Skull and Bones – Test effectué sur ps5
Chronique d’un naufrage annoncé ?
Faut-il rappeler que ce jeu avait été annoncé lors de L’E3 2017 ? Et que le jeu originel était annoncé comme une extension multijoueur d’une non moins célèbre licence de jeu, celle d’Assassin Creed IV: Black flag ? A la base donc, une suite épique multijoueur qui a été lancée en 2013 sous le projet au nom de « Black Flag Infinite« , mais qui, après de multiples rebondissements, est devenu Skull and Bones.
Ubisoft, devant l’enthousiasme des joueurs à voguer sur les flots, de se prendre pour un pirate des caraïbes, de vivre de simples moments de contemplation de la vie en mer avec sa faune marine, ou de se lancer dans des véritables combats maritimes, avait senti venir la mode pirate. Alors que ce spin-off qui avait redonné un coup de fouet à la série « Assassin », c’est en toute logique les studios Ubisoft ont décidé de créer un jeu entier à la gloire du monde pirate, jeu confié au Studio d‘ Ubisoft Singapour, la sortie du jeu étant initialement prévue pour 2018. Ce sont eux qui avaient développé les phases de navigation et d’affrontements navals du « Black flag ». N’oublions pas non plus que nous sommes en pleine période où les films Disney avec Johnny Depp « Pirates des Caraïbes » ont créé une émulation et un intérêt pour ce monde débridé de la piraterie.
Mais nous avons appris que le jeu était repoussé, puis de nouveau repoussé à 2020, puis indéfiniment mais, Ubisoft se voulant rassurant, annonçait que le jeu était encore et toujours en développement. Après une annonce de sortie en novembre 2022, le jeu est de nouveau reporté car un certain God of War Ragnarok a été annoncé par Sony! Nouveau report donc, jusqu’à l’annonce des Games Awards 2023 qui délivre les joueurs avec une date de sortie pour le 16 février 2024. Autant dire que ce développement chaotique, avec de nombreux changements et de reprises à zéro, nous fait nous demander si la sortie de cette arlésienne sera toujours au goût du jour et surtout à la hauteur des attentes des joueurs.
Comme nous l’avons dit, une décennie s’est écoulée depuis le commencement du développement de ce jeu, et depuis tout ce temps, des licences se sont essoufflées voire ont perdu de leur aura quand d’autres jeux sont sortis sur le même thème.
Oui, on peut se demander si après tout ce temps, les joueurs sont toujours aussi motivés par ce style de jeu, d’autant plus qu’entre temps un certain « Sea of thieves« développé par les studios « Rare » est sorti en 2018, mêlant action en multijoueur et coopération, et qui regroupe aujourd‘hui plus de trente millions de joueurs. C‘est pourquoi la comparaison est obligatoire entre les deux jeux, et que Skull and Bones va devoir présenter des améliorations où se différencier grandement pour qu‘il puisse nous surprendre et être à la hauteur de la longue attente...
Et ce ne sont pas les déclarations d’ Yves Guillemot, PDG d’ Ubisoft qui vont nous rassurer. Celui-ci déclare « C’est un très gros jeu et nous avons le sentiment que les gens vont vraiment voir à quel point il est vaste et complet. C’est vraiment un triple… Un quadruple A qui sera efficace sur le long terme. »
On nous fait bien comprendre que ce jeu va être à l’origine d’une nouvelle invention de la part d’Ubisoft : l’AAAA, ce qui a, pour effet de m’inquiéter sur ce que va être le jeu. Est-ce qu’il va être le facteur déclencheur faisant tout exploser ou est-ce le naufrage dans un dernier voyage ?
Les débuts d’un « pirate d’eau douce »
Tout d’abord, on commence par accepter les règles de bienveillance et de fair-play, ce qui annonce déjà le jeu en ligne (si tu n’es pas d’ accord, cela ne changera rien, sauf le fait de ne pas pouvoir jouer). Une fois que vous avez paramétré le jeu selon vos critères, que ce soit en termes de performance ou de qualité, vous pouvez commencer l’aventure.
Skull and Bones est principalement axé sur l’histoire de l’âge d’or de la piraterie et de l’exploration des océans. Au travers d’une cinématique de présentation rapide qui pose les conditions de l’époque, à savoir un monde capitaliste avec des compagnies puissantes qui règnent sur les routes commerciales maritimes extrêmement rentables. Et comme toutes ces richesses suscitent la convoitise, il est nécessaire de maintenir sa suprématie en utilisant une main de fer ! Et oui, les produits qui proviennent de l’océan indien suscitent l’envie et entraînent des bains de sang.
Dès lors, on peut prendre le commandement d’un navire, nous naviguons sur les eaux de l’océan Indien et nous sommes immergés dans l’époque du dix-septième siècle.
