Après un premier épisode déjà particulièrement original, Tobal 2 revient sur PlayStation avec une ambition nettement supérieure. Toujours développé par Square, le jeu conserve son ADN de jeu de combat en 3D, mais pousse pratiquement tous les curseurs plus loin. Plus rapide, plus technique, plus spectaculaire et surtout beaucoup plus riche, cette suite ressemble rapidement à une véritable démonstration de force.
Et pourtant, Tobal 2 n’est pas uniquement un jeu de baston. Avec son Quest Mode, ses éléments de progression façon RPG, ses donjons et son impressionnant bestiaire, le titre propose une expérience étonnamment complète. Une formule assez inhabituelle à une époque où les jeux de combat commençaient surtout à chercher le spectaculaire. Dommage que cette suite soit restée cantonnée au Japon.
Une baston qui ne tient pas en place
La première chose qui frappe manette en main, c’est la liberté offerte pendant les combats. Ici, pas question de se contenter d’effectuer des déplacements latéraux autour de son adversaire. Les arènes sont réellement en 3D, et les personnages peuvent se déplacer dans toutes les directions.
Cette liberté change beaucoup de choses. On peut chercher le bon angle, esquiver une attaque, se retrouver dans le dos de son adversaire ou tenter de l’envoyer directement hors de l’arène. Les combats gagnent ainsi une vraie dimension tactique.
Le système reprend les bases du premier épisode avec les attaques hautes, moyennes et basses, les coups de poing et de pied, les projections, les contres et la garde. Mais tout est désormais plus rapide et plus fluide. Les enchaînements sont également beaucoup plus nombreux, donnant au jeu une vraie profondeur pour les joueurs qui veulent aller au-delà du simple matraquage de boutons.
Et puis Square a ajouté les boules de feu. Chaque combattant peut charger et envoyer un projectile particulièrement puissant. Une idée assez surprenante pour un jeu de combat aussi technique, mais qui fonctionne parfaitement. Il faut toutefois savoir que l’adversaire peut les esquiver. Pas question de transformer chaque match en concours de tirs de canon.
Des combattants qui ont du style
Le character design signé Akira Toriyama reste évidemment l’une des grandes attractions du jeu. On retrouve cette patte immédiatement reconnaissable, avec des personnages aux silhouettes très différentes et aux personnalités bien marquées.
Le casting propose plusieurs styles de combat, du spécialiste des arts martiaux au combattant plus rapide ou plus lourd. De nouveaux personnages comme Chaco et Doctor V viennent compléter l’équipe, tandis que quelques surprises attendent les joueurs suffisamment curieux pour explorer le jeu dans ses moindres recoins.
Mais le véritable délire commence avec les créatures. Tobal 2 possède un bestiaire absolument énorme, avec près de 200 monstres à découvrir. Et surtout, ils ne servent pas uniquement de chair à canon dans le Quest Mode : une grande partie peut ensuite être débloquée et utilisée dans les autres modes.
Un ours, un dinosaure ou une créature improbable peut donc finir par se retrouver face à un combattant humain. Parce qu’après tout, pourquoi pas ?
Le Quest Mode passe à la vitesse supérieure
C’est probablement ici que Tobal 2 prend toute sa dimension. Le Quest Mode transforme le jeu de combat traditionnel en véritable aventure.
On commence dans une ville qui sert de point de départ. On peut y sauvegarder, rencontrer différents personnages et accéder à plusieurs services. Ensuite, direction les donjons, générés de manière aléatoire, où les ennemis apparaissent au fil de la progression.
Et lorsque le combat commence, on retrouve exactement le même système que dans les affrontements classiques. Pas de petit système simplifié pour les phases RPG : on se bat réellement.
La progression reprend également plusieurs mécanismes propres aux RPG. Les compétences évoluent en fonction de leur utilisation, certaines capacités peuvent être améliorées et différents objets permettent de renforcer son personnage. Il faut aussi penser à récupérer de la nourriture et à gérer son énergie.
Le système de faim peut toutefois devenir assez contraignant. Lorsque la jauge se vide, la santé commence à diminuer. Une mauvaise préparation peut donc transformer une simple exploration en retour express vers la ville. La difficulté augmente également sensiblement dans certaines zones, ce qui peut surprendre après un début relativement accessible.
