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Critique Cinoche : Spiderman Brand New Day – Un 4ème film généreux (mais utile ?)

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Spiderman Brand New Day est sorti en salle le 29 juillet 2026

Quatrième film Spider-Man mettant en scène Tom Holland et 8435ᵉ d’un MCU devenu complètement ingérable, « Brand New Day » est sorti sur nos écrans il y a quelques jours et suscite un enthousiasme mondial monstre (1 milliard de recettes en à peine 5 jours…). Sommes-nous réellement ici en présence d’un film exceptionnel ou bien d’un retour du film de super-héros comme on en attendait plus ?

Voyons tout cela ensemble…

UNE ARAIGNÉE AU PLAFOND

Peter Parker vit dans un monde où tout le monde a oublié son existence. Il consacre l’entièreté de sa vie à sa carrière de justicier, avec l’aide de la police qui a bien compris le poids d’un tel allié. Épiant de loin ses vieux amis Ned et MJ, il tente de trouver un nouvel équilibre dans sa vie.

Mais un jour il subit une étrange… mutation. Celle-ci lui confère de nouvelles capacités inattendues tout en lui donnant des accès de rage incontrôlable. Il devra donc réapprendre à maîtriser ses pouvoirs sous peine de se voir submergé par ces derniers.

Pendant ce temps-là en ville, un puissant télépathe sème le trouble dans la population, pour ne pas dire le chaos. Il semblerait qu’il en veuille particulièrement au DODC, l’organisation en charge de chapeauter tous les problèmes liés aux « gens d’exception ». Spidey, malgré tous ses problèmes, va mener l’enquête…

Bon. Bon, bon, bon, bon, bon.

Spider-Man: Spider-Man: Brand New Day est donc concrètement le 38ᵉ film du Marvel Cinematic Universe et fait suite à « No Way Home », qui lui aussi en son temps fut un carton planétaire. Au sein d’une franchise qui est loin d’être au mieux de sa forme et qui connaît ces derniers temps plus de bas que de haut, il faut bien avouer que le succès de ce ‘Spidey 4’ nous laisse grandement perplexe.

Non pas que le métrage soit de piètre qualité, loin de là. Cependant il n’a rien non plus qui le fasse sortir du lot de la soupe habituelle proposée par Disney/Marvel depuis plus de 15 ans maintenant. Pour être clair, le film n’est pas mauvais… mais il n’est pas bon non plus. C’est un divertissement honnête, un peu brouillon (pour ne pas dire beaucoup) qui ne propose aucune scène marquante ou même quoi que ce soit d’autre qui marquera les mémoires.

Que ce long-métrage de facture moyenne soit devenu le second plus grand démarrage en salle de toute l’histoire et ait rapporté un milliard de dollars en moins d’une semaine nous inquiète grandement pour l’avenir du cinéma pour être d’une grande sincérité. Mais bon, on vit dans un monde où le film « Minecraft » a cartonné… Plus rien ne devrait nous étonner…

Pour en revenir au film en lui-même, un nouveau réalisateur se trouve à la barre après trois films sous la supervision de Jon Watts (un énième YES Man sans importance). Destin Daniel Cretton, réalisateur de Shang-Chi, nous livre un film avec, il est vrai, un peu plus de caractère que précédemment et même quelques idées de plans intéressants (notamment lors des ‘crises’ de Spidey), mais qui ne déroge pas non plus au cahier des charges hyper-calibré. Il faut dire aussi qu’au-dessus de lui il n’a rien de moins que Disney, Marvel et Sony. Rien qu’à l’évocation de ces noms, on comprend que le bonhomme était loin d’avoir les coudées franches sur son travail…

Nous n’avons pas noté de soucis particuliers au niveau des effets spéciaux – ce qui en soi est déjà pas si mal au vu de quelques précédents peu glorieux –, mais également une fois de plus rien de transcendant (aucun effet « Whaou !« ). La musique, quant à elle, est tout simplement insignifiante.

TEL LE PHÉNIX…

Le point le plus remarquable du métrage viendra non pas de lui-même mais de à quel point il puise ses idées dans le travail de Sam Raimi (réalisateur de la trilogie avec Tobey Maguire). C’est bien simple, on pourrait relier les deux films par des dizaines de points de ressemblance tant il y en a. Parfois c’est fait avec des gros sabots, parfois de manière plus subtile.

