Like a Dragon: Pirate Yakuza in Hawaii
a été testé sur PS5
En près de vingt ans d’existence, la saga Like a Dragon (ex-Yakuza) s’est imposée comme un véritable phénomène culturel, témoin privilégié de l’évolution du jeu vidéo japonais. De ses modestes débuts sur PlayStation 2 en 2005, où elle était considérée comme une curiosité nippone, la série s’est métamorphosée en une franchise mondiale, forte de plus de 15 opus qui ont su redéfinir les codes du genre.
Les premiers épisodes, centrés sur la figure charismatique de Kazuma Kiryu, proposaient un beat’ em up nerveux aux accents de série policière, où les poings parlaient autant que les mots. Le système de combat, inspiré des classiques du genre comme Virtua Fighter, se bonifiant d’épisode en épisode. On peut ressentir l’aura de Shenmue planer sur ces productions.
Yakuza 0 sorti en 2015 aura marqué un tournant décisif, perfectionnant la formule avec un système de styles de combat multiples, tout en enrichissant considérablement le scénario.
Mais c’est en 2020 que SEGA a véritablement secoué les fondations de sa série. Like a Dragon, porté par l’exubérant Ichiban Kasuga, a osé l’impensable : transformer une série de beat’ em up en un JRPG au tour par tour. Un pari qui aura insufflé une nouvelle vie à la franchise. Cette idée s’est poursuivie avec Infinite Wealth, qui a poussé encore plus loin les mécaniques de RPG tout en conservant l’ADN si particulier de la série.
Entre temps, des spin-offs comme Yakuza: Dead Souls ou encore Judgment ont continué à explorer la formule action d’origine, tandis que Like a Dragon Gaiden offrait un mélange entre traditions et modernité. Cette richesse dans le gameplay, où coexistent désormais plusieurs styles de jeu, témoigne de la volonté de SEGA de faire perdurer leur savoir faire.
C’est dans ce contexte riche en évolutions que se présente ce nouveau chapitre. Alors que la série a prouvé sa capacité à se réinventer tout en préservant son identité unique, la question se pose : quelle nouvelle direction va prendre ce nouvel opus ?
Est-ce encore un énième spin off fade et sans saveur ? Pourrait il être un simple DLC ? Entre beat’ em up et RPG, entre terre et mer , voyons ce que nous réserve cette nouvelle itération d’une des franchises les plus passionnantes du jeu vidéo japonais.
La croisière s’amuse..
L’histoire de Like a Dragon : Pirate Yakuza in Hawaii débute six mois après les événements de Like a Dragon : Infinite Wealth et fait suite aux aventures d’Ichiban Kasuga.
L’ex-Yakuza qui est retrouvé à moitié mort sur une plage et qui plus est , amnésique après un naufrage, il est recueilli par un jeune de la région. Ne sachant pas d’où il vient ni ce qu’il faisait avant il décide de vivre une sorte de renaissance, libéré de l’emprise de son passé, mais pas de son coté violent et sauvage, Il décide alors de changer de vie et de devenir pirate. Et qui dit piraterie, dit chasse aux trésors ! C’est la grosse nouveauté du jeu !
Cette exploration maritime est une grande première dans la série et apporte un vent de fraîcheur.
Avec Pirate Yakuza in Hawaii, ceux ayant exploré ou terminé Infinite Wealth (2024) seront en terrain connu voire conquis étant donné que l’histoire se passe à Honolulu et sur les îles avoisinantes.
Like a Dragon: Pirate Yakuza in Hawaii nous plonge dans une histoire où Goro Majima se retrouve rapidement mêlé aux querelles entre factions pirates qui se disputent la suprématie dans l’archipel. Notre protagoniste devra donc constituer son propre équipage et prendre la mer pour explorer les alentours et découvrir ce fameux trésor.
Dépouillé de ses biens et de son téléphone, notre yakuza borgne devra s’adapter à sa nouvelle vie et comprendre comment il s’est retrouvé là. S’improvisant lui-même capitaine d’un navire délabré, notre héros va parcourir l’archipel hawaïen à la recherche d’un mythique trésor.
Si l’histoire commence de façon relativement légère, elle gagne progressivement en profondeur, tout en gardant ce ton décalé et complètement loufoque propre à la série. Les fans retrouveront avec plaisir quelques personnages bien connus de la série, notamment Ichiban Kasuga qui fait une apparition dans le bonus de précommande avec Nancy son écrevisse de compagnie.