Tout est mis en place, nous avons le lieu et l’époque. Après s’être égaré dans le brouillard, on est à la recherche de « L’Exeter », que l’on devait accompagner suite aux instructions du Capitaine Rassler. C’est à ce moment-là que l’on constate la présence d’épaves de bateaux et que l’on suit cette direction..
On commence donc à diriger celui-ci et on tombe sur un premier navire (que l’on explose assez facilement à l’aide de nos canons – L2 pour viser et R1 pour tirer). On tient le Cap et on arrive sur notre première bataille navale où l’on doit affronter le navire Amiral. Après une bataille épique, dans laquelle, sous le feu des canons, les boulets s’envolent, envoyant par le fond les navires ennemis. Dans un fracas assourdissant, on voit le bois exploser en milles morceaux, les balistes et autres projectiles volant dans tous les sens, dans un fracas d’explosions. C’est fluide et beau, du sillage des projectiles jusqu’aux effets du boulet tombant dans l’eau ou des vagues de la mer.
Alors que l’on réussit à vaincre notre ennemi et que l’on tente de rejoindre Sainte Anne, on doit faire face à toute une armada britannique et, malgré notre vaine tentative de lutter, on finit par se faire couler et perdre la cargaison de Scurlock.
Quelques instants plus tard, on se réveille sur une planche et on aperçoit pour la première fois notre personnage que l’on va pouvoir personnaliser entièrement du sexe à la couleur de peau, de la couleur des yeux aux types de cheveux, tatoués ou non… Un marin unique pour notre plus grand bonheur ! Ici Ubisoft nous donne vraiment la possibilité de choix, et c’est une bonne surprise. Je vous laisse découvrir tout le reste par vous même.
On est alors sauvé par Asnah Yatim (qui va nous accompagner tout au long de nos aventures) et on vient renforcer l’équipe du « boutre », sorte de petit voilier qui est venu nous tirer des eaux. Avec cette nouvelle team, on va tenter de rejoindre notre destination initialement prévue en prenant donc le contrôle de ce frêle esquif avec la chance de « Freeman « pour guide. Notons au passage que cela fait certainement référence au célèbre boucanier et pirate des Caraïbes anglais Thomas Freeman. (1665-1680). N’oublions pas que les références historiques sont de mise, donnant le garant d’authenticité comme à son habitude chez les studios Ubisoft.
Nous devons au préalable réparer ce bateau, et voguons ainsi jusqu’à une première île pour trouver des matériaux. Et on y découvre un mourant qui nous suggère de rejoindre Sainte Anne. Cette première phase est très importante car on y découvre les premières interactions « à pied » et les premiers didacticiels rapide comme l’utilisation d’un feu de camp. Cependant, il faut noter que notre personnage est dépourvu de parole, nous entendons nos interlocuteurs mais nous devons lire ce que dit notre personnage. Cependant, ce qui m’a particulièrement posé problème, c’est que l’on ne peut pas nager ! Nous reprenons notre embarcation et après un court écran noir, nous sommes de nouveau sur les eaux !
On explore de nouveau jusqu’à un nouvel îlot, où l’ on rencontre un officier rescapé de l’Exeter, qui nous donne notre première mission, celle de récupérer la cargaison de Scurlock dans une eau infestée de requin ! En contrepartie, si nous réussissons, nous serons informés de l’emplacement de ce repaire que nous essayons d’atteindre. Dans cette quête, il faudra se procurer un pied-de-biche afin de récupérer ce trésor. Et pour cela, pas de secret, l’exploration ! Pour la mission, il suffira juste de récupérer la cargaison qui flotte et de la ramener.
Et c’est là que l’on découvre nos premières attaques de requins, que l’on doit affronter avec une simple lance en bois (maintenir L2 pour viser et R2 pour tirer ) ! Ainsi on récupère la peau et la viande et j’ai été très agréablement surpris du réalisme de cette attaque en jeu et de l’ambiance musicale qui crée une certaine tension !
Pour information, lorsqu’ une mission est terminée, il y a le point qui vous donne le lieu où la valider. Et là, surprise, on se fait berner comme un pirate de six semaines. On va donc explorer l’épave de L’Exeter, en forçant au pied de biche l’entrée (appuyer sur R2 dans une zone coloré), c’est là que l’on récupère une longue vue, une lettre et la carte montrant le chemin de ce lieu tant recherché.