La crise identitaire, le réapprentissage de ses pouvoirs, la scène de l’ascenseur, de la machine à laver, la voisine qui fait référence à Ursula… on en passe et des meilleurs. « Peter 2 » est même explicitement évoqué lors d’une réplique, alors que « Peter 1 » s’apprête à tester ses nouvelles toiles organiques (résultante de sa mue).

On pourra citer entre autres références « L’autre », un comics dans lequel le jeune Parker doit faire face à son monstre intérieur et aussi d’une certaine manière au symbiote pour tout ce qui est des ‘moments de colère’. Un symbiote qui tôt ou tard pointera le bout de son nez, très probablement lors de ‘Secret Wars’ pour coller avec le célèbre comics (pour rappel, dans le monde du MCU, un symbiote se balade quelque part, issu de l’immonde trilogie ‘Venom’ de Sony…).

Au cours de son investigation pour découvrir l’identité de ce fameux télépathe, Spiderman va côtoyer quelques figures plus ou moins célèbres de l’univers cinématographique Marvel. Tout d’abord le professeur Bruce Banner (Mark Ruffalo), qui contre toute attente enseigne désormais à des étudiants au sein de l’université de New York (?!). Plus tard dans le récit, Hulk viendra irrémédiablement mettre son grain de sel…

On croisera également Yelena Belova (Florence Pugh), la nouvelle Black Widow et figure de proue des « New Avengers » pour une ou deux apparitions au sein de son humide bureau. L’allié le plus présent sera cependant rien de moins que le Punisher (Jon Bernthal) en personne, qui fait donc son entrée officielle dans le MCU version grand écran et qui sera en quelque sorte le personnage de soutien de notre araignée un peu esseulée.

Toutefois la plus marquante des rencontres, celle qui fera date, concernera la rouquine derrière ces attaques télépathiques. Jean Grey. La première véritable mutante du MCU et premier jalon posé pour la future saga X-Men à venir. Et c’est donc Sadie Sink à qui revient le rôle iconique de celle appelée à devenir rien de moins que l’une des entités les plus puissantes de cet univers. Curieux de voir où tout cela va nous mener…

On notera également dans le rôle de directeur du DODC Tramell Tillman, la révélation de ‘Severance’ qui petit à petit se construit une carrière à Hollywood.
Des opus précédents reviennent Jacob Batalon dans le rôle de Ned Leeds et Zendaya dans celui de MJ, ainsi que Marisa Tomei qui reprend les traits de tante May le temps de quelques séquences dans le monde spirituel de Peter.

UNE VÉRITABLE PUNITION

Globalement, il faut bien dire que ce qui nous est raconté ici n’est pas des plus passionnants. Quelques belles intentions ici et là et la mise en place bien appuyée de l’avenir des mutants, mais au-delà de ça, c’est assez creux. L’intrigue est sans grand intérêt dès lors qu’on se fiche de la relation entre Peter, Ned et MJ (des personnages secondaires qui n’ont guère notre sympathie). Une bonne partie du film est par conséquent d’un ennui total.

Pour expliciter les choix absurdes de la production, le film nous présente au détour d’une scène de cinq minutes le trio en train de monter un X-Wing en Lego (?!) alors que de simples cartons nous sont montrés pour résumer les combats de l’Homme-Araignée contre certains de ses adversaires, que Tombstone n’apparaît pas plus de dix secondes et que le Scorpion est présent lors de deux séquences (et pas une de plus). Cette situation est proprement invraisemblable, le temps d’écran aurait dû être proportionnellement inversé ! Et la sensation que l’histoire contée est complètement hors sujet ne fait que s’accentuer au fur et à mesure que l’on avance dans le récit.

En ce qui concerne la partie « X-Men », là encore rien d’affriolant. Car en dehors de Jean Grey (ce qui est déjà pas mal, on vous l’accorde), il n’y a absolument rien d’autre…

Ah si ! Quand même.

Le cheminement du scénario nous fait clairement comprendre que c’est Peter Parker lui-même, à partir du bracelet contrôlant les rayons gamma de Bruce Banner, qui met en place la technologie qui dans le futur donnera les colliers inhibiteurs (dans un concept qui rappelle fortement ce que portait le docteur Octavius dans… Spiderman 2, encore une fois). Là encore ce n’est pas rien et cela annonce de grandes tensions à venir entre Spidey et les mutants.

On l’a dit et on le répète, ce ‘Brand New Day‘ est loin d’être un film remarquable sans non plus être honteux (on lui préfère largement ‘No Way Home’, il n’y a pas photo). Il y a toutefois de très gros soucis à lui reprocher, à commencer par le manque flagrant de prise en compte des conséquences des actes des différents personnages. Alors pas tant ceux du noble héros en rouge et bleu mais plutôt en ce qui concerne son entourage.

