Nicky Larson « City Hunter » a été testé sur Switch.
Il y a toujours un petit parfum d’événement lorsqu’un jeu resté longtemps exclusif au Japon finit par arriver chez nous. C’est exactement le cas de City Hunter, un titre sorti à l’origine en 1990 sur PC Engine, et resté pendant plus de trois décennies inaccessible au public occidental. Grâce à Red Art Games, ce jeu inspiré du célèbre manga créé par Tsukasa Hojo refait surface dans une version localisée pour les plateformes modernes.
Pour les amateurs de rétrogaming et les fans de la licence, c’est une vraie curiosité historique. Mais une fois la nostalgie passée, reste à savoir si ce voyage dans le passé tient encore la route aujourd’hui.
Le nettoyeur de la ville entre en scène
Dans City Hunter, on incarne Ryo Saeba alias Nicky Larson, un détective un peu particulier. Son métier : “nettoyeur”. Comprenez par là un homme prêt à accepter des missions dangereuses pour débarrasser la ville de criminels et de complots divers.
Au fil de l’aventure, Ryo infiltre plusieurs organisations douteuses : une entreprise d’électronique, un laboratoire de recherche animale et même une société d’armement. L’objectif est simple : découvrir ce qui se cache derrière ces activités suspectes et remonter la piste d’un complot plus vaste.
Ryo ne sera pas toujours seul dans cette mission. Il peut compter sur l’aide de plusieurs alliés, notamment Kaori « Laura », la sœur de son ancien partenaire disparu. Cette présence renforce le lien avec l’univers du manga et fera sourire les fans de la série.
Un run and gun à l’ancienne
Côté gameplay, City Hunter se présente comme un jeu d’action en défilement horizontal proche dans l’esprit de Rolling Thunder.
Le principe est simple : avancer dans des couloirs, monter ou descendre des escaliers et éliminer les ennemis qui apparaissent à l’écran. Gangsters, soldats, ninjas robots et autres créatures improbables se dressent sur votre route.
Les commandes sont volontairement minimalistes : sauter et tirer. Pas de mécaniques compliquées ici. Pourtant, le jeu reste agréable grâce à une animation fluide et à un tir plutôt percutant. Quelques armes spéciales peuvent également être récupérées en cours de route. Parmi elles, un laser redoutable qui facilite grandement certaines situations… à condition de réussir à le trouver.
Et c’est justement là que commencent les petits soucis.
Un labyrinthe parfois frustrant
Le vrai problème de City Hunter ne vient pas de son action, mais de sa structure.
Le jeu se compose de quatre scénarios. Trois sont disponibles dès le départ, tandis que le dernier se débloque plus tard. Dans chacun d’eux, le joueur explore un bâtiment rempli de couloirs qui se ressemblent énormément.
La progression consiste souvent à ouvrir des portes au hasard jusqu’à trouver un personnage non jouable qui donnera une clé ou une carte permettant d’ouvrir une autre porte ailleurs dans le niveau.
Au début, ce principe fonctionne plutôt bien. On ressent une petite satisfaction lorsqu’on découvre la bonne pièce ou le bon interlocuteur. Mais rapidement, la répétition s’installe. Les environnements finissent par se ressembler, et il devient facile de se perdre dans les couloirs.
On se retrouve alors dans une situation typiquement rétro : revenir sans cesse sur ses pas en essayant de se souvenir de la porte déjà visitée. Les joueurs les plus patients pourraient même être tentés de dessiner leur propre carte sur papier, comme au bon vieux temps.
Une aventure courte… très courte
Malgré ces détours incessants, City Hunter se termine étonnamment vite.
Comptez entre une et deux heures pour atteindre le générique de fin. Une durée de vie qui peut paraître assez maigre aujourd’hui, même pour un jeu rétro.
Heureusement, cette nouvelle version propose quelques ajouts destinés à prolonger un peu l’expérience.
Deux nouveaux modes pour redécouvrir le jeu
Cette réédition modernisée introduit notamment deux nouveaux modes : Enhanced Mode et Hard Mode.
Le premier corrige plusieurs problèmes techniques du jeu original. L’amélioration la plus notable concerne la position du personnage à l’écran. Désormais, Ryo reste toujours centré, ce qui évite certaines attaques surprises venant d’ennemis situés hors champ. On peut également changer de direction en étant accroupi, un détail qui améliore nettement la jouabilité.
Le Hard Mode, lui, s’adresse aux joueurs les plus expérimentés. Les ennemis infligent davantage de dégâts, leur placement change, et leur comportement devient plus agressif. Certains couloirs auparavant vides se remplissent soudain de bandits embusqués.
Le défi devient alors bien plus relevé, parfois même un peu brutal, surtout dans le troisième scénario où les pièges peuvent rapidement mettre fin à votre partie.
Malheureusement, aucun de ces modes ne corrige vraiment le principal défaut du jeu : la navigation confuse dans les niveaux.
Une réédition généreuse pour les fans
En plus des nouveaux modes, cette version moderne de City Hunter propose plusieurs options appréciables pour les amateurs de rétro.
Il est possible de sauvegarder à tout moment, de rembobiner l’action, de modifier le format d’image, ou encore d’activer un filtre reproduisant l’effet d’un écran cathodique d’époque.
Les joueurs peuvent également consulter une galerie d’illustrations, écouter la bande-son du jeu ou admirer des reproductions numériques de la boîte, du manuel et de la célèbre HuCard originale de la PC Engine.
Un ensemble de bonus sympathique qui transforme cette sortie en véritable petit musée interactif.







