À peine le temps de pleinement boucler bien comme il faut le premier remaster de Tomb Raider (réunissant les épisodes I à III) que se pointe le second, qui lui nous présente en toute logique les suivants (du IV au VI). C’est donc en compagnie de l’inénarrable Lara Croft que nous explorerons de nouveau l’Égypte, l’Irlande, Rome, Paris ou Prague dans une version « revue et corrigée » des opus originaux, sortis entre 1999 et 2003.
Il conviendra toutefois de séparer en deux le test à suivre, tant le traitement entre « La Révélation Finale » et « Sur les Traces de Lara Croft » diffère de celui de « L’Ange des Ténèbres », qui déjà en son temps avait su grandement évoluer (changement de génération de consoles oblige). Une fois cette nécessaire précision apportée, voyons voir de quoi il en retourne précisément dans ces versions modernes de ces titres cultes.
C’EST DANS LES VIEUX POTS…
La formule n’a pas changé. Dans le fond, on retrouve exactement les jeux de la saga dite « classique », conçue sous l’égide d’EIDOS et Core Design à l’époque. Les mêmes niveaux, les mêmes histoires, les mêmes ennemis… On ne va pas refaire le test de ces trois titres ici mais se consacrer uniquement sur les plus-values de cette refonte.
C’est bien dans la forme que vient principalement la justification de cette rénovation des premiers Tomb Raider. Un ravalement de façade complet qui permet de rajeunir les aventures de la Miss britannique certes pas au niveau des graphismes actuels mais plus proche – pour apporter un élément de comparaison – de ce qu’ils étaient dans l’épisode « Anniversary », le remake/hommage du premier jeu sorti en 2006 (et faisant partie intégrante de la saga dite « Legend »).
Comme précédemment il est possible de basculer à tout moment à l’apparence d’origine par la simple pression d’une touche. Élément qui sera bien souvent fort utile car la gestion de la lumière étant bien différente dans les deux cas, un couloir sombre dans une version sera bien plus éclairé dans l’autre.
D’accord. Une fois que l’on a dit ça et qu’on a illustré le test de quelques captures d’écran faisant montre de ce rehaussage graphique, y a-t-il vraiment autre chose à dire si on se retrouve de fait devant les mêmes jeux que sur PS1 ?
Fort heureusement oui.
Tout comme dans le premier remaster, cette compilation nous offre la possibilité de parcourir les add-on sorti sur PC à l’époque. Bon, on survend un peu car si pour les trois premiers jeux il y avait vraiment de la matière dans ces ajouts, ce n’est plus vraiment le cas ici.
On aura droit uniquement au niveau exclusif du « Times », une démo publicitaire sortie en collaboration avec le journal anglais lors de la promotion du quatrième opus. Sans grande difficulté et ne demandant pas plus de 20 minutes pour en voir le bout, ce court niveau permet cependant de bien saisir l’ambiance que propose l’entièreté du jeu.
On retrouve également le mode photo, qui permet de prendre quelques clichés personnels sous l’angle que l’on souhaite, qu’il s’agisse de l’héroïne, des ennemis ou des environnements. Des nouvelles poses et nouvelles tenues – en adéquation avec cette nouvelle trilogie – sont présentes ici.
L’autre utilité de ce mode photo – non prévu à la base mais que les joueurs ont très vite adoptés – c’est sa fonction de « drone », permettant d’explorer en éclaireur les niveaux selon notre bon vouloir (seulement limité par les portes fermées). Une astuce fort utile pour mieux appréhender son parcours…
D’autres possibilités ont été implantées, activables à loisir dans les options : affichage de la barre de vie des boss, compteur de munitions et même la divine capacité de pouvoir zapper ou non les cinématiques.
Dernier ajout notable, le mode « caméra ». Cette option permet de réaliser une séquence vidéo de manière assez simple qui une fois assemblée offre un panorama monté à notre guise. Ce n’est pas indispensable mais cela pourra donner quelques vocations de vidéaste.
