La Sega Saturn n’est pas la console la plus choyée par la scène homebrew moderne. Là où la Mega Drive continue d’accueillir régulièrement de nouvelles productions, sa remplaçante reste un terrain bien plus discret. C’est précisément pour cette raison que chaque sortie inédite mérite l’attention. Pourtant, Vigilant Paradise, un nouveau jeu lancé début novembre, est passé largement sous les radars lors de sa mise en ligne.
Derrière ce projet, on retrouve Riccardo Campione, développeur indépendant au sein du studio Playnautic. Le titre a refait surface grâce au site spécialisé Sega Saturn Shiro, après qu’un utilisateur de Reddit, connu sous le pseudo dmar3000, a mis la main sur sa page Itch.io. Une découverte tardive qui a permis au jeu de toucher un public plus large, plusieurs semaines après sa sortie initiale.
Vigilant Paradise prend la forme d’un FPS fortement inspiré des séries policières des années 80. Le joueur y incarne deux policiers en civil, Vince Dimare et Paolo Diterra, contraints à des vacances forcées dans une ville côtière en apparence paisible. Très vite, le séjour vire à l’enquête musclée face à une organisation terroriste locale. Chaque personnage dispose de son propre arsenal et de parcours alternatifs, renforçant la rejouabilité et l’identité du titre.
Sur le plan technique, le projet force le respect. Le développeur explique avoir exploité l’intégralité de l’architecture de la Sega Saturn, mobilisant les deux processeurs, les deux puces vidéo, la mémoire standard, ainsi que l’audio CD et le PCM. Le jeu propose une campagne solo, environ 15 minutes de cinématiques entièrement doublées, et une bande-son synthétique très marquée, parfaitement dans l’esprit rétro.
Jouable sur console d’origine via CD-R, ODE ou cartouche compatible, Vigilant Paradise fonctionne également en émulation. L’usage d’un ODE est toutefois recommandé afin de réduire les temps de chargement et de préserver le matériel vieillissant. Proposé au prix de 10 dollars, le jeu pourrait même connaître une édition physique sur CD-ROM si l’engouement du public se confirme. Une initiative rare qui rappelle que la Sega Saturn a encore des histoires à raconter.

