Tomb Raider – La Légende de Lara Croft est une série d’animation en deux saisons disponible sur Netflix.
Toujours de retour, Lara Croft a fait ces derniers jours les choux gras de l’actualité. Tout d’abord avec l’annonce de deux nouveaux jeux à sortir : un en 2026 (énième remake du premier épisode de 1996) et l’autre en 2027 (une toute nouvelle aventure), mais aussi avec la sortie de la deuxième saison du dessin animé produit par Netflix et qui sera l’objet de notre papier d’aujourd’hui.
Petit rappel chronologique : la série animée se déroule après les derniers jeux en date (Survivor/Rise/Shadow) et avant les nouveaux titres à venir (« Legacy of Atlantis » et « Catalyst »). Et oui, il s’agit bien là de la même « ligne du temps », dite la ligne « Survivor ». Les deux précédentes sont nommées « Classique » (du 1 au 6) et « Legend » (Legend/Anniversary. Underworld). Voilà qui est dit.
MASQUE ANTIQUE
Lorsqu’une riche philanthrope décide de collecter de gré ou de force d’anciens masques de dieux africains pour dominer le monde grâce à leurs puissantes maîtrises sur les éléments, Lara Croft ne peut laisser cela se produire. En compagnie de ses amis et de quelques divines rencontres, elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour s’opposer à cette femme atteinte par la folie des grandeurs.
Faisant suite à une première salve d’aventures plus que mitigée, on retrouve l’aristocrate anglaise pour une nouvelle quête mouvementée aux quatre coins du globe. Elle sera toutefois accompagnée cette fois non plus du puissant Jonah, mais de sa vieille amie Sam, maintenant que leur vieille brouille datant de leur péripétie face aux Yamataï (l’épisode reboot de 2013) semble apaisée.
L’objet – ou plutôt les objets – de cette mésaventure prend donc la forme de masques Orisha éparpillés sur tous les continents, gardés pour chacun d’entre eux par son propriétaire respectif, c’est-à-dire rien de moins que des divinités vivant discrètement parmi les humains.
Parmi ceux-ci, nous ferons particulièrement connaissance avec Eshu, une espèce de dieu de la Malice cachant de lourds secrets derrière sa façade railleuse à tendance alcoolique. Un personnage un peu lourd qui, au fur et à mesure de l’avancée des épisodes, va se révéler de plus en plus.
Il est de bon ton de présenter aussi l’autre camp, à savoir celui de cette fameuse femme richissime à l’ambition démesurée. Prénommée Mila et à la tête de la société High-Tech PITHOS, son but est de sauver le monde en le modelant selon son bon vouloir. Quitte à sacrifier une bonne partie de l’Humanité au passage.
Et à dire vrai, voilà l’ensemble de ce que l’on sait de cette antagoniste au développement assez chiche. C’est une méchante qui est méchante parce qu’elle est méchante. Rien de plus. Question vilain, celui de la saison 1 était clairement mieux construit.
Plus intéressante, le bras droit de cette Mila : Fig. Oui c’est son nom (ou son surnom du moins). Assez stylée et tenace, elle possède une présence bien plus marquante que sa patronne.
MASQUE EN TOC
Au cours de cette saison 2 de Tomb Raider, on voyagera un peu partout entre Cuba et l’Algérie, le Brésil ou le Caucase. On passera même par la Nouvelle-Orléans et son quartier Vaudou pour une visite en bonne et due forme du folklore local.
Malheureusement on ne peut pas dire que l’accent soit mis sur la variété des environnements et en dehors de quelques décors qui sortent du lot, tous les pays finissent par se ressembler. À savoir une végétation luxuriante avec au loin des montagnes enneigées. Le focus semble plutôt avoir été mis sur les différentes populations qui, pour le coup, sont elles assez bien représentées, où que se trouve notre fine équipe.
On note avec plaisir que les critiques sur le côté ‘bouboule’ de la miss British lors de la première saison ont été prises en compte (malgré le fait que la production niait les faits, pourtant évidents). Elle semble désormais plus mince, plus athlétique, en somme plus proche de son modèle de pixel.
Ce qui reste tout de même le plus marquant au cours de ces huit épisodes, c’est qu’enfin – ENFIN ! – Lara Croft évolue pour ressembler de plus en plus à celle qu’elle est censée devenir. Et il était grand temps. Après trois jeux et une première saison où elle stagnait et tournait en rond, c’est avec surprise et une certaine satisfaction que nous voyons poindre la femme forte telle que nous la connaissons depuis trente ans maintenant.
Usant – et ce n’est pas trop tôt – de sa paire de flingues en lieu et place de l’arc et même se coiffant désormais de sa fameuse natte, elle acquiert pour couronner le tout ses lunettes iconiques lors d’une balade au souk d’Alger.
En clair, ce qui aurait dû prendre place au cours de la trilogie vidéoludique nous est montré au sein de cette deuxième saison. Un point positif et nécessaire, surtout maintenant que la suite nous a été présentée avec une héroïne très proche de son image populaire.
TROUSSE DE SOIN
L’élément qui pêche le plus dans cette série d’animation, c’est clairement l’écriture. On sent bien que l’équipe de production souhaite bien faire mais cela n’empêche pas une grande faiblesse de ce côté-là. Ça manque clairement de caractère, de profondeur. Et si on ajoute à cela la « légère » pointe de wokisme tendance panafricaine de bon aloi, ça n’arrange rien.
La bien-pensance va même jusqu’à pousser Lara à adopter la mouvance anticolonialiste bon ton en rendant en fin de saison l’ensemble de ses possessions aux peuples propriétaires. Ce qui est un non-sens absolu du personnage, soit dit en passant, mais il faut bien vivre avec son temps, n’est-ce pas ?
Officiellement annulé par Netflix en septembre de cette même année, il n’y aura donc pas de suite – du moins animée – aux aventures de Lara Croft, malgré une fin de série installant clairement une saison 3.
Coïncidence ou pas, l’annulation fut actée au lendemain de l’annonce de la série live sur Prime Video. Un projet encore en cours de préproduction et qui, soyons francs, part sur de bien mauvaises bases. Mais cela est une autre histoire qu’on vous contera le moment venu…








