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MEGA INTERVIEW : Alex Petit Gamer – Les coulisses de « Petits Gamers Magazine »

De la sauvegarde de ses contenus Facebook à la création d’un média gratuit distribué en médiathèques et accrédité à la Gamescom : pendant onze mois, Alex Petit Gamer s’est investi corps et âme dans Petits Gamers Magazine. Son départ de la présidence était prévu depuis la création de l’association. Mais les tensions et les reproches survenus au moment de cette passation ont profondément atteint son fondateur, au point de le pousser à mettre son activité de streamer en pause et à mettre sa chaîne Alex Petit Gamer en pause pour une durée indéterminée. Il revient sur la naissance de PGM, son développement et sur cette rupture qui dépasse largement son simple départ de la présidence.

La naissance de Petits Gamers Magazine

Mega Force Magazine : Pour commencer, comment est née l’idée qui allait devenir Petits Gamers Magazine ?

Alex Petit Gamer : Au départ, il n’était absolument pas question de créer une association ou un média comme PGM. Tout est parti d’un problème beaucoup plus simple. J’utilisais énormément Facebook pour partager mes créations, mes émissions et mes directs avec ma communauté. Lorsque Facebook a annoncé que les vidéos en direct ne seraient plus conservées indéfiniment, j’ai eu peur de voir disparaître une partie de plusieurs années de travail.

J’ai donc cherché une manière de préserver tout cela autrement. C’est ainsi qu’est né Alex Petit Gamer Magazine, un blog qui devait initialement servir de sauvegarde éditoriale et de prolongement à ma page Facebook. Petit à petit, j’ai commencé à y publier de véritables articles autour de toutes mes passions.

Mega Force Magazine : Que trouvait-on sur ce premier blog ?

Alex Petit Gamer : Du jeu vidéo évidemment, mais aussi du rétrogaming, du cinéma, de la culture populaire, de la nostalgie, des souvenirs et beaucoup de coups de cœur personnels. Très rapidement, le blog a dépassé sa fonction initiale de sauvegarde. Il est devenu une autre manière de partager avec la communauté que j’avais construite au fil des années.

Et comme j’ai toujours été très proche de cette communauté, je me suis demandé pourquoi je serais le seul à écrire. Je voulais donner la parole aux « vrais joueurs », c’est-à-dire aux passionnés qui achètent leurs jeux, les aiment, les critiquent et en parlent sans nécessairement appartenir au milieu professionnel.

Mega Force Magazine : C’est à ce moment-là que tu as commencé à ouvrir le blog à d’autres personnes ?

Alex Petit Gamer : Oui. J’ai proposé à certains abonnés de participer et d’enrichir le blog avec leurs propres articles. L’idée était de permettre à des passionnés qui avaient des choses intéressantes à raconter de devenir eux-mêmes rédacteurs, même s’ils ne possédaient pas une grosse communauté ou une expérience dans la presse. Les retours ont été très encourageants. Et c’est justement à partir de là que j’ai commencé à réfléchir à quelque chose de beaucoup plus ambitieux.

Mega Force Magazine : Qu’est-ce qui t’a poussé à imaginer un véritable magazine ?

Alex Petit Gamer : J’écoutais beaucoup les remarques de ma communauté. Parmi elles revenait régulièrement une critique envers une partie de la presse jeu vidéo, perçue par certains joueurs comme comportant trop de publicité ou étant parfois trop proche des intérêts commerciaux du secteur. Je me suis demandé s’il était possible de proposer quelque chose de différent.

L’idée était assez folle : créer un média culturel gratuit, sans publicité dans ses pages, écrit par des passionnés et disponible physiquement dans des lieux consacrés à la culture, notamment les médiathèques. À partir de ce moment-là, ce n’était plus simplement une évolution du blog. L’idée de Petits Gamers Magazine était réellement née.

Construire une équipe et un média

Mega Force Magazine : Comment as-tu constitué l’équipe autour de cette idée ?

Alex Petit Gamer : Au départ, il y avait déjà quelques abonnés qui avaient testé l’écriture sur le blog. Mais si je voulais transformer cette idée en véritable média, je pensais qu’il fallait réunir des profils différents. J’ai commencé à contacter des personnes disposant parfois de leur propre communauté, tout en continuant à ouvrir la porte à de plus petits créateurs qui souhaitaient grandir avec le projet.

C’est ainsi que des profils comme VirtualGo, spécialisé dans la réalité virtuelle, Simon des Années Récré ou encore Akillamelo ont notamment rejoint l’aventure. Mais l’idée n’était surtout pas de construire une équipe uniquement avec des personnes déjà connues. PGM devait également permettre à des passionnés disposant parfois d’une toute petite audience de trouver leur place et de grandir avec le média.