RESTAURER LES TÉNÈBRES
On en vient maintenant au gros morceau. « Angel of Darkness ». Le « Tomb Raider » Maudit. Alors non, il ne retrouve pas l’état qui aurait dû être le sien avant qu’il ne passe sur la table du charcutage. La tâche était bien trop grande.
Toutefois Aspyr est parvenu à recoller quelques morceaux. Le premier que vous remarquerez se trouve dès la séquence d’introduction dans la ruelle parisienne. Désormais deux chemins s’offriront à vous : par les toits – le tracé connu de tous qui nécessite de belles acrobaties – ou par les rues – qui demandera de se faufiler discrètement à la barbe d’un policier de notre belle capitale.
Mais d’autres passages – plus mineurs – ont également été « restaurés » ici et là au cours du jeu. Rien qui transformera en profondeur l’ensemble de l’aventure bien sûr mais que les fans attentifs sauront déceler tandis que les découvreurs eux ne les distingueront absolument pas.
Des éléments plus anodins ont été retravaillés également, principalement en ce qui concerne les objets, leur acquisition et leur vente. L’échoppe du prêteur du gage et sa gestion à été entièrement revue – pour le mieux – ainsi que l’herboristerie. Les deux magasins gagnent grandement en intérêt, l’un proposant de nouvelles améliorations d’armes, un arsenal et l’autre des soins. De fait dégoter les €uros planqués dans les recoins de Paname devient tout de suite bien plus intéressant.
Dans le même genre d’idées, et les vieux de la vieille comprendront en quoi ce ‘simple’ ajout se révèle important, le carnet de Von Croy s’ouvrira automatiquement aux moments idoines, aidant à la compréhension de certaines énigmes. Un détail diront certains… Un élément essentiel diront les autres…
Des notes supplémentaires auraient même été ajoutées dans ce fameux carnet, mais en toute honnêteté votre serviteur n’est pas en mesure de confirmer cette information, ne se souvenant pas par cœur des écrits présents dans le titre original. Cependant si Aspyr prétend que c’est le cas, nous n’avons aucune raison de ne pas les croire…
Autres particularités de cet épisode, ses visuels et sa jouabilité. Passons rapidement sur les graphismes certes retravaillés mais qui ne se distinguent pas autant que sur les autres opus, tant et si bien qu’on se demande sans cesse si on joue avec les graphismes modernes ou anciens ! Seul le visage de Lara permet une véritable distinction.
Pour ce qui est du gameplay il est proposé depuis le premier remaster des commandes modernes qui ne collaient pas vraiment avec le système de déplacement en case de Tomb Raider, les mouvements « du char » fonctionnant bien plus dans cette optique. Sauf que L’Ange des Ténèbres abandonne ce principe et que par conséquent cette nouvelle approche plus contemporaine trouve une certaine légitimité.
Certes il faut un temps d’adaptation car le mappage des touches se trouve être complètement revu et on vous assure que cela déstabilise énormément, surtout après des dizaines d’heures d’exploration avec la pilleuse de tombes dans les pattes. Mais on finit par s’y faire et cela il est vrai apporte un poil de souplesse à une maniabilité qui demeurera quoi qu’on fasse très lourde.
Tant qu’on parle de déplacement lourd, passons donc à notre bon vieux Kurtis. Premier point, sa refonte faciale est à notre sens réussi (comme en attestent nos captures d’écran). Deuxième point, et non des moindres, notre bonhomme retrouve l’usage de son Chirugai, son arme « à la Krull » (référence de boomer cinéphile inside).
Utile à la fois de loin en tant qu’arme « boomerang » que de près en tant qu’arme de poing, elle possède de plus la capacité de générer un bouclier de protection pour notre éphémère héros. Le fait d’avoir réimplanté l’arme magique demeure louable car elle manquait vraiment mais malheureusement elle ne remplace pas à l’usage un bon gros flingue…
L’homme aux pouvoirs psychiques gagne aussi dans cette refonte le sprint (qui ne lui est pas utile plus que cela, à la limite peut-être contre le boss…) et le tir depuis les coins de mur, à l’instar de la vedette du jeu.










