Les mystères de l’univers sont aussi infinis que son immensité. Parmi la pléthore de jeux tamponnés du sceau autrefois si prestigieux de Star Wars, pourquoi le studio Aspyr – toujours lancé dans sa rénovation des anciennes gloires vidéoludiques de la saga – a-t-il voulu remettre sur le devant de la scène le très dispensable déjà à son époque lointaine « Jedi Power Battles » ? Que de question sans réponse…
LE RÉVEIL DE LA FORCE
Bon, où en étions-nous ?… Ah oui ! Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine, sortait « La Menace Fantôme ». Par ce film, George Lucas reprenait les origines de sa si lucrative épopée spatiale pour toucher de nouveau le jackpot. On ne reviendra pas sur les fortunes diverses que connurent les sorties des films de la prélogie ni sur la qualité intrinsèque de ceux-ci, ce n’est pas le sujet du jour. Non, nous ce qui nous intéresse se déroule en 2000, soit un an après la sortie de l’Épisode I.
Dans l’immense lot de produits dérivés que suscite la sortie du métrage se trouve un jeu vidéo adaptant son histoire sous la forme d’une sorte de Beat’m All assez sommaire, paru sur PS1, Game Boy Advance et sur notre bien aimé Dreamcast . On y incarne au choix soit le padawan Obi-Wan Kenobi soit son maître Jedi Qui-Gon Jinn, les deux héros du film mais font aussi parti du casting pour cette aventure trois autres chevaliers que sont Mace Windu, Plo Koon et Adi Gallia. Du moins cela était valable à l’origine car désormais sont disponibles dès le départ tous les personnages déblocables des anciennes itérations.
On trouve donc en sus Padmé Amidala, le capitaine Panaka (deux personnages utilisant non pas des sabrolasers mais des blasters) ainsi que le Maître jedi Ki-Adi Mundi pour ce qui est des « gentils ». Du côté obscur on peut incarner le charismatique Dark Maul mais aussi chose étonnante un droïde de combat (lui aussi usant d’un blaster évidemment).
À cela s’ajoute, lorsque vous débloquez le « New Game + » (chose assez simple vu que vous pouvez directement faire le dernier niveau… on conseille quand même d’améliorer un brin votre chevalier avant d’affronter Dark Maul !) une douzaine de personnages inédits dont en tête de liste rien de moins que Jar Jar Binks en personne ! (cachez votre joie…). Il est accompagné de quelques guerriers gungans, de droïdes de combats améliorés (dont les fameux Dekass), de différents vauriens (2 Tuskens, 1 weequay, 1 rodien) et d’un mercenaire qui a pour particularité de se battre à mains nues (!).
Tout cela nous mène alors à un total de vingt-deux personnages, chacun possédant ses forces et ses faiblesses, ainsi que son arme de prédilection.
PETIT TOUR DE LA GALAXIE
On retrouve toutefois un gameplay général composé d’une touche de saut et de trois touches d’attaques, d’un ciblage et d’une esquive (parade avec le sabre). En combinant avec L2, on a accès aux « pouvoirs Jedi » via les touches symbole. Chacun aura ses particularités dans ses fameux pouvoirs (y compris les non-adeptes de la Force) il faudra donc essayer tout le roster pour voir qui vous correspond le mieux dans ses capacités spéciales. Généralement elles proposent une attaque longue portée, une courte portée, une explosion et un étourdissement des ennemis alentour (mais encore une fois cela peut varier d’un personnage à un autre…).
Lors de votre cheminement vous serez amené à collecter tout un tas de bidules aux formes diverses qui vous octroieront soit des points (pour vos statistiques d’améliorations en fin de niveau) soit des bonus temporaires (sabre laser à la lame plus longue, tir de blaster devenant tir de roquette etc.). Les pots de confitures verts seront quant à eux de la vie tandis que les espèces de rondins de bois flottant symboliseront les points de passage.
Petite particularité pour les utilisateurs de la Force, ils possèdent deux caractéristiques qu’il est possible d’améliorer au travers de nos performances au cours de l’aventure : un niveau général et une autre d’agilité (les sauts pour être clair). En fin de stage il sera également demandé d’augmenter ou bien notre Force ou bien notre vie ainsi que de choisir un « combo » parmi deux proposé pour agrémenter la suite de votre épopée.
Au cours de dix niveaux généralement à défilement horizontal – avec parfois quelques variantes comme le niveau en speederbike – on retrace plus ou moins fidèlement la trame du métrage hollywoodien (même si Star Wars – du moins à l’époque – était en vérité des ‘films indépendants’… mais c’est une autre histoire…). Là encore ils sont tous disponibles dès le début de partie, même si on recommandera fortement de les effectuer dans l’ordre pour suivre une courbe de difficulté croissante.