Mega Force Magazine : Pourquoi avoir choisi le nom Petits Gamers Magazine ?

Alex Petit Gamer : Parce que le projet était directement issu d’Alex Petit Gamer Magazine. Petits Gamers Magazine faisait naturellement écho à mon pseudonyme, Alex Petit Gamer, tout en donnant au nouveau projet une identité collective. Il existait donc une véritable continuité entre les deux.

Lorsque j’ai décidé de me consacrer pleinement à PGM, j’ai mis mon propre blog en sommeil. Pendant les onze mois qui ont suivi, PGM est devenu ma priorité.

Mega Force Magazine : Concrètement, qu’as-tu construit pendant ces onze mois ?

Alex Petit Gamer : Énormément de choses, parce qu’au départ il fallait pratiquement tout créer. J’ai créé officiellement l’association afin de donner à Petits Gamers Magazine une existence légale et juridique. J’ai réuni les membres, travaillé sur les logos et l’identité du média et fait protéger le nom et le design.

J’ai également conçu intégralement le site du magazine et sa structure afin de proposer aux futurs rédacteurs un système simple, cohérent et esthétique. J’ai repris la charte du blog pour l’adapter au nouveau média, établi une ligne éditoriale stricte et structurée, accompagné et formé les nouveaux rédacteurs et créé les différentes plateformes permettant à l’équipe de communiquer et de travailler ensemble.

L’objectif était de construire un modèle suffisamment solide pour qu’ensuite d’autres puissent se l’approprier et le faire vivre.

Mega Force Magazine : Tu as également réalisé les premiers magazines papier ?

Alex Petit Gamer : Oui. J’ai réalisé seul les cinq premiers numéros du magazine papier afin d’en établir le modèle. Il fallait définir son identité, son organisation, sa présentation et rendre l’ensemble suffisamment crédible pour pouvoir ensuite le proposer aux médiathèques.

En parallèle, j’ai recherché des sponsors et des mécènes capables de soutenir financièrement le lancement du projet, parce que cette ambition de proposer un magazine culturel gratuit nécessitait malgré tout des moyens. J’ai également créé les réseaux sociaux de PGM et développé plusieurs projets autour du média.

Plus qu’un simple site de jeu vidéo

Mega Force Magazine : PGM devait justement devenir beaucoup plus qu’un simple site consacré au jeu vidéo ?

Alex Petit Gamer : Oui, c’était vraiment l’objectif. J’ai notamment créé le projet du Musée PGM, qui devait initialement proposer une exposition en septembre 2026 à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. J’ai également imaginé le PGM Show, un événement que je voulais consacrer aux développeurs et aux studios indépendants.

L’idée était de leur offrir un véritable espace pour présenter leurs jeux et rencontrer directement le public. Et puis j’ai créé à Douvaine une Geekothèque, ouverte chaque mercredi, que j’animais moi-même. Elle devait à la fois contribuer au financement du projet et renforcer l’image culturelle de PGM localement.

Je ne voulais pas simplement créer un énième site Internet consacré au jeu vidéo. Je voulais construire quelque chose qui puisse avoir une véritable présence culturelle.

Mega Force Magazine : À quel moment as-tu commencé à réaliser que cette idée un peu folle fonctionnait réellement ?

Alex Petit Gamer : Lorsque les choses ont commencé à devenir concrètes. Au départ, j’avais créé le modèle et les structures. Mais il fallait maintenant les faire vivre. Et c’est là que l’implication des membres est évidemment devenue essentielle.

Je tiens vraiment à être clair sur ce point : PGM est né de mon initiative et du projet que j’avais commencé à construire, mais son développement est ensuite devenu une aventure collective. Les personnes qui se sont investies, énormément pour certaines et plus modestement pour d’autres, ont participé à transformer progressivement ce modèle en véritable média. Et les résultats ont commencé à arriver.

Mega Force Magazine : Notamment avec les médiathèques ?

Alex Petit Gamer : Oui, et c’était une immense satisfaction parce que c’était précisément l’une des idées fondatrices du projet. Les magazines papier ont progressivement été acceptés dans de plus en plus de grandes médiathèques.

Lille, Montpellier, Perpignan, Bruxelles, Montréal… Quand vous partez d’un blog créé initialement pour préserver vos contenus Facebook et que, quelques mois plus tard, votre magazine se retrouve dans des lieux culturels situés parfois à des milliers de kilomètres, forcément, vous mesurez le chemin parcouru.

