Le vétéran du jeu vidéo Shutaro Ida est décédé le 10 février, à l’âge de 52 ans, des suites d’un cancer du pancréas. Sa famille a annoncé la nouvelle sur les réseaux sociaux, précisant que « son aventure dans ce monde est terminée, mais son œuvre continue de vivre ». Dans un message empreint d’émotion, ses proches ont remercié celles et ceux qui l’ont soutenu au fil des années et exprimé l’espoir que les joueurs continueront à apprécier les titres auxquels il a contribué.
Entré chez Konami en 1996, Ida a débuté comme programmeur avant de rejoindre au début des années 2000 la franchise Castlevania. Il participe notamment à Castlevania: Dawn of Sorrow, épisode marquant de l’ère portable, puis collabore sur des productions majeures comme Metal Gear Solid V: Ground Zeroes et Metal Gear Solid V: The Phantom Pain. Son parcours illustre une trajectoire rare : celle d’un technicien devenu créateur, capable de comprendre aussi bien la mécanique intime du code que la respiration d’un level design.
Plus tard, il rejoint le producteur Koji Igarashi au sein du studio indépendant ArtPlay. Ensemble, ils donnent naissance à Bloodstained: Ritual of the Night, héritier spirituel de Castlevania, où Ida officie comme designer et directeur de jeu. Le projet en cours, Bloodstained: The Scarlet Engagement, prévu cette année, était encore en développement lorsqu’il s’est éteint. Igarashi a salué un collaborateur « exceptionnel », affirmant que de nombreux titres considérés aujourd’hui comme des chefs-d’œuvre n’auraient pas vu le jour sans sa contribution.
Dans un hommage poignant, Igarashi révèle que le diagnostic d’un cancer en phase terminale est tombé en septembre 2024. Il évoque une bataille d’un an et demi « inimaginablement éprouvante » et confie que, malgré la tristesse immense, savoir Ida libéré de la souffrance apporte une forme d’apaisement. « Il pensait constamment aux jeux », écrit-il, décrivant un développeur animé par une passion ardente et une éthique de travail inflexible.
L’industrie du jeu vidéo perd ainsi l’un de ces artisans discrets qui façonnent des univers sans toujours apparaître sous les projecteurs. Son héritage, lui, ne disparaît pas : il se niche dans chaque couloir gothique de Castlevania, dans chaque affrontement nerveux de Bloodstained, dans ces équilibres subtils entre difficulté et satisfaction. Les jeux vidéo sont des œuvres collectives, mais ils portent toujours la marque de ceux qui y insufflent leur flamme.