Comment est-ce possible de voir Franck Castle déambuler tranquillement dans les rues de New-York alors qu’il est responsable (et fier de l’être) de centaines de morts dans cette même ville. Rien que dans son ‘Special’ il massacrait des dizaines et des dizaines de pauvres bougres (bon ils venaient pour lui faire la peau, mais quand même). Mais que fait la police ?

Par quels truchements improbables Bruce Banner, connu mondialement pour être Hulk, se retrouve-t-il professeur au sein d’un établissement scolaire ? En plein cœur de New-York ! L’administration en charge de l’éducation n’a-t-elle donc aucune conscience des risques encourus par une telle mesure? Comment des parents acceptent-ils que leurs rejetons se retrouvent dans la même pièce que lui ? Tout cela n’a aucun sens…

Dans le même genre, le traitement de Jean Grey laisse plus que dubitatif. Elle agit rien de moins que comme une véritable ‘méchante’ – on hésite à dire ‘terroriste’ tant le mot est fort mais il aurait toute sa place – mettant en danger – de mort ! – une bonne partie de la population new-yorkaise. Tank, bombe, arme à feu, chantage… elle n’a aucune limite. La scène où elle balance un pauvre type qui n’a rien demandé à personne sous un taxi est glaçante.

Alors de deux choses l’une : soit c’est volontaire et cela laisse présager du côté sombre de la Force Phénix qui sommeille en elle soit les scénaristes n’ont cure de l’importance des actes de leur personnage tuant ouvertement des gens innocents sans en comprendre les implications.

Dans un cas comme dans l’autre, c’est extrêmement mal écrit. Il n’y a aucune conséquence ni aucune incidence sur les menaces réelles que représentent ces gens. Le MCU traite par-dessous la jambe les violences passées et présentes de ses personnages… et cela pose un souci de cohérence qui finit par rendre l’ensemble totalement invraisemblable…

Et que dire de la révélation sur ce qu’est le « V-Max » ? Censé être le gros « MacGuffin » de cette histoire, la vérité sur la signification de cette formule nous a laissés pantois tellement c’est risible. Certains pourront cependant y voir une référence au personnage que jouait l’actrice dans Stranger Things.

Il faut aussi mettre en exergue le fait que toute la fin a de toute évidence été charcutée sur la table de montage (en gros de la scène de ‘la balle’ au générique de fin). Pour dire le vrai, c’est tellement sur un autre ton, une autre colorimétrie, un autre style de réalisation que nous avons d’abord cru à une projection mentale de Jean Grey sur Peter…

Mais non, c’est bel et bien la fin du métrage. Il en ressort un sentiment très étrange et une conviction tenace que ce qu’on nous montre n’a rien à voir avec ce qui était prévu à la base (les théories et interprétations inondent déjà les forums de discussions sur la toile…). Quant à la scène post-crédit… Inutile de perdre votre temps, elle ne signifie absolument rien.

AVIS DE LA REDAC

Cela n’en a pas l’air, mais le rédacteur de cette critique est un (ancien) grand lecteur de comics. Mais même pour lui, ce que propose désormais Marvel au cinéma est au mieux ‘vaguement titillant’. Faute à une surabondance de films devenus tous plus insipides les uns que les autres. Et ce « Spiderman Brand New Day » ne fait pas exception. Il n’est qu’un épisode quelconque qui ne fait en rien avancer la machinerie générale du MCU. C’est creux, c’est plat, c’est calibré. C’est chiant. Ça n’a aucune personnalité et pas la moindre audace. C’est cependant fait avec professionnalisme, il faut le reconnaître. C’est bien là le seul point positif à en retenir. En dehors du fait de présenter la première pierre pour les « X-Men », cet insignifiant métrage ne restera pas dans les mémoires malgré son – incompréhensible – carton au box-office.

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • Un univers et des personnages connus
  • Un poil plus de 'caractère' que les trois métrages précédents
  • Préparation en douceur de l'arrivée des X-Men...
LES MOINS
  • Un rouage de plus dans une mécanique usée jusqu'à la moelle
  • incohérences et inconséquences des actes violents des personnages
  • Ned et MJ dont on se fiche éperdumment...
  • Brouillon (ça raconte quoi finalement ?)
49
%
OUI MAIS BOF BOF

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