Ce test à été réalisé à partir de la version PS5 (pour la version XBOX One, c’est à lire par ici, par Rincevent)
Présenté pour la première fois au public lors de l’E3 2018 (une époque lointaine…) Sable laissa dès ses premiers instants une forte impression. Sorti en 2021 d’abord en exclusivité Microsoft avant de se retrouver sur d’autres plateformes, il aura fallu un peu de temps pour que nous puissions mettre la main dessus, et encore plus de trouver le temps de nous y adonner. C’est désormais chose faite et voici donc venir sans attendre notre compte-rendu de notre séjour sur Midden, planète isolée à l’autre bout de l’univers…
PERDU AU MILIEU DU DÉSERT
Sable est une jeune fille du clan des Ibexii, vivant au sein d’une vallée isolée sur Midden, une planète ensablée située bien loin du système solaire. Elle a atteint l’âge d’effectuer sa quête initiatique, consistant à quitter son clan le temps de trouver sa voie en explorant le reste de la région occupée par les colons humains.
Traditionnellement chaque habitant porte en permanence un masque qui en fonction de celui-ci détermine la voie choisie par son porteur : cartographe, mécanicien, marchand, explorateur, garde, artiste etc… Afin d’obtenir l’un de ces masques, il faut acquérir trois enseignes de la branche en question, distribuées par les tenants de la profession en échange de service.
À nous de voir quel métier nous attire afin de porter le masque correspondant ou bien de rester dans le flou et de récolter tous les masques possibles. Mais quelles que soient notre virée et nos trouvailles, à la fin du périple, il faudra impérativement choisir le couvre-chef qui guidera le reste de notre vie.
Ne tournons pas plus longtemps autour du pot et entrons directement dans le vif du sujet : les graphismes. Les amateurs de 9ème art auront de suite fait le rapprochement avec le style de Jean « Mœbius » Giraud, créateur célèbre de « L’Incal » et « Blueberry ». Un grand artiste disparu en 2012 et ayant laissé un très grand vide dans l’univers de la bande dessinée française.
Tout en aplat de couleur (un style très ‘européen’) la charte graphique de Sable est assez singulière : simple mais fascinante. Sans en faire des caisses – au contraire de bien d’autres titres – son univers visuel sait nous capter pour toujours faire en sorte de nous amener plus loin, derrière une dune, derrière un rocher, derrière une ruine.
Cette soif d’exploration et de découverte de lieux mystérieux, deux éléments qui seront au cœur du jeu, s’accompagnent d’un mode photo duquel on abuse et même d’une touche dédié au fait de simplement s’asseoir pour admirer les paysages.
Véritable petit exploit de programmation pour le tout petit studio anglais Shedworks composé en tout et pour tout de deux personnes (Daniel Fineberg et Gregorios Kythreotis), leur formidable travail est complété par la participation à l’écriture de Meg Jayanth, une compatriote (dont on reparle plus bas…) ainsi que par la chanteuse Michelle Zauner du groupe américain Japanese Breakfast. On ne résiste pas à l’envie de vous partager le travail de cette dernière sur le titre-phare du jeu : Glider.
UN VRAI BAC…
Alors. Que devons-nous faire dans Sable exactement ? Et bien cela sera à votre guise, à l’instar d’un mini » Breath of the Wild « . Vous pouvez explorer la carte dans le sens que vous souhaitez, faire les rencontres dans l’ordre que vous désirez et effectuez les quêtes ou pas en fonction de ce que vous recherchez.
Sachez d’ailleurs que le jeu peut se révéler très court. En effet si vous vous concentrez sur un métier en particulier et obtenez vos trois insignes – donc en trois quêtes – vous pourrez dès lors retrouvez votre clan pour enclencher la cinématique finale très rapidement. Mais ce serait évidemment passer à côté de la proposition…
Car le véritable but de Sable, c’est bien d’obtenir le plus de masques disponibles. Il faut donc explorer un maximum pour faire le plus de rencontres possible afin d’enclencher par là même les fameuses quêtes « de service ». Il en existe une petite quarantaine qui ne demanderont pas plus de 20 heures pour en voir le bout.
Car effectivement en tant que ‘novice’ en vadrouille, les habitants se tourneront naturellement vers vous pour que vous leur donniez un coup de main dans leurs domaines respectifs, en échange d’insignes de leur profession. Parfois il y aura un peu de récompense pécuniaire à la clé et même à certaines occasions une pièce d’habillement.
