Capcom a pris son temps. Quatre ans d’attente, des teasers énigmatiques, un silence radio total… Et puis, Pragmata a enfin atterri. Et croyez-moi : le voyage valait chaque seconde d’apesanteur.
Un rêve lunaire à visage humain
Tu joues Hugh, astronaute perdu sur la station lunaire “the Cradle”, accompagné de Diana, une androïde à l’apparence d’enfant. Ensemble, vous explorez un monde stérile et sublime, entre beauté glaciale et mélancolie technologique.
Là où beaucoup voyaient une coquille vide, j’y ai vu une poésie rare. Chaque pas, chaque silence, chaque regard entre Hugh et Diana raconte plus que mille cinématiques. C’est l’humanité dans le vide, à la sauce Capcom.
Gameplay : le cerveau et l’ adrénaline
Pragmata ne choisit pas entre l’action et la réflexion, il fusionne les deux.
Tirer, esquiver, pirater, penser : tout s’enchaîne avec une fluidité chirurgicale. Le système de hacking de Diana, entre mini-jeu de logique et combat en temps réel, est un coup de génie. On sent la tension, la symbiose entre les deux personnages.
Le vrai cœur du jeu réside dans sa mécanique principale : le combiné tir + hacking.
En tant que Hugh, on vise et tire sur les ennemis. Mais souvent, leurs défenses sont trop élevées.
Diana, montée sur le dos de Hugh, active un mini-jeu de hacking en temps réel : un curseur se déplace sur une grille, on passe sur certains nœuds bonus pour affaiblir l’ennemi, puis on atteint le nœud final pour exposer le point faible. Pendant ce temps, Hugh doit se protéger ou esquiver.
Une fois l’ennemi vulnérable, Hugh peut alors utiliser son arsenal (pistolet, fusil à pompe, arme de gel, etc) pour l’éliminer.
Un peu difficile d’expliquer le système de hack, il faut lier les items entre eux comme un snake de compétence pour activer le combo « d’hacktaque »!
Et quand le combo tir + hack s’active parfaitement, t’as cette sensation de flow pur et ce moment où le gameplay devient instinctif. Oui, je vois déjà certains dire oui on perd en rythme ou voir être répétitif… peut-être mais au moment de cet essai de 30 mn , ce gameplay inédit m’a happé et séduit par son originalité inédite.
Une claque visuelle, tout simplement
Le RE Engine envoie du lourd : effets de lumière spectaculaires, textures organiques, reflets lunaires à couper le souffle.
Sur PS5 , Pragmata est une démonstration technique — presque trop propre. Chaque particule flotte dans l’air comme un souvenir. Chaque reflet raconte une histoire.
Les ennemis mécaniques sont sublimes, les effets de lumière frôlent la perfection.
Capcom prouve encore qu’il maîtrise sa machine. Et quand Pragmata s’ouvre sur un panorama lunaire à perte de vue… c’est de la poésie numérique pure.
Et la direction artistique ? Minimaliste, froide, sublime. C’est du Capcom pur jus, mais passé au prisme de 2001, l’Odyssée de l’espace. L’ambiance est froidement futuriste : couloirs blancs, esthétique épurée, robots hostiles, intelligence artificielle menaçante , cet univers déjà-vu vient amener à la beauté de ce jeu .
Mais la beauté de Pragmata est presque trop parfaite, trop clinique. On en prend plein les yeux, mais parfois, on aimerait qu’un grain d’humanité vienne salir la surface.
Narration : l’émotion sous scaphandre
Diana, c’est pas juste un gadget de gameplay. C’est le cœur du jeu.
Sa naïveté, son regard sur le monde, sa manière d’apprendre à “ressentir” — tout sonne juste. Hugh, lui, devient peu à peu un père de substitution, un repère dans le néant.
Leur relation est écrite avec pudeur, mais quand la larme tombe, c’est sincère. Capcom signe ici une narration sans surenchère, presque intimiste, mais terriblement touchante.
Technique et bande-son : précision chirurgicale
La bande originale, minimaliste mais poignante, colle parfaitement à cette ambiance suspendue. Les compositions alternent entre nappes électroniques et violons lunaires.
Côté technique, c’est du solide : 60 fps constants, zéro crash, et un level design cohérent. On sent l’amour du détail et la maîtrise d’un studio en pleine confiance.Ce n’est pas seulement un jeu une ode visuelle ,sensorielle unique et un poème qu’on découvre !
Chaque pas de Hugh résonne, chaque silence pèse, chaque ligne de code semble vivante. Et même le silence assourdissant du vide spatial prend son sens comme pour venir ressentir cette solitude. Entre deux combats bruyants et fracassants , tu marches , tu sautes , tu scannes , tu ouvres des portes …. Et tu ressens le temps , le vide la solitude pour mieux te concentrer sur les protagonistes et ça marche. Bravo Capcom.
Verdict
Pragmata n’est pas juste un jeu, c’est une expérience sensorielle. C’est le mariage rare entre la beauté du silence et la violence du mouvement.
Capcom signe un chef-d’œuvre spatial, peut-être son plus audacieux depuis Resident Evil 4.
“Capcom visait la Lune. Ils y ont planté un drapeau, et c’est marqué dessus : Émotion.” Pragmata est certainement un des titres à surveiller de 2026!







