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Critique Cinoche : Like a Dragon: Yakuza (Saison 1) – L’Adaptation Choc !

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Au fil du temps et des épisodes, la série de jeux vidéo Yakuza est devenue un grand nom du média. Longtemps restée dans l’ombre, la saga est maintenant sous les feux des projecteurs et chaque nouvelle annonce liée à la licence fait désormais la une. Devant une telle popularité une adaptation en série n’était qu’une question de temps et c’est désormais chose faite sous la houlette de SEGA, accompagné d’Amazon via sa plateforme de streaming Prime.

DE KABUKICHO À KAMUROCHO

Après 10 ans derrière les barreaux, Kazuma Kiryu sort de prison. Son retour à la vie civile remue les différents clans Yakuza du quartier de Kamurocho, cœur de la ville de Tokyo et centre névralgique de tous les trafics. C’est que l’homme est connu pour être le « Boss Killer », celui ayant tué de sang-froid l’ancien leader du clan Dojima. Acte qui l’envoya en cellule pour une décennie…

À la tête de ce clan désormais, Akira Nishikiyama, dit « Nishiki ». Ami et « frère de sang » de Kiryu depuis leur plus tendre enfance, lorsqu’ils se rencontrèrent à l’orphelinat…

Au cours des six épisodes qui constituent cette mini-série, on suit donc le retour de Kiryu dans un monde devenu plus dangereux encore que quand il le quitta de manière forcée mais également lors de flashbacks l’ascension de ce dernier et de son ami Nishiki au sein de l’organisation mafieuse. On jongle donc entre le présent du récit (qui se déroule en 2005) et la jeunesse de nos deux héros en 1995.

Il faut ajouter à ce duo deux autres personnages, féminins cette fois-ci, que sont Yumi Sawamura et Mihi Nishikiyama. Respectivement amie et petite sœur de Nishiki, elles font pleinement partie du groupe soudé depuis la cour de l’orphelinat ‘Sunflower’.

Autour de ce noyau va donc graviter une bonne douzaine d’autres personnages, principalement des Yakuza de tout rang mais aussi quelques policiers, plus ou moins véreux.

Au centre du récit, de mystérieux vols de fonds appartenant à la mafia nippone ainsi qu’un tueur de yakuza surnommé « Le Démon ». Laissant ses victimes lacérées de nombreux coups de couteau avec sur l’abdomen un pentagramme inversé, il devient une sorte de légende urbaine, un croque-mitaine chez tous les membres des différents clans.

Et c’est donc dans ce contexte tendu que Kazuma revient. Bien malgré lui il se retrouve embarqué dans des embrouilles entre familles mafieuses qui le laisse indifférent mais c’est surtout pour protéger la petite Haruka qu’il finira par se mêler – et démêler – de toutes ces intrigues.

TRAHISON À LA YAKUZA

Le plus gros reproche porté sur cette adaptation c’est la trop grande liberté qu’elle prend avec le jeu dont elle s’inspire (sorti en 2005 pour la première version et en 2016 pour le Kiwami – remake « moderne »).

Mais en vérité on retrouve assez fidèlement les éléments du titre sorti à l’origine sur PS2, auquel se brode une intrigue plus resserrée et moins ‘bagarreuse’. L’orphelinat, le retour de Kiryu, Nishiki, la tension entre les clans et même Goro Majima sont bien de la partie.

Cependant il y a aussi des différences. Tout d’abord la sœur de Nishiki qui se trouve être un condensé de plusieurs autres personnages mais qui conserve tout de même ses grandes lignes. Nommée Yuko dans l’univers vidéoludique, elle se prénomme Miho portée sur le petit écran.

L’autre création, qui pourra faire débat, c’est Aiko, la sœur de Yumi. Et mère d’Haruka. Ce qui change la donne quant au rapport que peut avoir Kiryu avec la petite en comparaison des jeux. De fait le personnage de la frangine reprend une sous-intrigue qui sur console voyait Yumi se faire passer pour sa sœur fictive pour commettre ses méfaits. À laquelle les scénaristes de la série donnent donc pleinement vie, scindant de fait le personnage de Yumi en deux entités distinctes.

Ce qui nous amène à évoquer la différence de destin entre les versions de pixel et Live pour une bonne partie des protagonistes. L’arrivée de cette sœur pour Yumi modifie effectivement grandement l’histoire de Kiryu et l’impact des événements sur sa psyché sans pour autant « réduire à néant » la force du récit comme on a pu le lire ici ou là. Juste les enjeux dramatiques se portent sur d’autres éléments, voilà tout. Ces changements ont de toute évidence étaient pensé pour une éventuelle saison 2, d’ailleurs fortement mise en place lors du dernier plan.