Embarquement immédiat..
La grande nouveauté de Pirate Yakuza in Hawaii réside dans son système de navigation. Pour la première fois dans la série, vous êtes libre d’explorer librement les mers entourant les îles d’Hawaii avec le navire de fortune de Majima, le « Goromaru » La navigation est intuitive, mais suffisamment complexe pour être satisfaisante, avec un système de gestion des courants qui influence votre vitesse et votre maniabilité. La prise en main est facile et tout se pilote au doigt et à l’œil, du velours.
Vous devrez manœuvrer autour des bombardements ennemis et envoyer des volées de boulets de canon dans la coque des navires ennemis ! Une fois qu’ils auront subi suffisamment de dégâts, montez à bord de leur navire avec votre équipage et battez-vous pour assurer la victoire !
Le navire peut être amélioré tout au long de l’aventure, tant au niveau esthétique que fonctionnel, via un système de customisation. La gestion de l’équipement du navire ajoute une stratégie fort appréciable. On peut améliorer son arsenal et certaines capacités du vaisseau. Vous pourrez recruter un équipage parmi les différents personnages rencontrés, libre à vous de placer vos coéquipiers où bon vous semble pour trouver un équilibre durant les combats maritimes. mais aussi de nommer un second capitaine pour vous épauler. Chacun apportant des bonus spécifiques lors des batailles navales qui ponctuent l’aventure.
Ces affrontements en mer, bien que moins complexes que ceux d’un Assassin’s Creed : Black Flag, ou encore Skull and Bones offrent un divertissement bienvenu et s’intègrent parfaitement au jeu et deviendront vite addictifs. Comme dans tout bon RPG qui se respecte, vous pourrez monter le niveau de vos personnages avec des points de réputation à la fin de chaque bataille.
À vous la carte et direction les trésors qui seront indiqués par le biais d’un coffre, tandis que d’autres seront à trouver par vous-mêmes. Il y aura de fortes chances pour que vous ayez des hordes d’ennemis à combattre avant de pouvoir ouvrir votre trésor.
Sur terre, on retrouve un système de combat en temps réel, oubliez le tour par tour, on revient aux fondamentaux de la série.
Majima et son style inimitable « Mad Dog » vous en mettront plein les mirettes. La palette de mouvements a été enrichie avec des techniques inspirées des pirates, comme l’utilisation d’un grappin ou d’un sabre de pirate. Les combats sont extrêmement dynamiques avec le système appelé « Madness » qui permet de déclencher des attaques spectaculaires lorsque la jauge est remplie et ainsi d’avoir une jolie cinématique durant le combat, ce qui apporte du punch.
Au cours de vos pérégrinations, vous pourrez choisir votre propre style de combat, en ayant le choix entre le mode pirate ou yakuza. Le panel de mouvements et de coups spéciaux est énorme, pour peu que vous pensiez à augmenter vos compétences au gré de l’aventure. En effet, comme les autres jeux précédents de la franchise, vous pouvez améliorer votre défense ou votre attaque et débloquer de nouveaux combos dévastateurs.
Les phases d’exploration terrestre, quant à elles, nous emmènent dans plusieurs quartiers d’Hawaii et sur différentes îles de l’archipel dont Madlantis et l’île de Nele, chacune avec sa propre ambiance et ses activités annexes (nous y reviendrons). La structure du jeu alterne entre navigation, exploration terrestre et combats. Tout ça dans un environnement superbement modélisé. Mention spéciale à la première île dont la qualité visuelle est à mille lieux de ce qui a pu se faire jusqu’ à présent. Les combats se déroulent à la façon d’un Dynasty Warriors avec des hordes d’ennemis à vaincre et un boss plus ou moins redoutable à la fin du niveau.

A tribord toute …
Graphiquement, Like a Dragon: Pirate Yakuza in Hawaii exploite efficacement le Dragon Engine, le moteur maison du studio. bien que vieillissant celui ci n’a pas a rougir de quelques productions actuelles. Les environnements hawaïens sont magnifique, avec une attention particulière portée aux effets d’eau et de lumière qui mettent en valeur les paysages paradisiaques. Les personnages sont détaillés, et plus particulièrement celui de Majima qui est très expressif. L
es expressions faciales sont convaincantes sans être exceptionnelles. Les combats sont fluides, violents et brutaux.
