Le jeu Aggelos 2 a été testé sur PS5. Merci à Maximum Entertainment.
Le Metroidvania pixel art a décidément la peau dure. Alors qu’on pourrait croire que le genre a livré tous ses secrets depuis belle lurette, certains jeux arrivent encore à ressortir les vieilles recettes avec suffisamment de personnalité pour nous accrocher à la manette. Aggelos 2 fait partie de ceux-là. Après un premier épisode déjà bien sympathique, cette suite reprend les bases tout en poussant beaucoup plus loin l’exploration. Et surtout, elle ose un petit changement qui fait toute la différence : notre héros peut désormais passer du côté obscur.
Deux mondes, deux façons de jouer
L’aventure se déroule plusieurs centaines d’années après les événements du premier Aggelos. On retrouve donc notre guerrier céleste dans un royaume où les choses ont évidemment très mal tourné. L’histoire reste volontairement en retrait. Il faut sauver le monde, combattre les forces du mal et parcourir des terres dangereuses : pas besoin de trois pages de scénario avant de sortir l’épée.
Le véritable intérêt se trouve ailleurs. Aggelos 2 repose sur deux mondes distincts, l’un lumineux, l’autre beaucoup plus sombre. On passe de l’un à l’autre grâce à différents passages et portails, et chacun possède ses propres ennemis, secrets, boss et possibilités d’exploration.
Cette construction rappelle forcément The Legend of Zelda: A Link to the Past, mais avec une grosse différence : ici, les deux versions du héros ne sont pas seulement un moyen de changer de décor.
Ange ou démon ?
Au début, Aggelos est plutôt limité. Une épée, quelques capacités basiques et beaucoup de chemin à parcourir. Puis les pouvoirs commencent à tomber les uns après les autres. Les ailes permettent de planer, le grappin ouvre de nouvelles routes et d’autres capacités viennent progressivement transformer la carte en véritable terrain de jeu.
La grosse surprise arrive avec la possibilité de passer d’Aggelos ange à Aggelos démon. Et là, le jeu devient franchement plus intéressant.
La forme angélique est plus équilibrée et permet notamment de se soigner plus facilement. Le démon, lui, privilégie la puissance, la vitesse et les dégâts. Les attaques changent également selon la forme utilisée. Certaines capacités permettent même de détruire des projectiles ennemis d’une couleur précise.
Le changement se fait à la volée et il faut apprendre à jongler entre les deux formes. Une bonne idée qui trouve particulièrement bien sa place pendant les affrontements les plus costauds.
Ça tire dans tous les sens !
Le premier Aggelos avait une approche plus traditionnelle. Cette fois, le héros peut également arroser ses adversaires à distance avec des projectiles lumineux. L’épée reste évidemment au cœur des combats, mais les possibilités deviennent rapidement beaucoup plus nombreuses.
Les attaques peuvent être chargées, la magie apporte quelques options supplémentaires et une mécanique de parade vient compléter l’ensemble. Rien de révolutionnaire pris séparément, mais tout fonctionne suffisamment bien pour rendre les affrontements nerveux.
Et les boss sont clairement parmi les meilleurs moments du jeu. Certains demandent de bien observer les attaques, d’autres transforment carrément l’écran en petit festival de projectiles. La difficulté peut alors grimper sérieusement. Les couloirs remplis d’ennemis peuvent également devenir un peu pénibles, surtout lorsqu’on doit repasser plusieurs fois au même endroit.
Heureusement, mourir ne fait pas perdre toute sa progression. Il faut simplement repartir en arrière et refaire une partie du chemin.
Une carte qui déborde de secrets
C’est ici que Aggelos 2 montre son vrai visage de Metroidvania. À chaque nouveau pouvoir, on se retrouve à repenser aux endroits visités quelques heures auparavant. « Tiens, cette plateforme inaccessible… maintenant je peux l’atteindre ! » Et hop, demi-tour.
