Dead Rising 3
a été testé sur Xbox One.
Quand on termine Dead Rising 3, un chiffre s’affiche fièrement en haut de l’écran : le compteur de zombies éliminés. Dans mon cas, il flirtait avec les 27 000 morts-vivants. Un total complètement absurde, presque poétique, qui résume à lui seul la philosophie du jeu : exagération, démesure et plaisir coupable. Capcom Vancouver pousse ici la série vers un open world plus vaste, plus permissif et plus généreux en action. Mais derrière ce déluge de tripes et d’armes bricolées, se cache un épisode à la fois généreux et imparfait, capable du meilleur comme du plus frustrant.
Dead Rising 3 n’essaie pas d’être élégant. Il veut être bruyant, sale, excessif. Et c’est justement cette approche sans complexe qui le rend aussi accrocheur.
Quand les zombies font du bruit
Côté son, Dead Rising 3 joue une partition efficace mais sans chercher la révolution. Les musiques accompagnent l’action avec des thèmes nerveux et discrets, laissant la priorité aux bruits de l’environnement. Et justement, ce sont ces sons-là qui font la différence : grognements de zombies, cris étouffés, impacts sourds des armes artisanales, explosions improvisées… Chaque coup porté possède un poids sonore satisfaisant.
Le mixage met bien en valeur le chaos ambiant. Quand une horde se rapproche, on l’entend avant même de la voir. Cela crée une tension permanente, surtout lors des phases nocturnes, où les zombies deviennent plus agressifs et plus nombreux. Le doublage anglais est solide, parfois volontairement caricatural, mais il colle bien au ton du jeu. Mention spéciale aux compagnons et personnages secondaires, tous doublés, qui ajoutent de la vie au monde malgré l’apocalypse.
Une technique qui ne fait pas rêver
Graphiquement, Dead Rising 3 n’impressionne pas. Le jeu tourne en 720p, affiche des textures parfois fades et souffre de quelques problèmes techniques comme des chutes de framerate ou des éléments de décor qui apparaissent tardivement. À certains moments, l’ensemble donne l’impression d’un jeu de transition, coincé entre deux générations de consoles.
Cela dit, la direction artistique compense partiellement ces limites. Les environnements urbains en ruine, les zones industrielles, les quartiers résidentiels abandonnés ou encore les centres commerciaux ravagés donnent une vraie identité à la ville de Los Perdidos. Les zombies bénéficient d’un soin particulier : démembrements détaillés, animations de chute variées, dégâts visibles en temps réel. Le spectacle est sanglant, mais techniquement cohérent avec la promesse du jeu : afficher un nombre hallucinant de zombies à l’écran simultanément. Et sur ce point, Dead Rising 3 impressionne encore aujourd’hui.
Le ballet grotesque des morts-vivants
L’animation est l’un des grands points forts du titre. Les zombies ne sont pas de simples mannequins ambulants. Ils trébuchent, rampent, s’entassent, se bousculent et réagissent différemment selon les armes utilisées. Couper un zombie en deux, lui arracher un bras, le projeter dans une vitrine ou l’envoyer valser contre un mur produit toujours un effet visuel et physique satisfaisant.
Les armes combinées ajoutent une couche supplémentaire de folie. Voir une horde se faire pulvériser par un ours en peluche armé de mitrailleuses ou par un canon laser bricolé avec un micro-ondes relève presque du cartoon gore. Cette exagération assumée donne au jeu une identité unique. Même après des dizaines d’heures, on continue à tester de nouvelles combinaisons juste pour voir le résultat à l’écran.
Simple, brutal, efficace
La maniabilité repose sur un système volontairement accessible. Attaques légères, attaques lourdes, esquives, roulades : tout est pensé pour permettre au joueur de plonger rapidement dans l’action. Le véritable plaisir vient du ressenti des armes. Chaque outil a son propre comportement, sa portée, sa vitesse et son impact.
Le fait que les armes se cassent rapidement est une excellente idée de design. Cela empêche la routine et pousse constamment à improviser. On apprend à changer de style en permanence, à exploiter ce que l’environnement propose et à fabriquer sur le terrain. Les plans de fabrication deviennent ainsi des récompenses bien plus intéressantes que de simples collectibles. Transformer une batterie de voiture en arme électrique ou bricoler un sabre laser à partir d’une lampe torche donne un vrai sentiment de progression ludique.
Le système de progression du personnage est également bien pensé. Chaque niveau apporte de vrais bonus concrets : plus de vie, meilleure endurance, nouvelles capacités. Rien n’est inutile, tout a un impact immédiat sur le gameplay.
L’orgie de zombies qui dure longtemps
Là où Dead Rising 3 brille le plus, c’est dans sa quantité de contenu. La campagne principale dépasse facilement les 30 heures, sans compter les quêtes secondaires, les défis, les secrets et le mode coopératif. Le jeu propose une véritable boucle d’addiction : sortir explorer, tuer, récupérer, fabriquer, améliorer, recommencer.
Les compagnons apportent une dimension supplémentaire. Chacun possède sa propre histoire et ses quêtes personnelles. Certains sont attachants, d’autres volontairement caricaturaux, mais ils donnent un visage humain à l’apocalypse. Leur présence peut parfois gêner l’action – ils bloquent les passages ou se placent maladroitement – mais les voir se battre à vos côtés, équipés d’armes absurdes, reste souvent hilarant.
Les Psychos, ces boss optionnels grotesques, ajoutent du piment à l’aventure. Ils ne sont pas tous mémorables, mais certains marquent par leur design ou leur mise en scène.
La carte en monde ouvert, en revanche, montre ses limites. Elle n’est pas immense et tente parfois de masquer sa taille par des barrages artificiels. La navigation peut devenir pénible, notamment avec un GPS imprécis et des accès autoroutiers mal indiqués. Cela casse parfois le rythme, surtout lorsque l’on doit traverser la carte pour une mission secondaire.
Le mode coopératif sauve en grande partie ces défauts. À deux, tout devient plus fun : combats, exploration, situations absurdes et sauvetages de dernière seconde. Dead Rising 3 prend alors une dimension beaucoup plus festive et chaotique, parfaitement adaptée à l’esprit de la série.