Les différentes missions seront toutes du genre ‘livraison de colis’ : il faudra se rendre à un endroit, récupérer généralement trois objets de même nature puis les rapporter au donneur de quête. Bien sûr il y aura des variations en tout genre mais globalement on sera sur ce schéma-là quand même.
Afin de vous aider à progresser au sein de ces terres arides, vous serez en possession d’un gadget fort utile, que seuls les « novices en quête » ont le droit d’avoir dans leur équipement : une bulle flottante de protection. Dans la pratique elle vous servira à vous laisser choir des hauteurs sans risque de vous écraser au sol. En clair vous planerez en douceur d’un point culminant à un autre en contrebas. Une barre d’endurance sera également présente pour les efforts physiques comme la grimpette ou la course (on a déjà dit que le jeu s’inspire des derniers Zelda ?).
Mais votre plus gros atout, c’est que vous aurez à disposition un aérocycle ! Personnalisable en fonction des pièces que vous parviendrez à dégoter ou acheter lors de vos pérégrinations sur Midden (planète qui selon les dires des développeurs serait inspirée de Jakku du film Star Wars « Le Réveil de la Force », elle même une réminiscence de Tatooine de l’Épisode IV) il vous emmènera partout ou vous voudrez vous rendre (une option de voyage rapide est aussi disponible pour revenir aux lieux déjà découverts).
Avec votre engin pas forcément des plus maniables mais qui reste fort pratique, vous aurez donc l’opportunité de voyager pour découvrir des camps, des temples anciens, des bâtiments autrefois utiles désormais laissés à l’abandon, des carcasses de vaisseaux et même une bourgade servant de capitale, Eccria.
Certains de ces endroits proposeront des énigmes à élucider avant de récolter la récompense convoitée. Il faudra aussi bien fouiller coins et recoins pour dénicher piécettes de monnaie, morceaux de ferraille ainsi que les zamis, drôle de petites bestioles qu’on laisse tout à votre découverte.
On précisera un point d’importance : Sable ne propose AUCUNE difficulté. Vraiment Aucune. Juste du plaisir de jeu et de l’exploration. D’ailleurs il n’y a aucun ennemi. De la faune et de la flore oui, mais rien qui vous causera le moindre souci.
COMME UN GRAIN…
La magie de Sable à beau être fascinante, l’expérience n’en demeure pas moins ternie par quelques anicroches fort malvenues. La première d’entre elles sera au sujet de l’animation saccadée, surtout notable sur notre protagoniste quand on est à pied. Loin d’être à l’optimum, ces quelques images de mouvement au rabais ne font pas honneur à la qualité des environnements traversés. Choix artistique ou manque de moyens ? Probablement un peu des deux.
Autre souci, certes mineur mais qui aurait amené encore plus de consistance à l’ensemble, c’est le fait que l’on ne croise absolument personne en dehors des lieux marquants (camps, vestiges etc.). Nul en dehors de Sable ne semble voyager en aérocycle, ou même à pied, d’un endroit à un autre… Dommage, vraiment.
Autre point, plus chafouin celui-là, qui sera bien plus explicite avec quelques exemples qu’en mille mots :
C’est là qu’on en revient à Meg Jayanth, une écrivain activiste qui n’a rien trouvé de mieux que de créer des personnages ‘non-binaires’ (environ un quart des personnages tout de même !) chez un peuple qui tente de survivre dans un milieu hostile. Ce qui est un non-sens total.
À la limite on accepterait ces absurdités d’écriture « inclusive » en ce qui concerne les « Forges-masque » (qui forgeront les masques comme leur nom l’indique), étant donné que ces êtres semblent être entre mysticisme et robotique, mais pour le quart de la population, c’est un non net et définitif. Et on n’en veut d’autant plus à l’équipe de traducteurs français d’avoir transposé cela dans notre langue, résultant en des mots délirants tels que « Lae » « Luielle » ou autre « iel »… Aberrant.
Nonobstant cela, le jeu reste une petite pépite à côté de laquelle il serait fort regrettable de passer. Proposant des moments d’émerveillements, de surprises architecturales et de contemplation, notre curiosité sera récompensée petit à petit par la constitution d’un récit en sous-texte qui précisera les choses sur l’environnement, les traditions et l’histoire de cette étrange peuplade. Parce que oui, ce n’est pas pour rien que vous portez un masque…









