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TEST : Legacy of Kain: Ascendance – Est-ce vraiment digne en 2026 ?

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Legacy of Kain : Ascendance

a été testé sur PS5.

Décidément Nosgoth est une destination populaire ces derniers temps ! Suite aux remasters des « Soul Reaver » puis de « Defiance », nous est maintenant présenté « Ascendance ». Un nouveau jeu dans l’univers de « Legacy of Kain » avec pour objectif de boucher quelques trous scénaristiques de la saga vampirique tout en introduisant un nouveau personnage. Sacrée ambition. Mais le résultat est-il à la hauteur ?

ELALETH LA VENGERESSE

Elaleth est une vampire qui ne rêve que de vengeance envers son ancien frère Raziel, de l’époque où tous deux étaient encore humains. Mais suite à une rencontre avec le maître du temps Moebius, elle fut maudite à voyager de manière erratique au travers de différentes époques. Malgré cette ‘légère’ contrainte , et aidée par un mystérieux compagnon à l’âme damnée du nom de Ky’Set’Syk , elle parvient à élaborer un plan au-delà des limites même de la temporalité. Mais mesure-t-elle vraiment l’impact de ses actions ?

Ce nouveau chapitre vidéoludique de la saga Legacy of Kain est, comme vous le voyez, centré sur un tout nouveau personnage, la fameuse Elaleth. Mais il n’y a pas que cela de ‘nouveau’, si l’on peut dire.

Le jeu se présente sous la forme d’un plateformer 2D très classique pour ne pas dire simpliste à l’extrême. Il n’y a strictement rien de très élaboré ici, que ce soit la maniabilité, la technique ou le visuel. Tout est correct et fonctionne parfaitement mais l’ensemble demeure très sommaire. On marche, on combat, on pare, on vole en battant des ailes pour des attaques en piqué. Rien de plus.

Comme tout vampire qui se respecte, la soif de sang de notre héroïne ailée du jour est insatiable et il faut donc régulièrement saigner à blanc les troupes ennemies pour maintenir sa barre de vie dans des proportions acceptables. La seconde barre – violette – symbolisera l’énergie, principalement utilisée pour voler (car non on ne peut pas voler à l’infini).

Elaleth ne sera pas notre seul personnage jouable disponible. Kain et Raziel seront aussi de la partie. Avec une petite particularité pour le héros des Soul Reaver puisqu’il sera possible de l’incarner encore humain ou bien en tant que vampire ailé (et en route pour les colonnes…

Il y aura des phases de plateformes, des séquences de combat, des boss et quelques épreuves bien retorses de vols. Mais rien non plus de véritablement infranchissable. L’aventure se traverse rapidement, ne comptez pas plus de 4 heures pour en voir le bout – et si vous prenez bien votre temps.

Devant tous ces choix assez étonnants, il est bon de se poser des questions ?

Ce jeu était-il celui attendu par les fans de la licence ? Non.
Est-il une digne suite qui sait transmettre toute l’aura si particulière de cet univers ? Non.
Kain ou Raziel sont-ils au centre du récit, ou tout au moins en apprenons-nous plus sur leur destin ? Non.
Les graphismes sont-ils jolis au moins, dans l’essence des superbes jeux 3D que nous avons connus et qui surent nous mettre une claque à l’époque ? Non.
Non, non et encore non. En fait, toutes les questions n’amèneront que des non.

Mais alors, pourquoi ? Pourquoi ce jeu existe-t-il D’où sort-il ? Quelle est son histoire ??

À notre tour de revenir en arrière dans le temps…

KAIN L’IMPITOYABLE

Il fut une époque où la licence « Legacy of Kain » était une des plus respectées de la sphère vidéoludique. Graphismes en avance sur leur temps, ambiance gotholovecraftienne, dialogues shakespeariens… puis le temps passa et la prestigieuse saga tomba petit à petit de son piédestal. ‘Defiance’, un épisode mal accueilli, fut le dernier opus sorti en 2003.

Toutefois son aura demeura intacte et les années passant Kain et Raziel devinrent des figures cultes d’une certaine époque du jeu vidéo.

Nous sommes en 2024 et un Kickstarter est lancé pour la création d’un comics qui serait une préquelle aux jeux. La campagne se finance, le projet se lance, se dessine et sort. Son nom : Soul Reaver – The Dead Shall Rise (‘Les Morts se lèveront’).

On y découvre un Raziel vampire au fait de sa gloire recevant une visite inattendue en sa demeure. La femme qui se présente à sa porte lui confie un pendentif qui fera remonter des souvenirs au saigneur de la nuit.

Cette visiteuse du soir, c’est Elaleth. Et Ascendance est une adaptation directe de ce ‘roman graphique’ (terme très survendu vu le produit). Le truc, c’est que déjà à l’époque de sa sortie – nous sommes alors en automne 2025, soit quelques mois seulement avant l’arrivée du jeu –, l’ouvrage fut très mal perçu par le public, parmi ceux-ci les contributeurs du projet, fort mécontents du résultat.