D’un vaisseau de la fédération du commerce au palais de Naboo en passant par Tatooine et Coruscant, nous voguerons à travers la galaxie pour découper en morceaux des centaines de droïdes de l’armée séparatiste, une faction unissant plusieurs planètes souhaitant faire sécession de la République.
Les robots stupides aux différents grades ne seront toutefois pas les seuls adversaires auxquels vous aurez à faire. Sur la planète aux deux soleils, Tuskens et Jawas vous causeront bien des embûches. Sur le monde-capital, des malfrats des basses ruelles tenteront de vous occire. De temps en temps des « boss », en fait de grosses bestioles locales, se dresseront contre vous. Voilà en gros pour le bestiaire ennemi.
Aux dix niveaux inspirés du long-métrage s’ajoutent quatre niveaux bonus très différents les uns des autres. Dans le premier vous incarnez un « droïdekass » et vous devez éliminer tous les gardes du palais de Theed avant la fin du décompte. Le deuxième consiste en une course « équestre » en terre gungan loin d’être fastoche. Le troisième est une espèce de « Pong » en 3D où la balle se trouve être l’inénarrable Jar Jar – c’est assez délirant. Le dernier se révèle un challenge là encore assez ardu : il s’agit de vaincre 100 adversaires d’affilée arrivant par vagues de 10 (plus on avance plus cela se complique comme de bien entendu).
Passons aux graphismes et qui dit remasterisation dit forcément amélioration de ce point de vue là. Enfin en toute logique. Alors certes c’est plus net et plus propre qu’il y a un quart de siècle mais pouvons-nous jusqu’à aller prétendre que ce Jedi Power Battles est « beau » ? Clairement non. On sent bien qu’il y a eu un travail au niveau de l’aliasing et du détail des textures mais cela reste tout de même assez primaire et ne faisant pas honneur au space opera lucasien. On reconnaît quand même les différents protagonistes et les environnements traversés ne vous inquiétez pas.
Enchaînons avec les divers aspects sonores. Pour ce qui est de la musique on retrouve une bonne partie de la bande originale de John Williams éparpillée ici et là au gré des niveaux et des menus. Ce qui fait certes plaisir même si la grandiloquence de certains morceaux ne collera pas forcément avec ce qui se déroule à l’écran.
Les bruitages sont nombreux et plutôt bien amenés mais on finira par s’agacer de ce petit rire en coin de Yoda à chaque fois que l’on ramasse un objet-bonus sur notre parcours (et ils sont nombreux).
Une fois que nous avons le tour de tout cela, il est temps d’entamer le GROS morceau de ce jeu, à savoir sa maniabilité. Et autant vous dire qu’il va falloir vous accrocher.
DE PIRE EMPIRE
En ce qui concerne le déplacement des personnages, cela va à peu près même si cela reste un peu hasardeux. L’analogique ajoute de toute évidence une notion de souplesse absente dans la version originale mais est bien loin de régler tous les problèmes.
Par contre pour ce qui est des sauts, c’est cauchemardesque. On ne sait jamais vraiment à quel niveau de profondeur se trouve la plateforme suivante et par conséquent il n’est pas rare de louper sa réception, et ce même sur des bonds visiblement aisés de prime abord.
Mais le pire reste les affrontements. Notre héros semble peser quinze tonnes et le temps qu’il donne son coup de sabre, les ennemis, souvent en nombre, vous canardent sans relâche et bien plus rapidement que vous êtes capable d’y répondre. Alors oui plus vous allez augmenter votre personnage plus cela ira mieux mais ce ne sera jamais la panacée pour autant.
Bien souvent vous pesterez contre cette jouabilité irritante au possible, et d’autant plus lors des niveaux spéciaux qui nécessitent ou bien la protection d’un enfant esclave (et future terreur de la galaxie) ou bien de libérer des servantes ou pire que tout délivrer des pilotes avant la fin d’un compte un rebours. La séquence en speederbike est de son côté plutôt bien géré mais gaffe à la moindre erreur de conduite ou vous le regretterez amèrement…
Il ne faut cependant pas négliger le très bon point du titre : il est jouable à 2. Et si on combine cela avec l’ensemble de ses défauts, il en résulte des heures de rigolade entre frustration joyeuse et énervement de bon aloi. Vous vous surprendrez à rire des problèmes de votre compagnon de galère, qui lui-même n’hésitera pas à vous chambrer à la moindre occasion.
Et il est peut-être là le cœur de Jedi Power Battles, dans cette camaraderie surprenante issue d’une aventure bancale partagé en bonne compagnie, à parcourir une certaine vision d’un film appartenant à une vieille licence culte.