Mega Force Magazine : Et puis les accréditations presse sont arrivées…

Alex Petit Gamer : Oui. Elles se sont accumulées progressivement et donnaient encore davantage de crédibilité au média. Mais personnellement, il y avait un objectif qui représentait presque l’aboutissement ultime de ce que j’avais voulu construire : voir Petits Gamers Magazine officiellement accrédité à la Gamescom 2026.

Lorsque cette accréditation est arrivée, cela a été une immense fierté. Onze mois auparavant, tout cela n’existait pas. Et désormais, PGM pouvait être présent professionnellement à l’un des événements les plus importants du jeu vidéo mondial. C’est probablement l’un des moments où j’ai été le plus fier de toute cette aventure.

Une présidence temporaire dès le départ

Mega Force Magazine : Pourtant, dès la création de l’association, ton départ de la présidence était prévu ?

Alex Petit Gamer : Oui, et c’est fondamental pour comprendre ce qui s’est passé ensuite. Je n’ai pas quitté la présidence à cause du conflit. Je n’avais jamais eu l’intention de rester durablement président de l’association.

Dès sa création, les statuts précisaient que ma présidence était temporaire. Mon rôle consistait à lancer le projet, construire ses fondations, réunir les personnes nécessaires et mettre en place une structure capable ensuite de fonctionner sans que je sois obligé de tout diriger.

Cette période temporaire aura finalement duré onze mois. Onze mois de travail acharné, de nuits très courtes, de stress et parfois de sacrifices importants. PGM est passé avant beaucoup de choses : ma chaîne, une partie de mon travail et, trop souvent, ma vie familiale. Avec le recul, c’était probablement excessif. Mais j’y croyais profondément.

Mega Force Magazine : Tu pensais donc vivre cette passation comme l’aboutissement naturel de ta mission ?

Alex Petit Gamer : Exactement. Pour moi, transmettre la présidence devait être un moment positif. J’avais créé la structure précisément pour qu’un jour elle puisse continuer sans moi à sa tête. Je pensais donc arriver au terme d’une mission et pouvoir regarder tout ce qui avait été construit avec une certaine fierté.

Je ne m’attendais évidemment pas à recevoir une médaille. Mais après onze mois à consacrer autant d’énergie au projet, je pensais au minimum que cette passation se ferait dans la bienveillance et avec une certaine reconnaissance du travail accompli. Cela ne s’est pas passé comme ça.

Les tensions autour de la passation

Mega Force Magazine : Que s’est-il passé ?

Alex Petit Gamer : Au moment de la passation, les reproches se sont multipliés de la part de certains membres. On m’a reproché de trop me mettre en avant, de m’attribuer les mérites de PGM et j’ai également reçu certains propos que j’ai vécus comme particulièrement violents et insultants.

Mais ce qui m’a probablement le plus atteint, c’est lorsqu’on m’a expliqué, en substance, que je n’aurais jamais créé ce média sans la présence déterminante de telle ou telle personne. C’est là que j’ai eu l’impression qu’on était en train de réécrire l’histoire même du projet.

Mega Force Magazine : Pourtant, tu reconnais pleinement l’importance de l’équipe dans ce qu’est devenu PGM ?

Alex Petit Gamer : Bien sûr. Dire que je suis le fondateur de PGM ne signifie absolument pas que j’ai tout réalisé seul pendant onze mois ou que le travail des autres ne compte pas. Ce serait faux et profondément injuste.

Des membres ont travaillé, écrit, proposé des idées, représenté le média, apporté leurs compétences et participé à son développement. Mais il existe une différence entre être à l’origine d’un projet et participer ensuite à sa construction et à son développement.

PGM est directement issu d’Alex Petit Gamer Magazine. Le concept avait été imaginé avant la constitution de l’équipe définitive. J’avais déjà cette communauté de plusieurs milliers de joueurs, cette volonté de créer un média différent et cette idée d’un magazine culturel gratuit distribué notamment dans les médiathèques.

Ensuite, une équipe s’est constituée et a permis au projet de grandir. Les deux réalités ne sont absolument pas incompatibles.

Mega Force Magazine : C’est précisément ce qui a conduit au débat autour du mot « fondateur » ?

Alex Petit Gamer : Oui. J’ai demandé que mon statut de fondateur de Petits Gamers Magazine soit officiellement reconnu. Pour moi, cela relevait simplement de la réalité historique.

Je ne demandais pas que l’on écrive que j’étais responsable de tout ce qui avait été accompli. Je ne revendiquais pas le travail des rédacteurs ni celui des personnes qui avaient contribué à faire progresser PGM. Je voulais simplement qu’on ne finisse pas par raconter que Petits Gamers Magazine avait été créé collectivement autour d’une table alors que ce n’est pas ainsi que les choses se sont déroulées.

