Neuf ans après le succès du premier Zootopie, on retrouve notre improbable duo Judy Hopps et Nick Wilde pour la suite de leurs aventures dans la grande capitale des animaux anthropomorphes, ce concept si cher à Disney. Cette fois ils auront affaire aux secrets de la création de la ville, rien de moins.
TOUS À POIL
Neuf ans donc entre les deux productions mais un peu plus d’une semaine seulement en ce qui concerne nos héros. D’ailleurs il est intéressant de noter que l’introduction de ce deuxième opus recontextualise et développe le final du premier qui, il est vrai, allait un peu vite en besogne dans ses scènes de conclusion.
Judy et Nick sont donc fraîchement coéquipiers au sein de la police municipale quand, par le truchement d’une simple investigation sur un trafic de contrebande, ils se retrouvent à devoir traquer un être terrorisant tous les habitants de Zootopie : un serpent.
Et plus exactement un serpent vif comme l’éclair mais un peu naïf qui semble avoir un objectif précis : voler le livre du concepteur des barrières climatiques – celles-là même permettant à tous les mammifères de coexister dans un espace commun tout en ayant des conditions de vie adaptées à chacun.
Notre binôme enchaînera les découvertes renversantes tout au long de cette enquête durant laquelle il devra s’enfoncer toujours plus loin dans les profondeurs de la ville. Une cité prétendument idéale mais qui se révélera pas si utopique que cela.
Techniquement on est dans la même moulure que pour le premier. Sans doute il y a-t-il des évolutions – en presque une décennie c’est même une certitude –, mais on ne note rien de particulier. On retrouve la même charte visuelle de A à Z. Peut-être mettrons-nous en avant une plus grande présence d’environnements marins, mais au-delà de ça rien de véritablement notable.
Derrière la caméra (si l’on peut s’exprimer ainsi) rempilent Byron Howard et Jared Bush (sans le très prolifique troisième larron Rich Moore qui officia sur le précédent, un homme au CV impressionnant). Sachant que Monsieur Bush signe également le scénario (il participa également à l’écriture du film de 2016 et fut en partie le créateur de l’univers).
Un univers toujours aussi fascinant et qui pousse à son paroxysme l’un des « mythes » Disney en transposant dans notre monde moderne toute une ménagerie anthropomorphe aussi réussie que bigarrée. Car si dans notre monde humain à nous l’environnement sied à chacun d’entre nous, dans un univers où une girafe côtoie un mulot à la terrasse d’un café, forcément cela demande un certain sens de l’aménagement.
Et c’est dans le sens du détail de cette ville multiculturelle dans laquelle chaque espèce doit s’adapter à l’existence de toutes les autres que l’on trouve le cœur créatif flamboyant des deux Zootopies. C’est vraiment impressionnant de voir le jusqu’au-boutisme des concepteurs pour faire en sorte de rendre crédible une métropole où chaque mammifère peut trouver sa place au milieu de ses concitoyens pourtant tous si différents.
On notera tout de même qu’il manque quelques branches notables parmi les mammifères, à savoir les primates (ceci expliquant sans doute cela…) ainsi que les pourtant classiques chiens et chats (loups et autres félins sont bien présents).
Parmi les autres grands absents, il y a des catégories entières pas du tout présentes, comme les insectes (là on entre dans un autre délire…) et… les reptiles.
J’AI UN SERPENT DANS MA BOTTE
Du moins jusqu’à ce qu’on apprenne leur histoire dans ce fameux Zootopie 2, sans doute le Disney le plus attendu de ces dernières années et qui franchira le « milliard » en à peine plus d’une semaine.
Parlons donc un peu de ce vil serpent, prénommé Gary.
Et bien en fait le bougre se révèle finalement très effacé, et sans grand charisme. Clairement il ne restera pas dans les mémoires. Benêt mais tenace, sa condition lui confère une capacité de vitesse de déplacement assez spectaculaire seulement mise à mal par le froid qui lui glace littéralement le sang.
Censé être l’élément perturbateur, il n’est en vérité qu’un protagoniste plutôt secondaire, pour ne pas dire tertiaire. L’Être d’écaille aura tout de même quelques moments de gloire, surtout lors du dernier tiers du métrage.
Parmi les autres nouvelles rencontres, on citera les Linxley, puissante famille de lynx des neiges du quartier de Toundraville, le peu affable Jésus planqué dans son bar mystérieux et surtout Nibbles Maplestick, la castor allumée du bulbe et grande complotiste des réseaux sociaux. Dans le cas de cette dernière, elle sera bien plus présente que Gary aux côtés de notre lapine maline et du renard roublard.
Pour le reste, on retrouve peu ou prou l’ensemble du casting du premier volet, même pour de simples apparitions qui relèvent de l’anecdotique (on pense au fennec notamment – son doubleur VO, Tommy Lister Jr., est malheureusement décédé, d’où le peu de présence du personnage).
A BAD FUR DAY
Comme pour le film de 2016, de nombreuses références au cinéma sont à savourer au cours de l’enquête de Judy. Des clins d’œil autant aux œuvres de la firme aux grandes oreilles (Ratatouille, La Belle et le Clochard) qu’au classique du 7ᵉ art (Shining).
Dans le même genre, on croise de nombreuses parodies de marques célèbres (Zoogle pour Google pour l’exemple le plus frappant).
Il faut souligner que l’humour peut parfois être ‘adulte’, voire même ‘très adulte’. Certains sous-entendus lors des dialogues entre les deux stars à fourrure ne pouvant être compris que par un public mature, si vous voyez où l’on veut en venir. C’était déjà d’ailleurs le cas dans le premier Zootopie.
Même si cette suite reste une valeur sûre, elle est à notre sens un poil moins engageante que son aînée. Ce ton très thriller, très noir qui était présent lors de l’enquête précédente avait su nous accrocher – elle était d’autant plus inattendue pour une œuvre Disney –, tandis que cette fois nous sommes devant une atmosphère tirant bien plus vers la comédie pure (nous rappelant grandement un peu celle des Bad Guys).
À dire vrai, là où Zootopie présentait une véritable enquête, Zootopie 2 nous narre rien de moins qu’une chasse au trésor. Certes très bonne, superbement mise en scène et fort bien rythmée, mais on est loin du travail de flic dans une gigantesque mégalopole. Après chacun appréciera ou pas.