Deux cents raisons de continuer
Le gros avantage de cette formule, c’est évidemment la quantité de contenu. En plus de la progression classique, Tobal 2 propose une multitude de créatures à découvrir et à débloquer.
Le jeu possède également un mode entraînement particulièrement complet. On peut y travailler les combos, les projections et les différentes techniques avant de se lancer dans les affrontements sérieux. Il est même possible de personnaliser certains éléments de son personnage.
À une époque où les modes d’entraînement commencent seulement à devenir indispensables dans les jeux de baston, Tobal 2 fait clairement partie des élèves appliqués.
Une PlayStation qui montre ses muscles
Techniquement, le jeu impressionne encore aujourd’hui par une qualité bien particulière : sa fluidité.
Les décors ne croulent pas sous les textures et les effets visuels dernier cri. Square a fait un autre choix : privilégier des modèles relativement simples afin d’obtenir une animation extrêmement propre. Et ça fonctionne.
Les personnages bougent avec une précision remarquable. Les cheveux, les vêtements et les mouvements bénéficient d’une animation très travaillée. Les combats restent rapides et lisibles, même lorsque les échanges deviennent particulièrement nerveux.
Les effets lumineux des projectiles apportent également quelques jolies touches visuelles. Pour une PlayStation, le résultat est franchement impressionnant. Tobal 2 démontre surtout qu’une bonne direction technique ne consiste pas forcément à empiler les textures.
Toriyama en pleine forme
Le travail d’Akira Toriyama apporte une vraie personnalité à l’ensemble. Les personnages ont des visages expressifs, des silhouettes immédiatement reconnaissables et ce petit côté manga qui colle parfaitement à l’univers.
Même les créatures les plus étranges profitent de ce style. Le bestiaire donne parfois l’impression d’être sorti directement d’un vieux manga ou d’un épisode de Dragon Ball, sans pour autant transformer le jeu en simple produit dérivé.
C’est probablement ce mélange entre sérieux dans le système de combat et fantaisie dans la direction artistique qui rend Tobal 2 aussi attachant.
Une bande-son magnifique
Et il serait franchement dommage de passer rapidement sur la musique, car elle constitue l’une des grandes réussites du jeu.
La bande-son de Tobal 2 est tout simplement magnifique. Les compositions possèdent une vraie personnalité et accompagnent parfaitement les combats comme les phases d’exploration. Elles peuvent être dynamiques lorsque l’action s’accélère, mais aussi beaucoup plus atmosphériques dans les passages du Quest Mode.
Surtout, les musiques ne donnent jamais cette impression de simple accompagnement sonore. Elles participent réellement à l’ambiance du jeu. Plusieurs thèmes restent facilement en tête et donnent à l’ensemble une identité sonore très forte.
Les effets sonores sont eux aussi convaincants, avec des impacts qui donnent du poids aux coups et des voix qui renforcent l’énergie des affrontements. Pour une production PlayStation de cette époque, Square livre une prestation particulièrement soignée.
C’est un aspect qui peut facilement être oublié lorsqu’on parle de Tobal 2, souvent présenté avant tout comme une prouesse technique. Pourtant, son travail musical mérite clairement d’être mis en avant.
Une suite qui ose
Avec Tobal 2, Square ne s’est pas contenté de reprendre la formule du premier épisode. Le studio a conservé son système de combat en 3D tout en l’enrichissant considérablement, puis lui a ajouté un Quest Mode qui donne une nouvelle dimension à l’ensemble.
Le jeu n’est pas parfait. La gestion de la faim peut agacer, certaines zones sont particulièrement exigeantes et la barrière de la langue complique forcément l’expérience pour les joueurs occidentaux. Mais difficile de ne pas être impressionné par la quantité de contenu proposée.
Entre ses combats techniques, son animation exceptionnelle, son gigantesque bestiaire, son Quest Mode et sa bande-son particulièrement réussie, Tobal 2 reste une curiosité majeure de la PlayStation. Une suite ambitieuse qui avait clairement les épaules pour dépasser son prédécesseur.