Mega Force Magazine : Cette reconnaissance a finalement été votée ?

Alex Petit Gamer : Oui, à l’unanimité. Et malgré cela, cette question a provoqué encore davantage de colère et de tensions chez certains.

C’est probablement ce que j’ai eu le plus de mal à comprendre. Pourquoi reconnaître mon rôle de fondateur devait-il être considéré comme une manière de diminuer celui des autres ? Pour moi, la réalité est beaucoup plus simple : j’ai fondé PGM et nous l’avons ensuite développé collectivement. Reconnaître l’un n’efface pas l’autre.

Le départ de PGM et la pause d’Alex Petit Gamer

Mega Force Magazine : Il faut donc bien distinguer ton départ de la présidence de ce qui s’est passé ensuite ?

Alex Petit Gamer : Absolument. C’est même essentiel. Mon départ de la présidence était prévu. La mise en pause de ma chaîne Alex Petit Gamer ne l’était pas. Ce sont deux choses complètement différentes.

Je devais transmettre la présidence. C’était prévu depuis la création de l’association et cela faisait partie du projet. En revanche, je n’avais absolument pas prévu d’arrêter mon activité de streamer, de quitter la caméra ou de mettre ma chaîne en pause.

Ce sont les événements survenus autour de cette passation, les reproches, les tensions et surtout le sentiment d’avoir été profondément dénigré par certaines personnes avec lesquelles j’avais construit cette aventure qui m’ont conduit à cette décision.

Mega Force Magazine : Pourquoi cela t’a-t-il atteint davantage que les critiques que tu avais déjà pu recevoir sur Internet ?

Alex Petit Gamer : Parce que cette fois, cela venait de l’intérieur. Comme pratiquement tous les streamers et créateurs présents depuis plusieurs années sur Internet, j’ai déjà connu les haters, les critiques, les moqueries et les vagues de commentaires désagréables. Je me suis toujours relevé.

Mais là, cela venait de personnes que je considérais comme mes frères d’armes. Des personnes avec lesquelles j’avais partagé cette aventure, auxquelles j’avais ouvert les portes du projet et avec lesquelles j’avais essayé de construire quelque chose que beaucoup auraient pu considérer comme utopique ou perdu d’avance au départ.

Quand un inconnu vous attaque sur Internet, cela peut faire mal, mais cette personne ne vous connaît pas. Quand les coups viennent de personnes qui ont travaillé à vos côtés pendant presque un an, la blessure est d’une tout autre nature. J’ai réellement vécu cela comme un coup dans le dos.

Mega Force Magazine : C’est donc cela, et non ton départ de PGM, qui t’a conduit à arrêter ton activité de streamer ?

Alex Petit Gamer : Oui. Je veux vraiment éviter toute confusion là-dessus. Je ne mets pas ma chaîne en pause parce que je ne suis plus président de Petits Gamers Magazine. Je la mets en pause parce que ce qui s’est passé humainement autour de cette passation m’a fait perdre l’envie de continuer.

Cela m’a profondément découragé de faire ce que j’avais pourtant toujours adoré : transmettre, partager, allumer une caméra et passer un moment avec ma communauté.

À un moment donné, j’ai simplement senti que je n’avais plus l’énergie pour continuer à faire semblant que tout allait bien devant une caméra. J’ai donc décidé de mettre mon activité de streamer et ma chaîne Alex Petit Gamer en pause pour une durée indéterminée.

Mega Force Magazine : Est-ce une décision définitive ?

Alex Petit Gamer : Aujourd’hui, je ne peux pas répondre à cette question. J’ai besoin de temps. Du temps pour me recentrer, pour retrouver ma famille, mon travail, ma vie et surtout pour me reconstruire après cette expérience.

Peut-être qu’un jour l’envie reviendra. Peut-être que je rallumerai une caméra. Mais je ne veux pas promettre quelque chose que je ne suis pas certain de pouvoir tenir.

Pour l’instant, Alex Petit Gamer en tant que streamer est en pause pour une durée indéterminée.

Un retour aux sources avec APG Mag

Mega Force Magazine : Pourtant, ton ancien blog semble doucement reprendre vie sous un nouveau nom…

Alex Petit Gamer : Oui. L’ancien Alex Petit Gamer Magazine a récemment été rebaptisé APG Mag. Quelques nouveaux articles commencent à y apparaître, mais volontairement à un rythme très modeste.

