Dragon Ball Xenoverse 2 a été testé sur PS4.
Super Sayan, Kaïoken, Super Sayan Blue, Potentiel libéré… Si vous avez grandi devant Dragon Ball Z, impossible de rester insensible à ces mots magiques. Plusieurs années après sa sortie, Dragon Ball Xenoverse 2 continue pourtant de faire parler de lui, porté par une communauté active, une pluie de contenus additionnels et une promesse simple : permettre à chaque joueur de devenir un combattant de légende. Retour complet sur un titre qui ambitionne rien de moins que de transformer chaque fan en héros du multivers.
L’éveil du Sayajin numérique
Dès le menu principal, Dragon Ball Xenoverse 2 affiche clairement la couleur. Le roster impressionne par sa densité. Gogeta, Vegetto, Goku Super Sayan Blue, Vegeta Super Sayan Blue, Super Sayan 4, Hit, Broly, Janemba, Black, Metal Cooler, Thalès, Slug… La liste donne le tournis et ne cesse de s’allonger grâce aux DLC. Là où beaucoup de jeux de combat figent leur casting à la sortie, Xenoverse 2 adopte une logique évolutive presque “service”, avec de nouveaux personnages, missions et transformations ajoutés régulièrement.
Mais la vraie force du titre, c’est évidemment la création de personnage. Vous ne jouez pas seulement Goku ou Vegeta : vous incarnez votre propre guerrier. Saiyan, Terrien, Namek, Majin, race de Freezer, chaque espèce dispose de ses spécificités, bonus et styles de jeu. Le joueur peut personnaliser l’apparence, la morphologie, les compétences et même l’orientation statistique du personnage. Attaque brute, vitesse, Ki, endurance : tout est modulable.
Les transformations renforcent encore cette sensation de progression. Accéder au Super Sayan, débloquer le Super Sayan 3, utiliser la forme Golden Freezer, devenir Namek géant ou invoquer la forme Buu pur donne un véritable sentiment d’ascension de puissance. Chaque transformation modifie les stats, les animations et parfois même la façon de combattre. On ressent cette montée en puissance typique de la licence, ce “power-up” mythique qui fait vibrer les fans depuis les années 90.
Un scénario entre fan service et recyclage
Côté narration, Dragon Ball Xenoverse 2 reprend la formule du premier opus. Vous êtes recruté par la Patrouille du Temps afin de réparer des anomalies dans la timeline de la saga. Résultat : vous revisitez les arcs cultes, de Saiyan à Majin Buu, en passant par Freezer et Cell, avec quelques variations scénaristiques.
Sur le papier, l’idée est séduisante. Dans les faits, l’exécution reste assez convenue. Les antagonistes issus des films et OAV viennent perturber les événements clés, créant des situations alternatives parfois intéressantes, mais rarement mémorables. On ressent un fort parfum de déjà-vu. Les dialogues manquent parfois de punch, et la mise en scène reste très classique.
Cela dit, le mode histoire n’est pas vide d’intérêt. Il sert de colonne vertébrale au jeu, débloque de nombreux contenus et permet d’introduire progressivement les mécaniques. Les combats de boss apportent quelques pics d’intensité, notamment lorsque plusieurs ennemis surpuissants débarquent simultanément. Le problème vient surtout de la structure répétitive : battre des vagues d’ennemis, protéger un allié, vaincre un boss, recommencer.
Les quêtes parallèles : abondance et lassitude
L’un des piliers de Dragon Ball Xenoverse 2, ce sont les quêtes parallèles. Il y en a des dizaines, puis des centaines avec les extensions. Elles permettent de débloquer techniques, costumes, personnages et objets rares. Sur le plan du contenu pur, difficile de critiquer : il y a de quoi jouer pendant des dizaines d’heures.
Mais cette générosité cache une autre réalité. Beaucoup de missions se ressemblent. Les objectifs varient peu : vaincre un groupe d’ennemis, protéger un allié fragile, survivre un certain temps, affronter un boss renforcé. Le farming devient rapidement incontournable si vous voulez compléter le roster ou obtenir les attaques les plus puissantes. Pour les joueurs acharnés, cela fait partie du plaisir. Pour les autres, la répétition peut devenir pesante.
