Sorti exclusivement au Japon en 1996, Cyber Doll reste l’un de ces ovnis vidéoludiques de l’ère Sega Saturn que seuls les collectionneurs et passionnés de JRPG connaissent vraiment. Avec son univers cyberpunk, son ambiance sombre et ses mécaniques atypiques, le jeu se démarquait déjà à l’époque. L’intrigue se déroule dans un futur où une mystérieuse maladie provoque une dégénérescence musculaire, poussant l’humanité à se tourner vers les implants cybernétiques pour survivre. Mais un nouveau fléau apparaît, capable d’infecter aussi bien les humains que les cyborgs, entraînant la création d’une unité spéciale baptisée Debugger.
Derrière ce titre discret se cache pourtant un pedigree impressionnant. Développé par Betop et édité par I’Max, Cyber Doll a été co-produit par Hiroyuki Kotani (connu pour son travail sur Ape Escape et Patapon). Le character design est signé Yasushi Nirasawa, célèbre pour ses créatures et ses travaux sur Shin Megami Tensei IV et Enemy Zero. Les séquences en images de synthèse ont quant à elles été réalisées par Takahide Murakami (Suikoden) et Hiromichi Sueyoshi (Sakura Taisen). Une équipe de haut niveau pour un projet pourtant resté dans l’ombre.
Côté gameplay, Cyber Doll ne manque pas d’originalité. Le système de combat permet de cibler les membres des ennemis, avec la possibilité de récupérer certains éléments pour améliorer ses propres personnages. Le jeu propose également un large arsenal d’armes et une progression orientée personnalisation, assez rare pour un JRPG de cette génération. Fait intéressant : de nombreux menus sont déjà partiellement en anglais, rendant l’expérience accessible même sans maîtriser le japonais, bien que l’histoire complète reste difficile à suivre sans traduction.
C’est justement sur ce point que l’actualité devient brûlante. Un fan connu sous le pseudonyme TrevoStuden travaille actuellement sur une traduction anglaise non officielle, annoncée à l’automne dernier avec une fenêtre de sortie évoquée pour janvier 2026. Particularité majeure : le projet s’appuie largement sur des outils automatisés et des scripts Python combinés à de la traduction assistée par intelligence artificielle. Un choix assumé par son créateur, qui reconnaît ne pas retraduire manuellement chaque ligne de dialogue. Cette approche divise la communauté, certains saluant l’initiative pour rendre enfin le jeu accessible, d’autres craignant une perte de nuances et de qualité par rapport aux traductions artisanales réalisées par des passionnés.
Le cas Cyber Doll illustre parfaitement le dilemme moderne de la préservation vidéoludique. Sans outils automatisés, ce JRPG obscur aurait-il une chance d’être traduit un jour ? À l’inverse, une traduction approximative pourrait-elle nuire à l’image du jeu et décourager de futurs projets plus soignés ? Quoi qu’il en soit, voir un titre aussi rare de l’ère Saturn revenir sur le devant de la scène rappelle à quel point le patrimoine vidéoludique des années 90 regorge encore de trésors oubliés, prêts à ressurgir… parfois de manière inattendue.
Obscure game time! Let’s talk about Cyber Doll, a cyberpunk RPG for the Sega Saturn developed and published by I’Max Corp, who previously worked on Dual Orb. This one is quite rad and definitely fits the era it was made in. pic.twitter.com/NP3Q9R0xqD
— RPG Site (@RPGSite) August 9, 2018

