Préserver l’héritage de SEGA est un sujet qui tient particulièrement à cœur à l’éditeur japonais. Dans une récente interview accordée au magazine Famitsu, le vétéran de l’entreprise Yosuke Okunari a révélé travailler depuis plusieurs années sur un projet aussi ambitieux que fascinant : la création d’une gigantesque base de données interne regroupant l’ensemble des jeux développés ou édités par SEGA.
Selon Okunari, cette base de données est encore loin d’être terminée, mais elle contient déjà une quantité impressionnante d’informations. En excluant les portages et remakes, l’entreprise recense actuellement près de 2 800 jeux différents. En prenant en compte toutes les versions existantes, ce chiffre grimpe à environ 4 500 titres.
Mais le projet ne s’arrête pas à un simple travail d’archivage. Le responsable japonais nourrit une ambition encore plus folle : rendre l’intégralité de ces jeux jouable à l’avenir. Un objectif colossal lorsqu’on connaît la diversité des machines concernées, allant des bornes d’arcade aux consoles Master System, Mega Drive, Saturn, Dreamcast ou encore aux nombreuses plateformes spécialisées exploitées par l’éditeur au fil des décennies.
Entré chez SEGA en 1994, Yosuke Okunari reconnaît toutefois qu’il pourrait ne pas voir ce projet aboutir avant son départ à la retraite. Il envisage ainsi de transmettre le flambeau à une nouvelle génération afin que cette mission de préservation puisse se poursuivre dans les années à venir.
Cette annonce intervient alors que la politique patrimoniale de SEGA suscite parfois des interrogations. Si l’éditeur reste l’un des acteurs les plus actifs en matière de rééditions et de célébration de son histoire, plusieurs jeux classiques ont récemment été retirés des boutiques numériques. En parallèle, la société étudierait également la possibilité de proposer à terme un service par abonnement inspiré des plateformes de streaming, une initiative qui pourrait justement tirer parti de cet immense travail d’archivage.
Pour les passionnés de rétrogaming, ce projet apparaît en tout cas comme une excellente nouvelle. Avec un catalogue aussi riche que celui de SEGA, préserver et rendre accessibles ces milliers de titres représente un enjeu majeur pour l’histoire du jeu vidéo.