Ce n’est pas contradictoire avec la mise en pause de ma chaîne. Écrire quelques articles lorsque j’en ai envie n’implique pas la même exposition ni la même énergie que celle nécessaire pour entretenir une chaîne, faire des directs et être régulièrement devant une caméra.

Et quelque part, APG Mag représente peut-être un retour aux sources. Avant PGM, avant l’association, les réunions, les statuts, les responsabilités, les accréditations et les conflits, il y avait simplement ma communauté, moi et l’envie de parler de mes passions.

C’est peut-être cela que j’ai besoin de retrouver aujourd’hui.

Onze mois qui auront tout changé

Mega Force Magazine : Avec du recul, que retiens-tu malgré tout de ces onze mois ?

Alex Petit Gamer : D’abord une immense fierté. Parce que cette histoire prouve qu’il est possible de partir d’une idée qui peut sembler complètement folle et d’aller très loin avec énormément de volonté.

Quand je regarde ce qui a été construit en onze mois, je ne peux pas faire comme si tout cela n’avait pas existé. Les magazines, les médiathèques, les accréditations, la Gamescom, les projets culturels, la Geekothèque, l’équipe qui s’est constituée… Tout cela est réel.

Et je remercie sincèrement ma communauté de plus de 3 300 joueurs passionnés, parce que sans elle je ne serais probablement jamais allé aussi loin.

Mais j’en retiens également une leçon beaucoup plus difficile. Il est parfois plus facile de construire quelque chose d’ambitieux que de parvenir à préserver sur le long terme la bienveillance entre les personnes qui le construisent.

Mega Force Magazine : Malgré ce qui s’est passé, souhaites-tu que Petits Gamers Magazine continue ?

Alex Petit Gamer : Oui. PGM continuera désormais son histoire avec ceux qui ont choisi de poursuivre l’aventure et leur travail devra être jugé sur ce qu’ils construiront à leur tour.

Je ne souhaite pas effacer leur investissement simplement parce que la fin de mon aventure personnelle avec certains d’entre eux a été douloureuse. Ce serait reproduire exactement ce que je leur reproche.

Mais l’inverse doit également être vrai. Reconnaître ce que les autres ont apporté ne nécessite pas d’effacer celui qui a imaginé et lancé le projet.

Petits Gamers Magazine est devenu une aventure collective. Mais cette aventure possède une origine, et j’en suis le fondateur.

Ce n’est ni retirer quelque chose aux autres ni m’attribuer leur travail. C’est simplement respecter l’histoire du projet.

Une page se tourne

Mega Force Magazine : Finalement, qu’est-ce qui est le plus difficile aujourd’hui : avoir quitté la présidence de PGM ou avoir décidé de mettre Alex Petit Gamer en pause ?

Alex Petit Gamer : Sans hésiter, mettre Alex Petit Gamer en pause.

La présidence de PGM, je savais depuis le début qu’elle serait temporaire. Alex Petit Gamer, en revanche, c’est six années de ma vie. C’est une communauté qui m’a vu rire, jouer, découvrir des jeux, faire des émissions, parfois réussir, parfois me tromper, mais toujours avec cette envie de partager.

Je n’avais jamais imaginé que cette aventure avec PGM puisse finir par me faire perdre l’envie de faire quelque chose que j’aimais depuis autant d’années. C’est probablement cela qui me fait le plus mal aujourd’hui.

Mega Force Magazine : Qu’aimerais-tu dire à ta communauté pour terminer ?

Alex Petit Gamer : Merci. Parce que si j’ai pu construire tout cela, c’est aussi parce qu’il y avait des gens derrière l’écran qui me suivaient, m’encourageaient et me donnaient envie d’essayer des choses parfois complètement folles.

J’aimerais surtout qu’ils ne gardent pas comme dernière image de moi quelqu’un d’abattu ou en colère. Quand j’ai commencé sur Facebook il y a six ans, je voulais simplement partager ma passion, rire avec les gens et jouer sans jamais vraiment me prendre au sérieux.

Je n’avais besoin ni d’un titre, ni d’une fonction, ni d’une accréditation pour être heureux de faire cela. Aujourd’hui, j’ai besoin de m’éloigner de la caméra et de retrouver cette personne.

Peut-être qu’un jour vous retrouverez Alex Petit Gamer devant un jeu vidéo, avec le sourire, plein d’énergie et simplement heureux d’être là. Je l’espère moi aussi.

Parce que derrière les logos, les magazines, les associations, les événements et les accréditations, il y avait depuis le début quelque chose de beaucoup plus simple : l’envie de transmettre ma passion et de donner aux autres l’envie de la partager.

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

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