La Dreamcast n’a manifestement pas dit son dernier mot. Plus de deux décennies après son retrait du marché, la console de Sega Japon voit l’un de ses jeux les plus emblématiques retrouver une fonctionnalité longtemps perdue. Power Smash, version japonaise de Virtua Tennis, est de nouveau jouable en ligne grâce au travail de la scène communautaire. Les joueurs peuvent désormais s’affronter jusqu’à quatre simultanément, comme à l’époque où la Dreamcast incarnait l’avant-garde du jeu en ligne sur console.
À sa sortie au Japon, Power Smash disposait d’un atout que les versions occidentales n’avaient jamais connu : un mode multijoueur en ligne. Une option ambitieuse pour l’an 2000, mais rapidement condamnée par la fermeture des serveurs officiels. Pendant des années, cette particularité est restée inaccessible, jusqu’à ce que des passionnés décident de la faire revivre, redonnant ainsi à Virtua Tennis une dimension oubliée.
Cette renaissance est l’œuvre de Jonas Karlsson, plus connu sous le pseudonyme Shuouma. Figure bien connue de la scène Dreamcast, ce développeur suédois s’est spécialisé dans la remise en service des fonctionnalités réseau de la console. Son approche est résolument ouverte : les serveurs qu’il développe sont publiés sous licence MIT, permettant à la communauté de les utiliser et de les faire évoluer librement. Avant Power Smash, il avait déjà ressuscité les modes en ligne de jeux cultes comme ChuChu Rocket, Sonic Adventure, Alien Front Online ou encore Worms World Party.
D’après Dreamcast Live, plateforme de référence pour le jeu en ligne sur la console de Sega Japon, les parties de Virtua Tennis: Power Smash se déroulent dans de bonnes conditions. Une excellente nouvelle pour un titre souvent cité comme l’une des meilleures adaptations du tennis en jeu vidéo. Le contraste est d’autant plus marquant que Virtua Tennis 2, sorti en 2001, avait fait l’impasse sur toute fonctionnalité en ligne, laissant ce premier épisode comme un cas unique dans la série.
Pour accéder aujourd’hui au jeu en ligne sur Dreamcast, plusieurs solutions existent, dont le DreamPi, un dispositif conçu par Luke Benstead. Il permet de connecter la console à Internet via un Raspberry Pi et un modem compatible. Une configuration relativement accessible qui témoigne de la vitalité d’une scène toujours active. Preuve supplémentaire que, malgré l’arrêt officiel de la machine en 2001, la Dreamcast reste animée par des passionnés déterminés à faire perdurer son héritage, bien au-delà de sa génération.