Un gameplay arcade nerveux et accessible
Manette en main, Dragon Ball Xenoverse 2 se révèle immédiatement plus agréable que son prédécesseur. Les combats sont rapides, dynamiques et spectaculaires. Le système repose sur des enchaînements simples, des esquives, des téléportations et une gestion du Ki et de l’endurance plus stricte qu’auparavant.
On ne peut plus enchaîner les attaques ultimes sans réfléchir. Une mauvaise gestion de l’endurance peut vous laisser complètement vulnérable face à un adversaire agressif. Cette contrainte apporte une dimension tactique bienvenue. Le jeu encourage également les contres, les déplacements aériens et les attaques en altitude, ce qui donne des affrontements très verticaux, fidèles à l’esprit de l’anime.
Chaque personnage possède ses propres coups spéciaux, ultimes et compétences passives. Certaines attaques emblématiques comme le Kamehameha, le Final Flash ou le Makankosappo bénéficient d’animations spectaculaires. Même après des dizaines d’heures, il est difficile de se lasser complètement tant le spectacle visuel reste efficace.
Une réalisation fidèle mais imparfaite
Visuellement, Dragon Ball Xenoverse 2 s’appuie sur un cell-shading solide. Les modèles de personnages respectent fidèlement le style d’Akira Toriyama. Les couleurs sont vives, les auras de Ki brillent intensément, et les transformations sont mises en scène avec soin.
Cependant, tout n’est pas parfait. Les décors manquent parfois de vie. Peu d’éléments sont réellement destructibles, et lorsqu’ils le sont, ils se régénèrent souvent trop rapidement, brisant l’illusion de puissance. Certains environnements paraissent vides, avec peu d’interactions dynamiques.
La caméra constitue également un point faible récurrent. Lors des combats rapides ou des affrontements multiples, elle peut perdre le joueur, se placer derrière un obstacle ou mal suivre l’action. Dans un jeu aussi nerveux, ce défaut peut devenir frustrant, surtout en ligne ou contre des adversaires agressifs.
Conton City : le hub social façon MMO
Autre particularité majeure : Conton City, le hub central du jeu. Cette immense zone sert de point de rencontre entre joueurs. On y accepte des quêtes, on achète des équipements, on discute, on s’entraîne et on participe à des événements temporaires.
Cette dimension presque MMO apporte une vraie personnalité au jeu. Voir des dizaines d’avatars personnalisés se croiser donne une impression de monde vivant. Les événements en ligne, tournois et raids renforcent ce sentiment communautaire. Xenoverse 2 ne se contente pas d’être un jeu solo : il vit au rythme de ses joueurs.
Le multijoueur est d’ailleurs un point fort. Coopérer pour vaincre des boss surpuissants, affronter d’autres joueurs en PvP ou participer à des défis temporaires prolonge considérablement la durée de vie.
La cassette audio qui claque : bande-son et bruitages
Côté audio, le jeu fait le travail. Les musiques reprennent les codes épiques de la saga, alternant thèmes héroïques et ambiances tendues. Les bruitages d’impact, explosions de Ki et cris de personnages participent à l’immersion.
Certains thèmes manquent cependant de mémorabilité. Peu de morceaux restent vraiment en tête après plusieurs heures de jeu. La bande-son remplit son rôle sans atteindre le statut culte des musiques animées originales.
Une expérience pensée pour durer
Là où Dragon Ball Xenoverse 2 se distingue réellement, c’est dans sa longévité. Entre le mode histoire, les quêtes parallèles, le multijoueur, les événements temporaires et les DLC, le contenu est massif. Le jeu s’adresse clairement aux fans prêts à investir du temps.
Il n’est pas exempt de défauts : répétitivité, narration peu ambitieuse, problèmes de caméra. Mais il compense par une générosité rare et un respect sincère de l’univers Dragon Ball. Il ne cherche pas à être un jeu de combat compétitif pur comme un Dragon Ball FighterZ, mais plutôt un terrain de jeu géant pour s’amuser, progresser et collectionner.