La direction artistique, qui mélange l’esthétique traditionnelle de la série avec des éléments de piraterie moderne au beau milieu d’un Hawaii actuel, fonctionne étonnamment bien. Les costumes et accessoires loufoques que peut porter Majima sont un régal pour les yeux et participent à l’ambiance du titre. Et l’ambiance générale est parfaitement cohérente malgré le concept « a part » du jeu.

Toutes voiles dehors ..
Fidèle à la tradition de la série, Like a Dragon : Pirate Yakuza in Hawaii regorge de quêtes annexes et de mini-jeux qui rivalisent parfois de profondeur avec le contenu principal. On retrouve bien sûr le karaoké, véritable institution de la franchise. Jeu de rythme sur lequel vous devrez appuyer sur les touches au bon moment. Simple mais diablement efficace.
Le mini-jeu de cuisine qui en est un sans en être un, puisqu’il faudra cuisiner des repas vous permettant de retrouver de l’énergie, entre autres, suivant le même processus que le karaoké,à savoir appuyer sur les touches au bon moment. Le billard avec ses challenges et le casino pour son poker et le blackjack seront de la partie aussi.
Crazy Delivery, qui s’inspire largement de Crazy Taxi avec un côté Uber, puisqu’il s’agira de livrer des burgers aux quatre coins de la ville. Les jeux de fléchettes et Dragon Kart sont présents, sorte de Mario Kart où vous pourrez faire la course contre vos équipiers. Totalement fun !
Il y a énormément de mini-jeux, nous vous laissons découvrir le reste par vous-mêmes pour ne pas gâcher la surprise. À savoir que certains jeux mériteraient une édition individuelle tant ils sont bons.
Que serait un Like a Dragon sans salle d’arcade Sega ? Ici aussi, on vous a gâté : un grand nombre de classiques auxquels vous pourrez vous adonner pendant de longues heures ! Des titres qui ont fait l’âge d’or du jeu vidéo. A Honolulu, dans le centre commercial vous pourrez dépenser vos deniers durement gagné dans les machines. Quoi de mieux qu’un Fighting Vipers ou qu’un Virtua Fighter 3 pour se détendre un peu.
Sega Racing Classic 2, le jeu de course et Spike Out mettront aussi à mal vos économies.
Comme dans chaque épisode de la série, les salles d’arcade SEGA sont présentes et proposent une sélection de jeux classiques. On retrouve les incontournables et c’est particulièrement impressionnant de se dire que tout est jouable intégralement. Les jeux sont parfaitement émulés et constituent une véritable madeleine de Proust pour les fans de SEGA. On vous donne accès à quelques titres de la Master System avec Alex Kidd in Miracle World et Fantasy Zone, pour ne citer qu’eux. Vous en trouverez d’autres, mais chut ! Le petit côté nostalgique fait toujours son effet.
La qualité des quêtes secondaires est globalement très bonne, avec le mélange habituel de situations bizarre. Certaines missions annexes développent des personnages secondaires et offrent des récompenses qui justifient amplement le détour comme de nouveaux équipiers.
Cependant, on peut regretter une certaine redondance dans les quêtes qui sont parfois trop classiques (allez chercher X objets, éliminez Y ennemis). De même, les combats peuvent devenir répétitifs à la longue, avec un bestiaire d’ennemis relativement limité.
Avec son histoire principale, ses nombreuses quêtes secondaires et ses activités annexes, Like a Dragon : Pirate Yakuza in Hawaii offre une durée de vie conséquente. Comptez environ 20/25 heures pour terminer l’histoire principale, et facilement le double si vous laissez vos souvenirs renaître en vous rendant à la salle d’arcade, mais aussi en effectuant toutes les quêtes annexes.
Les doublages japonais sont, comme toujours, excellents, avec une mention spéciale pour Hidenari Ugaki qui incarne Majima avec un talent fou.
Si les fans inconditionnels de la série seront aux anges, les nouveaux venus pourront également apprécier cette aventure qui, bien qu’elle fasse référence à des éléments des jeux précédents, reste parfaitement accessible et compréhensible.
Pirate Yakuza in Hawaii n’est peut-être pas le jeu le plus ambitieux ou révolutionnaire de 2025, mais c’est assurément l’un des plus originaux. Un spin-off audacieux qui prouve que la série Like a Dragon a encore beaucoup de bonnes idées à explorer. Une aventure décalée mais maîtrisée qui mérite amplement le détour.











