l’escorte de VIP, en passant par la destruction de véhicules cible.