Honnêtement on a connu pire au fil du temps question « relecture » d’une histoire de jeux portés sur grand ou petit écran et nous avouons humblement ne pas comprendre le reproche fait à cette version télévisée de Yakuza question fidélité à l’œuvre originale.

On rappellera au passage que cette série n’est pas la première version ‘Live ‘ de Yakuza. En 2005 déjà un moyen métrage de 45 minutes servait de « film promotionnel » pour le futur jeu à sortir, preuve de l’ambition incommensurable qu’il avait déjà. En 2007, un film sortait, adaptation officielle du premier jeu là encore mais qui de l’avis de tous à bien mal vieilli – il reste une belle curiosité.

À quoi s’attendaient donc les fans de la licence avec ce portage pour Amazon Prime ? À voir Kiryu déambuler dans Kamurocho et déglinguer des petites frappes durant 6 heures d’affilée ? Le suivre entrer dans des konbinis pour acheter des Onigiri ? Résoudre des quêtes annexes plus ou moins loufoques ?

Alors effectivement on ne voit pas du tout ça dans cette version, ou du moins c’est très en retrait – le héros japonais donne quand même quelques belles patates à des voyous pathétiques – mais sachez que de belles références sont tout de même faites au jeu (Ha ! Les fameux panneaux…).

LE DRAGON DE DOJIMA

Pourtant on peut vous dire que de la baston il y en a dans « Yakuza : Like a Dragon » ! Du moins lors des scènes percutantes de combats clandestins durant lesquelles Kiryu se fera un nom. Manière de rendre plus crédible et réaliste l’aspect combatif de l’extrême de la star de la licence sans en faire un gimmick devenu au fil du temps et des épisodes presque une raillerie.

Pourtant, et même si Ryoma Takeuchi possède un certain talent physique et joue plutôt bien, il n’égale pas le Kazuma imperturbable et charismatique des jeux de Sega. Sans doute est-il trop jeune ou pas assez « marqué par la vie » on n’en sait rien mais malgré sa bonne prestation il ne convainc pas à 100 %. Faut dire aussi que ce n’est pas chose aisée que d’incarner un personnage comme Kiryu…

Par contre la véritable révélation de la série, c’est Kento Kaku dans le rôle de Nishiki. Aussi bien jeune qu’adulte, il est investi à fond dans le personnage et crève l’écran à chacune de ses apparitions. D’un caractère déluré quand on fait sa connaissance à la froideur extrême quand il devient chef de clan (voire plus), son évolution est vraiment impressionnante et il est au top tout du long, preuve de ses qualités indéniables d’acteur de haut rang.

Une petite bafouille aussi sur l’inénarrable Goro Majima, qui reste un rôle très secondaire dans cette première aventure mais qui est parfaitement mis en image par un Munetaka Aoki inspiré, qui lui donne ce côté chien fou que tant de joueurs apprécient chez lui.

Le reste de la distribution est plus que correct à l’exception de Misato Morita (la fameuse frangine Aiko) qui en fait beaucoup trop dans le genre « meuf un peu dingue qui n’a peur de rien ». La réalisation est banale, sans envolée mais également sans défaillance. La musique non plus ne marquera pas les mémoires même si le petit tempo du court générique met dans l’ambiance.

Pour terminer, on dira que la série pose surtout l’emphase sur la dramaturgie et la relation complexe entre les personnagesce qui était déjà un point fort du jeusans diluer ces éléments dans d’autres aspects qui n’amèneraient qu’à de la confusion chez les spectateurs, à fortiori chez ceux n’ayant jamais fait les jeux. En même temps, la série ne peut se permettre trop de digressions, médium oblige, là où dans la version vidéoludique on peut fureter des heures sans faire avancer le scénario d’un iota.

AVIS DE LA REDAC

En tant que pure série, Yakuza : Like a Dragon est un bon divertissement qui pourra séduire les spectateurs voulant découvrir une fiction sur l’univers fantasmé de la mafia japonaise. Son statut particulier d’adaptation d’une grande licence du jeu vidéo lui confère une autre aura de la part des joueurs qui eux y verront une relecture trop différente du titre qu’ils vénèrent. Pourtant on y retrouve bien la plupart des d’éléments venus de l’œuvre-mère, juste racontés différemment. Quant au héros Kiryu, la tâche de le rendre tangible étant bien trop ardu, l’un dans l’autre Ryoma Takeuchi ne s’en sort pas si mal malgré ses traits trop juvéniles.

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • "Yakuza" s'ouvre à un public plus large
  • Histoire resserrée sur les personnages pricipaux
  • Kento Kaku, un acteur à suivre
  • Existe en VF :)
LES MOINS
  • Intrigue un peu brouillonne
  • Ne suit pas "à la lettre" le jeu - pour les fans hardcore
75
%
CA PASSE BIEN

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