Et nous voilà donc en route pour Sainte Anne, pour rencontrer le Kingpin Scurlock John. Au travers de cinématiques montrant toute la beauté et la richesse des décors (et notamment en mettant en avant les prouesses des différents studios d’Ubisoft et du moteur graphique Anvil) nous voilà donc arrivés à ce repaire de contrebande, où l’on est accueilli comme un rebut, chaque pirate se moquant de nous. On comprend vite que l’on va devoir faire nos preuves pour gagner le respect qui est appelé ici « Infamie ». Avec différentes quêtes, missions, contrats…nous allons donc pouvoir monter notre niveau, ce qui nous permettra de passer d’inconnu à pirate de légende (non on n’est pas Monkey D.Luffy même si on veut devenir le roi des pirates !)
Un gameplay à la hauteur du graphisme ?
On a vu que le jeu était d’une beauté magnifique notamment grâce au travail des studios mais il faut se demander maintenant si le gameplay nous amène un vrai plaisir manettes en mains que ce grand plaisir visuel.
Nous avons aussi vu que le repaire de Scurlock est le lieu central de vie où nous avons notre entrepôt, lieu pour stocker nos marchandises dérobées lors de nos expéditions. Mais pas seulement, nous y retrouvons notre kingpin Scurlock qui nous donne régulièrement des missions pour augmenter notre Infamie (c’est un peu l’élément central de l’histoire) dans une pseudo aventure dont le fil conducteur est le pillage et l’exploration ! Par contre, ce sont bien les missions principales du jeu qu’il nous faut faire pour récupérer des ressources.
Au cœur de ce village, nous allons avoir une multitude de marchands et d’artisans qui vont nous permettre d’améliorer notre navire, nos tenues, nos équipements…. Parmi eux, on y retrouvera Mako Lacy la marchande de provisions qui va nous vendre moult équipements ou recettes. Celles-ci seront utiles lors de l’excursion en mer pour nourrir l’équipage, améliorer l’endurance ou fournir des munitions.
Nous avons aussi Thomas Raferty, notre forgeron qui lui nous permet d’acquérir des plans de fabrication d’armes pour renforcer la puissance de frappe de nos bateaux ! Il nous offre aussi l’opportunité d’obtenir des missions afin d’accéder à toutes sortes d’équipements.
Retrouvons Fanilo Rahantasoa, qui est en charge du chantier Naval et qui joue un rôle essentiel dans la construction de bateaux à éperonner, défenseurs ou d’escortes… Ceux-ci requièrent de l’argent, des ressources en bois, du fer… et également des plans spécifiques que vous devrez dénicher en explorant. Si jamais vous voulez construire un type de navire que vous ne possédez pas et qu’il vous manque un plan, une simple pression sur carré et vous aurez la possibilité de le trouver (vous avez même les indices du lieu où les trouver).
Il y a aussi notre menuisier Zain Magoro, qui a une position essentielle car il nous permet d’acquérir ou d’améliorer des outils comme les pioches, scie, lance de chasse…Mais aussi tout ce qui est mobilier utilitaire, défensif, kit de réparation…. Le tout contre rétribution de matières premières et d’argent.
Florentine d’Alesso est la gérante de la boutique de décoration, elle vous permettra de changer de tenues, de mettre un nouveau tatouage, un nouveau bijou contre écu sonnant et trébuchant ou encore tout simplement de changer d’apparence. Car un pirate légendaire se reconnaît à sa prestance et son charisme !
Il y a également un tableau de primes et un autre de travaux qui nous permettent d’accéder à un éventail de quêtes secondaires ou de contrats, pour obtenir de l’argent, des tenues… soit autant de raisons d’aller parcourir les mers pour combattre et explorer. Le jeu est conçu pour inciter les joueurs à acquérir des ressources afin de personnaliser leur personnage et leurs équipements, donnant ainsi l’impression que ce jeu tente de justifier qu’il n’est pas un « jeu de service » !
L’essence même du jeu est l’exploration et le combat, même s’il y a des phases « à pied « dont le but principal est de justifier les déplacements en mer . On ne débarque que pour chercher objets, plans, trésors et tout cela est très limité en interaction avec les PNJ, soit pour obtenir une quête ou la valider, soit pour acheter des objets ou les vendre. Ce qui est bien dommage c’ est qu’il n y est pas de combats à terre, avec épées, sabres ou pistolets, car dans AC black flag, les phases à terre était plaisante a jouer. Même en comparant à Sea of thieves, Skull and Bones fait grise mine à côté et c’est ce qui manque, la possibilité de se battre, de s’enivrer, de grimper sur les rochers….
On en vient donc au but principal du jeu : prendre la mer, ce qui nous amène à parler de toute la phase de préparation du navire. Il faudra y mettre des armes tels que des canons, demi-canons, bombardes ou autres (que vous aurez au préalable acheté ou débloqué auprès de marchands), des protections comme des coques renforcées, du mobilier augmentant les performances des armes et tout ce qui est customisation de votre embarcation et de votre équipage afin de les rendre uniques.
