NiGHTS INTO DREAMS a été testé sur Saturn (à l’époque) et sur Steam en version HD
Dans la première moitié des années 90, Sega, qui jouait au coude à coude avec Nintendo pour gagner la guerre de l’ère 16-bits, décide de prendre de l’avance sur son rival avec une console 32-bits, la Saturn, pensée pour être la reine des jeux 2D.
Mais alors qu’elle n’avait pas vue venir Sony avec une Playstation taillée pour la 3D, Sega doit se rendre à l’évidence : il va falloir proposer du lourd pour convaincre les joueurs !
Pendant que les conversions arcade s’enchaînent et sortent au pas de course (Virtua Fighter 2, Daytona USA, Sega Rally, Virtua Cop…) mais qu’un véritable Sonic fait défaut à la console, la Sonic Team dégaine Nights Into Dreams, et éblouit tout le monde lors de sa présentation.
Tenions-nous là un futur incontournable de la machine ?
All Nights Long
Mais alors, quelle histoire se cache sous ce nom intriguant ? La cinématique d’introduction dévoile le pitch du jeu, une histoire qui nous emporte dans un monde où, lorsque les humains s’endorment, ils se retrouvent transportés dans une dimension onirique, faite de rêves (Nightopia) et de cauchemars (Nightmare).
C’est à travers les rêves de 2 enfants que nous allons suivre le scénario, qui doivent récupérer dans Nightopia les orbes tant convoités par le grand méchant de l’aventure, issu du monde de Nightmare, avant qu’il ne s’en empare, et ainsi éviter la destruction de Nightopia.
Nous serons aidés dans notre quête par NiGHTS, serviteur de Nightmare, qui a décidé de se rebeller contre son créateur afin de protéger les humains…
Jedi Nights
Désireux donc de faire le bien, NiGHTS (le personnage), nous invite dans divers mondes enchanteurs afin de le faire virevolter 7 rêves durant, chacun des rêves étant composés de 4 épreuves, pour ensuite finir par l’affrontement d’un boss de Nightmare dont la destruction va mettre fin au cauchemar.
Si le jeu est plutôt court (comptez une petite quinzaine de minutes par rêve), il garde une haute rejouabilité grâce aux scores que l’on peut sans cesse améliorer (le résultat obtenu à chaque épreuve nous attribue une lettre allant de A à F, la moyenne étant faite après le boss pour nous décerner la note finale).
Nous prenons un réel plaisir à parcourir le jeu, à revenir améliorer notre score, et, grâce à une 3D superbe et des polygones fins, le jeu démontre toute la puissance des consoles 32-bits, et le savoir-faire de Sega en la matière.
Les couleurs, chatoyantes, se mêlent à un jeu 3D qui se joue principalement en vue 2D (vue latérale). Mais les variations de level-design sont au rendez-vous : les rêveurs peuvent parcourir le monde comme bon leur semble (façon TPS), et certains niveaux proposent des vues de dessus, ou derrière le personnage.
Le jeu donne ainsi à parcourir des vallées verdoyantes, des montagnes enneigées, des fonds marins et bien d’autres environnements peuplés de divers « animaux » tous plus mignons les uns que les autres, le tout agrémenté d’un niveau final où l’on se croirait en plein rêve psychédélique, avec un boss à renvoyer chez lui manu militari.
Les graphismes nous en mettent donc plein les mirettes, mais le sel du jeu, son essence même n’est pas que dans ses graphismes…
I have a dream !
La partie sonore n’est pas en reste non plus, et la musique, que ce soit celle d’introduction (qui colle parfaitement à la très belle cinématique en CGI), comme celle des menus et du jeu, est une ode à la détente et à la contemplation.
Loin des créations musicales Sega typées arcade et orientées « rock punchy », ici nous avons du velours pour les oreilles avec une bande-originale qui se love au plus près du propos transmis par le jeu, et à l’expérience qu’il procure.
On se sent ainsi plongé au cœur d’un monde onirique dans lequel notre héros se meut au gré des sonorités douces et enjouées, et cela participe grandement à l’immersion.
Mais la grande force du jeu, celle qui fini par nous convaincre et nous achever, c’est l’innovation liée au gameplay mis en place par la Sonic Team.
Non seulement, le jeu propose une maniabilité riche, précise et intuitive, mais elle est sublimée par la toute dernière révolution matérielle créée par Sega : la manette 3D !
Bien que plutôt imposante, ses boutons tombent bien sous les doigts, et elle arbore fièrement un pad 3D multidirectionnel en plus de la traditionnelle croix.
Activable via un simple bouton, ce pad 3D révolutionne la manière de jouer et permet d’enrichir incroyablement le gameplay de Nights Into Dreams, de par sa précision et sa capacité à nous transporter au cœur du jeu !
Ainsi, cela nous permet de déplacer et faire interagir NiGHTS avec une habileté redoutable. Si le jeu est tout à fait jouable avec la manette classique de la Saturn, déjà un modèle du genre, le jeu prend toute sa dimension lorsqu’on s’y frotte avec cette nouvelle manette, et propulse le jeu au rang de chef-d’œuvre tant l’on prend du plaisir à en parcourir le monde.
Si le jeu a quelques défauts, comme une caméra parfois mal placée, ou une durée de vie fondamentalement assez courte, on se régale toujours autant à prendre le contrôle de NiGHTS, même 25 ans après !
Grâce aux versions HD sorties plus récemment, nous pouvons redécouvrir le titre avec des bonus bienvenus (photos, musiques,…), un mode « Saturn » qui permet de jouer au jeu original, et un mode « nouveaux rêves » qui permet de redécouvrir le jeu avec des graphismes retravaillés et une maniabilité sans faille (les joysticks étant devenus la norme sur toutes les manettes).
Une nouvelle version sans grandes surprises certes, mais quand on aime, on ne compte pas !









