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Critique Cinoche : Supergirl – Une héroïne cabossée dans un film trop bancal

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

Après son apparition dans Superman, Supergirl avait de quoi attirer la curiosité. Milly Alcock semblait pouvoir imposer une Kara Zor-El différente : plus abîmée, plus instable, moins lisse que son cousin Clark Kent. Sur le papier, l’idée était excellente. Dans les faits, le film donne surtout l’impression d’un projet qui possède de bonnes pièces… mais qui n’arrive jamais vraiment à les assembler.

L’histoire suit une Kara perdue dans l’espace, loin de la Terre, enchaînant les planètes hostiles et les réveils difficiles. Sa route croise celle de Ruthye Marye Knoll, une jeune fille décidée à venger sa famille massacrée par Krem des Collines Jaunes. Lorsque Krypto est empoisonné et que le vaisseau de Kara est volé, l’affaire devient personnelle. Le programme est simple : sauver le chien, arrêter Krem, accompagner Ruthye. Trop simple, peut-être.

Une Supergirl qui a du caractère, mais pas assez de trajectoire

La meilleure chose du film reste Milly Alcock. Elle a une présence, un regard, une énergie un peu cassée qui collent bien à cette version de Kara. On sent une héroïne qui refuse le costume parfait, qui traîne ses blessures et qui n’a aucune envie de jouer les symboles lumineux.

Le problème, c’est que le scénario ne lui donne pas grand-chose à traverser. Kara commence le film en héroïne réticente, protectrice malgré elle, et termine presque au même point. Elle agit, elle se bat, elle protège, mais son évolution intérieure reste trop faible. C’est d’autant plus frustrant que son passé sur Krypton aurait pu devenir le vrai cœur émotionnel du film.

Un western spatial qui emprunte beaucoup

Visuellement, Supergirl pioche partout : Mad Max, Star Wars, Les Gardiens de la Galaxie, western poussiéreux, bars extraterrestres, planètes mourantes. Certains designs fonctionnent très bien, notamment les créatures, les costumes et l’apparence de Krem, qui possède une vraie gueule de méchant post-apocalyptique.

Mais à force d’emprunter, le film peine à imposer sa propre identité. On reconnaît les influences, parfois trop. L’univers est chargé, coloré par endroits, mais il manque cette petite étincelle qui transforme un décor en monde mémorable. On regarde souvent un bel assemblage plutôt qu’un univers qui vit vraiment.

Krem et Lobo, deux présences mal exploitées

Matthias Schoenaerts donne à Krem une allure inquiétante, mais le personnage reste creux. On nous explique qu’il est dangereux, puissant et redouté, mais le film ne le prouve jamais assez. Il a le look, il a l’attitude, mais pas l’écriture qui va avec. Résultat : un méchant qui impressionne davantage par son design que par sa menace réelle.

Même problème avec Lobo, incarné par Jason Momoa. Son apparition est fun, son look fonctionne, ses répliques font sourire, mais il semble ajouté pour faire plaisir aux fans plus que pour servir l’histoire. Il débarque, met un peu de bazar, puis repart presque comme s’il venait d’un autre film. Sympa, mais pas indispensable.

Une action trop retenue

Pour un film porté par une héroïne kryptonienne, Supergirl manque parfois d’ampleur dans ses scènes d’action. Kara n’utilise réellement tout son potentiel que très tard, ce qui crée une frustration. On comprend l’idée de garder la montée en puissance pour la fin, mais l’attente est trop longue.

Certaines séquences restent efficaces, mais aucune ne devient vraiment iconique. Le film veut être nerveux, sale, presque “punk”, mais cette attitude reste surtout en surface. La musique, les bars miteux, les lunettes, les planètes brûlées : tout cela donne un style, pas forcément une âme.

Un film coincé entre personnage et franchise

Le plus gros souci vient finalement de là. Supergirl veut raconter Kara, installer Ruthye, introduire Lobo, rappeler Superman, étendre le DCU, jouer la carte du western galactique et parler de trauma. Beaucoup de choses, mais trop peu de profondeur.

Les scènes entre Kara et Superman fonctionnent bien, car leur opposition est claire : lui croit encore au bien, elle voit surtout les blessures. Mais ces moments donnent presque envie de voir un autre film, plus intime, plus centré sur leur relation et sur la manière dont chacun porte l’héritage de Krypton.

AVIS DE LA REDAC

Supergirl n’est pas un naufrage, mais c’est une déception. Milly Alcock mérite clairement de continuer dans le rôle, car elle possède tout ce qu’il faut pour imposer une Kara différente et attachante. Malheureusement, le film reste trop fragile dans son écriture, trop hésitant dans son ton et trop superficiel dans son émotion. Il y avait là matière à faire une vraie aventure cosmique sur le deuil, la colère et la reconstruction. À la place, on obtient un film parfois séduisant, parfois fun, mais rarement marquant. Une héroïne prometteuse, coincée dans un récit qui ne vole jamais assez haut. Supergirl possède une bonne actrice, quelques idées visuelles et une vraie envie de proposer une héroïne plus cabossée. Mais le film manque de cœur, de rythme et de puissance dramatique. Pour un personnage aussi riche, cette première aventure solo aurait dû frapper plus fort.

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • Milly Alcock convaincante en Kara
  • Quelques designs visuels réussis
  • Jason Momoa amusant en Lobo
  • Bonne dynamique avec Superman
  • Un potentiel évident pour la suite
LES MOINS
  • Scénario trop faible
  • Kara évolue trop peu
  • Méchant sous-développé
  • Action pas assez mémorable
  • Lobo semble ajouté artificiellement
  • Émotion trop absente
61
%
CA PASSE BIEN

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