Vous pouvez, à quai, changer de navire en fonction du type de mission, pouvant privilégier de plus petites embarcations pour des chasses à la lance (comme le boutre) ou partir à la guerre (comme le cotre). Et même la possibilité de gérer votre cargaison en l’envoyant à l’entrepôt ou en récupérant de la nourriture et de l’eau qui sont essentielles pour éviter la mutinerie de votre équipage !
Une fois en mer, c’est parti pour l’aventure ! La première chose que l’on remarque au-delà de la beauté des décors et des paysages, c’est la simplicité de navigation, une pression sur X et nous déployons les voiles pour avancer, une pression sur O et nous ralentissons. Nous avons le choix entre trois différents angles de vue en navigation allant de la vue arrière du bateau, de celle de la vigie (en haut du mat) et celle de la vue principale (subjective en tant que capitaine). Pour ma part, j’ai choisi la dernière que je trouve beaucoup plus intéressante, pleine de vie en voyant son équipage et son familier (oui on a un animal de compagnie). Pour changer, rien de plus simple, une pression sur carré on choisit sa vue et on valide avec R2.
Nous sommes dans un jeu multijoueur online et donc à première vue, on s’attend à combattre d’autres joueurs en face, ceux que l’on rencontre au gré du vent et des flots, mais là, déception totale, on ne peut que s’associer avec eux pour faire quelques missions. L’essentiel du jeu est articulé autour de l’IA environnementale ou plus communément appelée PVE. C’est-à-dire que le jeu décide de manière aléatoire de générer des ennemis ou pas, et en fonction de votre réputation, afin de vous faire couler par le fond ! Jusqu’à présent, je n’ai eu que deux types de contrats ou l’on pouvait faire du joueur contre joueur et PVP (chasse à la cargaison de coupe-gorge). On peut également faire le choix de jouer en solo mais il n’y a pas vraiment de campagne juste une succession de missions. Et c’est bien dommage !!
En ce qui concerne les batailles navales (ou le pillage), comme je l’ai précisé précédemment, c’est toujours le même système de combats et les mêmes animations !
En fonction du nombre d’ennemis, il faudra beaucoup de matériel de réparation voire la coopération de coéquipiers rencontrés en chemin. On peut demander de l’aide assez facilement et les joueurs online peuvent y répondre ou pas ! En cas de défaite, si vos fonds monétaires vous le permettent, vous pouvez réapparaître en mer pour tenter de récupérer votre cargaison, le cas échéant vous apparaissez au pied à terre le plus proche.
Lorsque vous avez affaibli un navire, vous pouvez l’aborder (un indicateur qui vous préviens), et en maintenant L2 puis triangle, vous déclenchez soit un abordage, soit un tir de mousquet….je trouve dommage que l’on voit juste le lancer de cordes et qu’on ne puisse pas aller sur le navire adverse ! Même chose lors des pillages, notre équipage quitte le navire et nous restons dans le bateau pour continuer à combattre, et l’on récupère le butin.
A force de missions et d’explorations, cela devient très vite répétitif et lassant, et ce qui peut nous retenir c’est la beauté de ce monde qui est assez vaste et varié : à chaque région, un type de ressource et une domination de compagnie choisie (clan de Fara, le peuple de la mer, les colonies françaises ou britanniques…) Le tout avec une météo aléatoire allant des eaux calmes à la tempête orageuse ! J’ai aimé naviguer et combattre dans ces flots déchaînés et balayés par des vents redoutables tout en tentant de ne pas me faire chavirer par des » vagues scélérates »!
Et ce n’est pas l’apparition aléatoire de « mystères » ou « d’événements » qui vont venir casser cette routine qui consiste à faire des allers-retours sans cesse entre missions et repaire pour améliorer ses navires et équipements. Il faut ainsi voir si le contenu annoncé lors des saisons apportera assez de nouveautés pour nous maintenir en haleine…
Chaque saison (durant 12 semaines) amènera son lot de nouveaux événements, de nouveaux pirates légendaires, de nouveaux équipements…. A suivre donc!
Pour finir, je vais juste parler de l’ambiance sonore du jeu qui est juste exceptionnelle. Des voix des personnages à la musique des combats en passant par les chants lors d’excursions maritimes, tout est fait pour vous mettre dans l’ambiance pirate. On doit en particulier cette ambiance de dingue à Tom Holkenborg alias Junkie XL (qui a travaillé sur la bande son de Forza Motorsport en 2005 ou encore sur le Batman vs Superman : l’aube de la justice de Zack Snyder en 2016 en qualité de co-compositeur). A voir sur le long terme si la « hype » sera toujours là !




















