La saison 2 de Daredevil Born Again est parvenue à son terme tandis que le Punisher lui , a eu droit à un épisode spécial qui tranche – et c’est bien là le bon mot – avec le ton habituel des productions Marvel/Disney. Disons donc un mot sur le retour en grâce de ces deux figures ‘Street-Level’, cette fois sous le giron de la souris aux grandes oreilles.
DAREDEVIL BORN AGAIN…Saison 2
Cette fois, Matt Murdock et Karen Page ne rigolent plus. Ils entrent en mode guérilla urbaine pour faire tomber le maire Wilson Fisk. Malgré leurs efforts, ils demeurent des fugitifs aux yeux du grand public, qui lui se divise quant à leur édile. Est-ce un bon maire ou un caïd ayant pu accéder au pouvoir ?
Cette fournée de huit épisodes propose d’emblée plus de stabilité que la pièce montée que fut la première, mais reste quand même en deçà de la période Netflix du super-héros de Hell’s Kitchen. Car même si on prend plaisir à suivre les aventures de l’avocat justicier, il manque ce petit brin d’ambition folle qui donnait toute sa saveur à la série originale.
Une saveur que l’on retrouve cependant chez Benjamin « Bullseye » Pointdexter, qui a droit et de loin aux meilleures scènes de cette saison ainsi qu’à un développement assez inattendu pour le personnage. Vous ne verrez plus jamais les fourchettes de la même manière…
Fisk lui trimballe sa puissante dégaine dans une intrigue très brouillonne où se mêlent un agent placide de la CIA et une gouverneure un brin nerveuse. Tout cela sur fond de trafic d’armes un brin étrange… Ce n’est pas franchement passionnant mais Vincent D’Onofrio sait y faire avec ce colosse aux allures de gros bébé ; il livre une prestation comme toujours étonnante mais aussi pertinente, comme il en a l’habitude.
Du côté de Daredevil, il trouve de l’aide avec le retour de Jessica Jones qui fait donc par la même occasion son arrivée officielle dans le MCU. Son personnage ainsi que son entourage familial seront de la partie lors de la future saison 3 à venir l’an prochain. Saison qui marquera le retour complet des Defenders…
Les deux héros ne seront pas de trop pour s’opposer à la Task Force personnelle du Caïd, une véritable petite armée privée ayant pris le contrôle des rues de manière assez brutale. Viendront également en renfort l’épéiste Jacques Duquesne (Tony Dalton), dit ‘le Swordman’, déjà vu en saison 1 et surtout introduit dans la série Hawkeye (il est le beau-père de Kate Bishop (Hailee Steinfeld), la ‘nouvelle’ archère du MCU), sans oublier Angela Del Toro (Camila Rodriguez) en Tigre Blanc – ’White Tiger’ si vous préférez – qui reprend le flambeau de son oncle. Elle sera sans nul doute l’apprentie et la sidekick de l’Homme Sans Peur lors de la saison prochaine.
Nous avons aussi droit à l’intrigue Buck/BB/Daniel qui connaîtra une fin tragique et inévitable, la chute psychologique de la psychiatre Heather Glenn (Margarita Levieva) devenant petit à petit son ennemie et Karen (Deborah Ann Woll) qui joue toujours celle qui allume les mèches de la révolte.
En soi l’intrigue tourne pas mal en rond avec en son centre Vanessa, la femme de Fisk qui concentre toutes les attentions – y compris cosmiques – et c’est là le plus gros reproche que l’on peut faire à cette saison : son manque d’enjeu et d’ampleur. En fait le but est « tout simplement » de faire tomber Fisk de son piédestal. Ce qui aura lieu – et c’est finalement assez logique – au cours d’un procès assez mémorable. Ce n’est non plus Daredevil qui tente de vaincre le Caïd, mais Maître Murdock qui veut faire chuter le maire Fisk.
PUNISHER – ONE LAST KILL ‘Special’
Bim Bam Boum
le Punisher est de retour et il est plus en forme que jamais. Ou pas.
Devenu complètement maboul et ne sachant plus quoi faire de son existence maintenant que sa vendetta personnelle est parvenue à son terme, Franck Castle songe très sérieusement à mettre fin à ses jours. Mais la matrone de la famille mafieuse Gnucci, seule survivante de son clan après que le Punisher l’ait décimé, lance un contrat sur l’ex-marine. C’est donc toute la petite racaille de ‘Little Sicily‘ qui va se lancer à ses trousses incessamment sous peu. Et ce n’est franchement pas une bonne idée…
Cet épisode ‘Special’, voulu depuis un moment par Jon Berthal en personne, se doit de raconter en moins de 45 minutes une histoire complète avec un début, un milieu et une fin. Et en soi il y parvient avec un certain succès mais c’est sûr qu’en termes de développement ça va être sur du rapide et de l’efficace.
En soi l’épisode se décompose en deux parties bien distinctes puis une conclusion. La première partie – qui dure 25 minutes – présente là où en est rendu Franck. Seul, recroquevillé dans un esprit tourmenté hanté par des visions, ne sortant de chez lui que pour se rendre sur les tombes de sa famille. Il frôle clairement la folie complète et le pétage de plomb total.
C’est donc au retour d’une de ses funèbres sorties qu’il croise la route de Ma Gnucci (Judith Light – mieux connueconnue comme étant ‘Madame est servie’) et que se lance par conséquent le jeu de massacre qui durera pas loin de 20 minutes. Une vraie boucherie.
Durant ces longues minutes, montrées en temps réel, Franck Castle redevient le tueur à sang froid qu’il est au fond de lui. Il abat sans jamais sourciller des dizaines de pauvres crétins venus le confronter, pensant pouvoir se mesurer à cette bête de guerre impitoyable. Il n’en est bien sûr rien et tous se font démonter la tronche de la pire manière qui soit.
C’est vraiment violent et même limite malsain. Car nous ne sommes pas ici devant une violence ‘fun’ comme dans Mortal Kombat II, mais devant des cinglés qui ne reculent devant rien pour parvenir à leurs fins. Et dans le lot on y inclut Castle, bien entendu. Notez durant la séquence la présence d’un plan de chute en CGI dégueulasse, indigne de Marvel, qui fait la risée des réseaux sociaux…
L’homme est clairement ravagé du bulbe et surtout un monstre se complaisant dans la violence et le meurtre sanglant. La scène prenant place dans la petite épicerie de quartier en fait particulièrement montre avec ces pauvres gars que le Punisher massacre un par un de manière peu justifiée Car même une fois parfaitement neutralisés – démembrés, assommés, pétris de douleurs… –, Franck les achève tous sans la moindre once de compassion ou de sens de la justice (au sens ‘pénal’ du terme). La séquence où il égorge un gars sur le comptoir, pourtant déjà incapable de bouger et ne représentant plus aucune menace, est particulièrement glaçante.
Puis vient la conclusion, un peu ‘brut de pomme’. On y comprend cependant que la doctrine du Punisher a changé. Sa vengeance est terminée mais il reste du travail. De ‘vengeur’, il devient ‘justicier’… Bon, il continue de flinguer les petites frappes sans jugement, mais bon, disons que désormais il est ‘un peu moins cinglé’ et un peu plus au service des autres…
Il n’en reste pas moins un assoiffé de sang qui très vite va avoir en face de lui d’autres véritables héros aux méthodes bien plus nobles. Rendez-vous le 29 juillet dans « Brand New Day », le film Spiderman de cet été…