Le jeu est particulièrement généreux en secrets. Les améliorations de santé, les trésors et surtout les 100 œufs disséminés dans l’aventure donnent envie de retourner fouiller les moindres recoins.
Le problème, c’est que cette générosité peut finir par peser. La carte est bourrée de choses à récupérer et certaines zones deviennent franchement pénibles à retraverser. Le système de téléportation n’est pas toujours aussi pratique qu’il devrait l’être, notamment au début, et certains donjons manquent de points de contrôle.
Le jeu aurait vraiment gagné à mieux accompagner le joueur dans cette chasse aux secrets.
Où est passé ce fichu dernier œuf ?
C’est probablement l’un des plus gros défauts de l’aventure : le manque de suivi de certains collectibles. Quand on sait qu’un objet précis est nécessaire pour obtenir certaines améliorations ou accéder à la meilleure fin, ne pas pouvoir vérifier clairement ce qu’il nous manque devient vite agaçant.
La bonne fin demande d’ailleurs de remplir plusieurs conditions. Rien d’impossible, mais certaines sont suffisamment peu évidentes pour obliger à retourner fouiller la carte sans trop savoir où chercher.
Et quand on approche de la fin avec un seul œuf manquant sur cent, on commence forcément à regarder chaque pièce du décor avec un peu trop d’insistance…
Un pixel art qui fait le boulot
Visuellement, Aggelos 2 reste fidèle à l’identité du premier épisode. Le pixel art est coloré, lisible et surtout très varié. Les environnements changent régulièrement d’ambiance et les deux mondes permettent de jouer sur des atmosphères bien différentes.
Les ennemis sont nombreux et les boss bénéficient de designs réussis. On sent clairement l’influence des productions 16 bits, avec cette volonté de proposer des sprites immédiatement reconnaissables et des décors qui ne cherchent pas forcément le réalisme.
On pourra toutefois regretter que cette suite ne fasse pas un bond graphique plus important. Aggelos 2 ressemble beaucoup à son prédécesseur. Ce n’est pas vilain, loin de là, mais on aurait aimé quelques effets supplémentaires ou une direction artistique encore plus ambitieuse.
Une aventure bien remplie
Côté durée de vie, le jeu trouve un format plutôt agréable. Comptez environ 10 heures pour terminer l’aventure dans de bonnes conditions, avec la possibilité de faire moins si vous foncez vers la conclusion. Et évidemment, l’exploration complète rallonge sérieusement la balade.
Surtout, le rythme est rarement mou. Les nouvelles capacités arrivent régulièrement et donnent presque toujours une raison de repartir explorer. C’est exactement ce qu’on attend d’un bon Metroidvania.
Le revers de la médaille, c’est que le jeu peut parfois donner l’impression de vous faire refaire les mêmes trajets un peu trop souvent. Quelques raccourcis supplémentaires et une téléportation mieux pensée auraient fait beaucoup de bien.
Une suite qui joue la sécurité
La bande-son accompagne correctement l’action et colle à l’ambiance rétro, même si elle ne laisse pas forcément une mélodie inoubliable en tête une fois la console éteinte. Le jeu mise clairement davantage sur son gameplay et son exploration que sur sa mise en scène sonore.
Et finalement, c’est assez représentatif de Aggelos 2. La suite ne cherche pas à réinventer le Metroidvania. Elle prend les bonnes vieilles recettes, ajoute un deuxième monde, deux formes de héros, davantage de pouvoirs et une grosse dose de secrets.
Certains choix de progression viennent malheureusement gripper la machine, notamment le backtracking, les objectifs parfois trop peu indiqués et la chasse aux collectibles qui manque de suivi. Mais lorsque tout s’aligne, le plaisir est bien là. Entre les pouvoirs qui s’enchaînent, les combats de boss réussis et cette sensation permanente de pouvoir enfin atteindre un endroit inaccessible quelques minutes plus tôt, Aggelos 2 retrouve cette petite magie des jeux 16 bits qu’on lançait « juste cinq minutes » avant de se rendre compte qu’une heure venait de disparaître.









