a été testé sur PS5.
The Thing. Film d’horreur culte parmi les films cultes, il imposa un genre cinématographique mêlant survie, intensité dramatique, effroi et horreur. Manié de main de maître par John Carpenter, cette œuvre du 7e art avait eu droit, en 2002 (sur PS2, Xbox et PC), à un jeu vidéo éponyme mais servant de suite aux évènements racontés sur grand écran.
Remastérisé par Nightdive Studios, le jeu d’origine était déjà un jeu d’exception, largement en avance sur son temps, qui méritait le détour. 22 ans plus tard, est-ce toujours le cas ?
Dans un bloc de glace, personne ne vous entendra crier !
En tant que capitaine des forces spéciales et chef d’une équipe de secours envoyée dans le centre de recherche antarctique « Outpost 31 », vous allez devoir enquêter sur la mort étrange de nombreux scientifiques (les évènements de la fin du film, donc). Arrivé sur place, les choses tournent évidemment mal, et vous découvrez des formes de vie non seulement belliqueuses et redoutables, mais qui peuvent imiter et reproduire tout être vivant qu’elle croise.
Alors que le froid s’intensifie, et que les installations scientifiques ne sont pas en très bon état, vous devez réduire à néant toute forme de vie hostile et vous échapper. Bien plus simple à dire qu’à faire…
Avec ce postulat de départ, qui place le scénario comme suite directe au film (dans l’œuvre de Carpenter, ce sont les scientifiques qui sont en proie à cet ennemi et finissent par détruire presque toute la station), nous nous retrouvons à devoir avancer dans le froid, avec une escouade de soldats, à la recherche d’informations sur ce qui s’est passé dans la station, et sur l’ennemi auquel vous allez devoir faire face.
Rentrons d’emblée dans le vif du sujet, cette version « Remastered » reprend les éléments de gameplay du jeu originel, est c’est une excellente chose. Vraiment. Pour vous détailler les mécaniques du jeu, sachez que vous allez devoir « gérer » votre escouade (avec des membres qui peuvent changer au fur et à mesure de l’aventure) tout en avançant dans la station et en éliminant des ennemis.
On retrouve d’ailleurs plusieurs « classes » comme le médecin ou l’ingénieur, qu’il faudra utiliser à bon escient afin de progresser.
Et cette gestion d’équipe, si elle peut se montrer parfois compliquée, inspire le respect tant c’était novateur il y a 22 ans, et tant ça l’est encore aujourd’hui ! En effet, au-delà des « reste-là », du « viens avec moi » ou encore du « déverrouille cette porte » que l’on peut adresser aux soldats, il y a 2 paramètres à gérer : la peur et la confiance.
Ainsi, les soldats peuvent tomber en état de stress, plus ou moins intense, comme par exemple lorsqu’ils sont attaqués ou lorsqu’ils sont face à une scène dérangeante ; notre objectif étant alors de les protéger ou de les extirper d’une situation qui pourrait leur faire perdre pied (les animations des soldats sont alors en cohérence avec ces situations). Chaque membre réagit à sa façon, et il va donc falloir gérer cet aspect tout au long du jeu.
Concernant la confiance, cet aspect est issu d’une assertion simple, qui est le postulat du film : la créature pouvant prendre la forme de n’importe quel être vivant, chaque membre de l’équipe, même vous, pourra être l’ennemi aux yeux des autres. Ainsi, vos actes sont scrutés, et, par exemple, subtiliser une arme à une co-équipier lui fera perdre confiance en vous, et il commencera à se méfier.
Au contraire, lui donner une arme pour qu’il se défende lui donnera confiance en vous, et pensera que vous ne pouvez pas être ladite créature. Et ce n’est pas le seul exemple ! Tirer malencontreusement sur un co-équipier lors d’un combat contre un monstre lui fera penser que vous lui en voulez, et se méfiera. Le soigner pourra faire remonter votre côte de confiance, mais gare aux excès pouvant mener à de grosses détériorations relationnelles (doux euphémisme).
Car, comme dans le film, la méfiance est de mise, et même vous, restez sur vos gardes quand aux PNJ que vous recrutez, qui pourraient bien être la créature…
You had ONE Thing to do (et c’était de tuer le chien bon sang !) !
Comme vous pouvez le constater, le jeu était d’une inventivité dingue pour l’époque, et l’est encore aujourd’hui ! Quel jeu d’action et d’horreur actuel demande à gérer de façon si efficace, et si cohérente, autant d’éléments de gameplay ?
D’autant que, pour l’époque, le jeu était soigné au niveau graphique, technique, et sonore ! Avec cette édition « Remastered », Nightdive Studios en profite pour peaufiner l’ensemble, tout en gardant le matériau d’origine.
Ainsi, on sent sur nos rétines la montée en résolution (4K et 120 images par secondes), qui s’en délecte, tout comme l’on sent l’efficacité de l’anticrénelage et des autres améliorations techniques, le tout rendant ainsi extrêmement bien pour nos consoles actuelles.
Évidemment, le nombre de polygones n’était pas aussi élevé qu’aujourd’hui, mais cette version respire la nostalgie, entre graphismes si caractéristiques de l’époque et des environnements sublimés, notamment le froid et les tempêtes, qui nous glacent rien que de regarder les vagues de neige déferler sur notre écran.
Qui dit consoles actuelles dit attentes élevées concernant la fluidité, et elle est au rendez-vous ! Le jeu est d’une souplesse folle manette en main : notre capitaine se déplace parfaitement, les ennemis arrivent à toute berzingue sans un iota de ralentissement, et la jouabilité, bien que perfectible (notamment pour la navigation dans le menu de commandes aux membres de l’escouade), nous plonge vraiment dans l’action.
Tout est ainsi bien optimisé, du beau travail de la part de Nightdive qui garde l’essence originelle du jeu (son gameplay novateur) tout en le rendant ultra jouable et accessible. Des bugs, de collision surtout, persistent, mais rien de bien méchant.
Enfin, un mot sur la bande-son : si le jeu est en anglais, les sous-titres sont en français, tout comme les textes en jeu. Le doublage est de très bonne qualité, et les musiques, reprenant le thème du film, sont de très bonnes qualité. Mais, l’essentiel du jeu se passe sans musicalité, sans artifice, ce qui fait peser une tension supplémentaire sur le joueur, renforçant la cohérence du jeu jusqu’au bout.
Et pour finir en beauté : les bonus ! Nombreux, ils permettent de découvrir la conception des ennemis et du jeu au travers de rendus 3D, storyboards, croquis ou illustrations ! Du velours pour les yeux !









