Pragmata a été testé sur PS5, merci à Capcom de nous avoir fourni une clé.
Une expérience hors-norme
Longtemps resté discret depuis son annonce, et aprés une petite preview qui se trouve ici: Pragmata intrigue autant qu’il fascine. Le nouveau projet de Capcom ne cherche jamais à emprunter les chemins balisés du jeu d’action classique. Ici, tout est question d’atmosphère, de rythme et d’interprétation.
Une proposition atypique, qui ne se livre pas immédiatement, mais qui mérite que l’on s’y attarde.
Une ambiance maîtrisée, presque hypnotique
Dès les premières minutes, Pragmata impose une direction artistique forte. Les environnements futuristes, froids et silencieux, installent une atmosphère, presque irréelle.
Le joueur évolue dans un univers où chaque détail semble calculé. La lumière, les textures métalliques, les espaces vides : tout participe à renforcer cette sensation d’isolement.
Au cœur de cette mise en scène, un duo intrigue immédiatement. Un homme équipé d’une combinaison avancée, accompagné d’une fillette aux capacités étonnantes. Leur relation, suggérée plus que racontée, devient rapidement le moteur de l’aventure.
Un gameplay qui se joue a deux … mais seul !
L’une des grandes forces de Pragmata réside dans son approche du gameplay. Loin d’un simple jeu d’action, le titre propose une expérience hybride mêlant réflexion et coordination.
Le joueur doit constamment jongler entre deux entités : l’une orientée survie et affrontement, l’autre spécialisée dans l’analyse et le piratage, (le hacking).
Ce mode jeu crée des situations intéressantes, où chaque phase demande une certaine anticipation. Les combats ne reposent pas uniquement sur des réflexes, mais sur une compréhension des mécaniques.
Le cœur de Pragmata repose sur une idée simple en apparence, mais redoutablement efficace une fois en main : jouer sur la complémentarité entre deux personnages aux rôles bien distincts.
D’un côté, le protagoniste principal, équipé d’une combinaison avancée, gère les déplacements, la survie et les affrontements. De l’autre, la fillette androïde intervient comme un véritable support tactique, capable d’interagir avec l’environnement numérique.
Cette relation crée une mécanique de coopération. Le joueur ne peut pas se contenter d’agir instinctivement : chaque situation demande d’alterner intelligemment entre action et analyse. La gestion du stress et de la pression sera mise a rude épreuve.
Contrairement à un jeu d’action classique, les affrontements dans Pragmata ne reposent pas uniquement sur la précision ou la rapidité.
Avant même de pouvoir infliger des dégâts, il est souvent nécessaire de passer par une phase de hacking. La fillette intervient alors pour désactiver des protections, perturber les ennemis ou ouvrir une fenêtre d’attaque.
Ces séquences prennent la forme de mini-systèmes à résoudre en temps réel, obligeant le joueur à garder son sang-froid.
Une fois cette étape franchie, le personnage principal peut intervenir efficacement. Ce mode de jeu donne aux combats une vraie tension et évite toute répétitivité.
Protéger la fillette devient essentiel, car elle est au centre de nombreuses actions. Une mauvaise anticipation peut rapidement mener à l’échec.
Cela va créer une dynamique intéressante : avancer, sécuriser une zone, lancer une action de hacking, puis enchaîner avec une phase offensive.
Ce rythme en plusieurs temps donne au jeu une identité forte et renforce l’implication du joueur.
Si les premières heures peuvent sembler déroutantes, le gameplay révèle rapidement toute sa richesse.
Plus le joueur progresse, plus les situations se complexifient, demandant une meilleure coordination entre les deux personnages. Les mécaniques s’enrichissent sans jamais perdre leur cohérence.
Une proposition originale, qui demande cependant un léger temps d’adaptation.
Exploration et interaction
En dehors des combats, Pragmata accorde une place importante à l’exploration.
Les environnements ne sont pas de simples décors : ils sont remplis d’éléments interactifs. Terminaux, portes verrouillées, systèmes de sécurité… autant d’éléments qui nécessitent l’intervention du duo.
Les équipes de développement maîtrisent à merveille le RE engine et ça se ressent du début à la fin !
Le joueur est régulièrement amené à observer son environnement pour comprendre comment progresser. Cette approche renforce le sentiment d’immersion et donne du sens à chaque action.
Un rythme volontairement posé
Pragmata fait le choix d’un tempo inhabituel. Loin de l’action frénétique, le jeu privilégie une progression lente, presque contemplative.
Les phases d’exploration occupent une place importante, laissant le joueur observer, comprendre et s’imprégner de l’environnement. Ce rythme particulier pourra surprendre, voire dérouter.
Mais il participe pleinement à l’identité du titre. Cette lenteur n’est pas une faiblesse, mais un parti pris.
Une narration captivante
Autre élément marquant : la scénario. Pragmata ne livre pas son histoire de manière frontale. Le scénario se construit par touches successives, au fil des découvertes.
Ce choix renforce le mystère, mais peut également créer une certaine distance. Le joueur est invité à interpréter, à relier les éléments entre eux.
Un procédé qui séduira les amateurs de récits implicites, mais qui pourra frustrer ceux en quête d’une narration plus directe.
Développé par le studio à l’origine des sagas Resident Evil et Devil May Cry, Pragmata vous transporte sur la Lune.
Son histoire se déroule à bord d’une station futuriste qui a mystérieusement perdu le contact avec la Terre.
Envoyé sur place pour enquêter, l’astronaute Hugh Williams se retrouve rapidement en difficulté, avant qu’un androïde intrigant, ressemblant à une petite fille, ne vienne à son secours. Baptisée Diana, elle se joint à Hugh pour explorer la station lunaire à la recherche d’un moyen de retourner sur Terre.
Tout au long de leur périple, Hugh et Diana sont pourchassés par une IA hostile qui contrôle le complexe, et vous devez combiner les capacités uniques de ce duo improbable pour survivre aux menaces qui les attendent.
Pragmata propose un système de combat unique mêlant action et puzzles : Diana pirate les robots ennemis pour révéler leurs faiblesses, permettant ainsi à Hugh de les anéantir à l’aide d’un arsenal d’armes à feu.
Ce choix renforce le mystère, mais peut également créer une certaine distance. Le joueur est invité à interpréter, à relier les éléments entre eux.
Un procédé qui séduira les amateurs de récits implicites, mais qui pourra frustrer ceux en quête d’une narration plus directe.
Une réalisation plus que solide
Sur le plan technique, Pragmata s’impose comme une production maîtrisée. Les effets de lumière, les animations et la gestion des environnements témoignent du savoir-faire de Capcom.
La direction artistique est cohérente du début à la fin. Chaque zone visitée semble pensée pour servir l’ambiance globale.
La bande-son, discrète, accompagne efficacement l’expérience. Les silences, en particulier, jouent un rôle essentiel dans cette atmosphère si particulier.
Une expérience qui ne laisse pas indifférent
Malgré ses qualités, Pragmata n’est pas exempt de défauts. Son rythme lent, ses mécaniques parfois exigeantes et sa narration éclatée pourront en rebuter certains.
Mais c’est aussi ce qui fait son charme.
Le titre ne cherche pas à plaire à tout prix. Il propose une vision, une expérience différente, qui tranche avec les standards actuels.
Avec Pragmata, Capcom signe une œuvre à part. Une expérience imparfaite, mais profondément marquante.
Un jeu qui demande de l’investissement, de la patience, et une certaine ouverture d’esprit. Mais pour ceux qui accepteront ses codes, le voyage mérite clairement le détour.









