Aux États-Unis, Nintendo se retrouve au cœur d’une nouvelle bataille judiciaire autour des droits de douane. Après l’invalidation de certaines mesures tarifaires mises en place sous Donald Trump, plus d’un millier d’entreprises, dont Nintendo, ont engagé des procédures afin de récupérer les sommes versées. Mais pour deux joueurs américains, une partie de cet argent devrait revenir aux consommateurs ayant acheté des produits dont les prix avaient augmenté durant cette période.
Gregory Hoffert, résidant en Californie, et Prashant Sharan, dans l’État de Washington, ont ainsi engagé une action collective contre Nintendo. Leur argument repose sur les remboursements que le constructeur pourrait obtenir après la décision de la Cour suprême des États-Unis concernant ces droits de douane. Selon eux, puisque les consommateurs ont supporté une partie de leur impact à travers les prix pratiqués, les sommes récupérées par Nintendo devraient également leur profiter.
Le constructeur ne l’entend évidemment pas de cette oreille et demande désormais le rejet de la procédure. Nintendo estime que les clients ont obtenu exactement ce qu’ils avaient accepté d’acheter : une console, un jeu ou un accessoire au prix affiché au moment de la transaction. Pour l’entreprise, l’évolution ultérieure de la situation juridique concernant les droits de douane ne crée donc aucun droit automatique à un remboursement pour les consommateurs.
Nintendo rappelle également qu’il serait difficile d’associer précisément une hausse de prix à ces seules taxes. Le coût final de ses produits dépend aussi de nombreux éléments comme la mémoire, la main-d’œuvre et le transport. La société affirme avoir procédé à des ajustements de prix limités et ciblés, tout en absorbant elle-même une partie des coûts liés aux droits de douane sur certains de ses produits les plus importants commercialisés en 2025, dont la Nintendo Switch 2.
La question sera désormais tranchée sur le terrain judiciaire. Au-delà du cas Nintendo, cette affaire pourrait surtout devenir intéressante pour les consommateurs américains si d’autres entreprises ayant augmenté leurs tarifs obtiennent elles aussi le remboursement de droits de douane précédemment acquittés. Pour Nintendo, la ligne de défense est en tout cas claire : un remboursement obtenu auprès de l’État ne signifie pas que les joueurs doivent à leur tour recevoir la différence.