Pour résumer la liste des griefs, on note un dessin hasardeux très oscillant selon les illustrateurs, une écriture pataude et des erreurs de continuité avec le matériel source. Mais surtout une protagoniste principale amenée comme un cheveu sur la soupe et qui serait pourtant à l’origine de tout ce qui arrive à Raziel (sans parler du fait qu’elle obtient ses ailes avant lui…). Une belle histoire bien moderne comme seule notre époque sait les faire. Bref c’est pas la joie.

Mais la machine est lancée et le titre développé en parallèle pointe le bout de son nez. L’éditeur est le même que pour le comics, Bit Bot Media. Et Bit Bot Media, ce n’est pas un fleuron de l’industrie, loin de là. Il s’agit d’un petit studio multimédia qui, avec ce projet, joue très gros, vu le renom de la licence.

Sans doute trop gros.

RAZIEL LE DAMNÉ

Retour au présent. Quand on parcourt les douze chapitres qui constituent cet ‘Ascendance’, on comprend que nous ne sommes pas là devant un AAA de chez Crystal Dynamics. Cependant, même en admettant une production à (très) faible coût « déjà un choix peu compréhensible vu de quoi on parle… « , il subsiste des choix délibérés plus que douteux. Et dont les graphismes sont le point d’orgue.

Voulant rendre un hommage évident aux Castlevania d’antan, la comparaison entre un épisode mettant en scène un Belmont en route pour occire pour la énième fois le Prince des Ténèbres et ce ‘Legacy of Kain’ ne va pas à l’avantage du titre de 2026. Preuve en image :

Alors on veut bien accepter le pixel-art (devenu quasiment le style signature des ‘jeux indé’) mais il faut tout de même un minimum que cet Ascendance n’atteint pas. Quand on compare avec River City Girls (titre de cœur de votre serviteur), le décalage fait mal.

Autre point bien intriguant en ce qui concerne les cinématiques 3D d’un autre âge. De nos jours même des tout petits moddeurs parviennent à produire des scénettes vidéo certes pas dignes de Rockstar mais tout de même d’une certaine qualité. Alors quand le jeu nous propose ce qui suit, c’est donc totalement délibéré.

Pourquoi ce style plus que old-school ? C’est totalement inexplicable. On ne peut même pas prétendre que c’est un hommage aux anciens épisodes vu que même le tout premier Blood Omen de 1996 possédait des cinématiques de meilleure qualité ! C’est fou…

Sincèrement, on en ressort avec l’impression que le jeu fut pensé pour la toute première génération de smartphones, aux alentours de 2007 donc. On reste assez stupéfait devant de tels choix visuels qui interloquent.

Par contre, l’animation des modèles de dialogue, elle est bien moderne, et même plus que moderne vu que c’est sans grand doute réalisé par IA. Quelques ondulations de cheveux, un coude qui se meut lentement, un déhanché léger… Rien ne nous confirme notre suspicion, mais quand on voit le résultat à l’écran, nous ne sommes pas vraiment dupes.

L’HÉRITAGE DE KAIN, VRAIMENT ?

En clair, la seule question qui demeure, c’est « comment un tel jeu a-t-il pu être produit ? » Qu’un financement participatif pour une BD soit possible, c’est bien sûr envisageable, mais pourquoi diable cette adaptation fut-elle conçue, et avec si peu de moyens, tout en étant parrainée par Crystal Dynamics de surcroît ? Mystère.

Il était évident dès le départ que cette production ne parviendrait pas aux standards de qualité attendus pour une saga si prestigieuse. Et que par conséquent elle subirait les foudres des fans, qui eux attendent un véritable retour de leur antihéros favori.

Pour demeurer positif, on pourra voir dans ce ‘pas-de-côté’ un peu foiré un ‘test’ pour mesurer l’intérêt de la licence auprès des gamers, mais avec une telle proposition on se demande si le résultat escompté ne sera pas contre-productif.

De plus le prix est trop élevé pour ce que c’est. Sur mobile, à petit prix, on n’aurait trop rien dit, mais sur consoles et PC, ce n’est pas acceptable. À la limite, en tant que bonus à faible coût en bundle avec les remasters des Soul Reaver ou de la saga entière, on peut être tolérant, mais pas plus.

AVIS DE LA REDAC

Très grosse déception que ce retour. Avec ces choix incompréhensibles et la présentation d’un nouveau personnage central délaissant la suite du récit que tout le monde attendait, il n’est pas déplacé de dire que ce ‘Ascendance’ a bien fait descendre l’aura de ‘Legacy of Kain’. L’avenir déjà bien incertain devient désormais plus qu’improbable. Pour les plus optimistes, on pourra relever la mise en place ‘officielle’ de la dimension démoniaque, dans laquelle devait prendre place la suite de Defiance. Mais à ce stade rien ne garantit que cela ne soit rien de plus qu’une annonce perdue dans la nuit…

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
70
%
Graphisme
17
%
Animation
37
%
Maniabilité
65
%
Interêt
22
%
Son
70
%
Graphisme
17
%
Animation
37
%
Maniabilité
65
%
Interêt
22
%
LES PLUS
  • Retour à Nosgoth...
  • Quelques trous narratifs comblés...
LES MOINS
  • Si peu de moyen pour une si grand licence
  • Graphismes à la ramasse dû à des choix incompréhensibles
  • Court, répétitif et jouabilité ennuyeuse
42
%
OUI MAIS BOF BOF

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