Comme un cadeau de noël fait par Sega et Paramount, c’est le 25 décembre 2024 que débarquait Sonic dans nos salles obscures pour une troisième aventure. Fort du succès des deux premiers opus, la mascotte de Sega revient sur grand écran avec une recette qui a déjà fait ses preuves en mélangeant action, humour, aventure et émotions. Alors, ce film Sonic 3 vaut-il le détour ? Notre hérisson a-t-il réussi à se renouveler ou sommes nous face à un film qui sent le réchauffé des premiers volets ?
La scène post-générique de Sonic 2 nous dévoilait déjà le nouveau héros de ce dernier long-métrage en la personne de Shadow. Les fans de la licence le connaissent bien puisqu’il a fait sa première apparition dans Sonic Adventure 2 sur Dreamcast au début du siècle. Depuis, Shadow est devenu un acteur majeur des différents jeux Sonic.
L’histoire sera donc centrée autour de ce hérisson noir et rouge aux pouvoirs incroyables. Sorte de double plus sombre de Sonic, Le film nous apprend que Shadow est arrivé sur Terre bien avant le hérisson bleu mais n’ayant pas eu la chance, à l’inverse de Sonic, de trouver une famille d’adoption et ayant été exploité par les humains, Shadow développa rancœur et tristesse. L’intrigue du film va donc se dérouler autour de la manière dont Shadow va guérir ses blessures du passé afin de délaisser la rancune et la vengeance au profit de l’amour et de l’amitié.
En plus de Shadow, le film va s’attarder sur la généalogie de Robotnik en introduisant un nouveau personnage, son grand-père du nom de Gérald Robotnik. Tout comme Shadow, ce dernier est guidé par un cœur motivé par la vengeance. Les deux Robotnik et Shadow vont donc faire alliance une grande partie du film afin de mettre en place leur plan diabolique.
Malgré le fait que l’on retrouve l’éternel combat entre Sonic et Robotnik, à l’image des jeux, ce troisième film arrive à ne pas tomber dans la répétition. Alors que Sonic 1 et 2 étaient centrés sur l’évolution des protagonistes (Sonic puis Knuckles), Sonic 3 s’attarde surtout à faire évoluer les méchants notamment Robotnik en apportant une nuance inattendue au personnage. On est maintenant habitué à ce que les films prennent des libertés sur les jeux, ce qui sera encore une fois le cas ici avec le personnage de Robotnik qui finalement deviendra l’une des clefs du dénouement de l’histoire.
Il est vrai que les différentes prises de liberté des films sur les jeux avaient fait débat au sein des fans mais, avec le recul, elles s’avéraient nécessaires afin d’apporter un peu de densité aux récits. Quand on regarde le film Mario, qui pour le coup prend très peu de risques (Nintendo sûrement refroidi par le nanar des années 90), on se dit finalement que le film est une bonne campagne promotionnelle pour les jeux mais que l’histoire reste tout à fait basique. Ce Sonic 3 en introduisant des personnages jamais vus dans les jeux apporte de la profondeur à l’univers du hérisson et cela est bienvenu.
Le rythme du film est très soutenu. Après une rapide introduction à Green-Hill où l’on voit Sonic, Tails et Knuckles dans une scène de vie avec Tom et Maddie, l’intrigue décolle : nos héros vont quitter les Etats-Unis pour le Japon puis pour Londres à la poursuite de Shadow, tout cela dans un rythme effréné qui ne retombe à aucun moment. On voit à travers ce troisième opus que la franchise a trouvé son style cinématographique mêlant phases d’aventure et d’exploration, de combats, d’émotions et d’humour – humour toujours majoritairement incarné par Jim Carrey mais un peu moins percutant que dans les premiers films.
Non pas que les blagues tombent à l’eau, mais on sent néanmoins un manque d’imagination ou une forme de redondance. Les punchlines de Robotnik sont également un peu moins mémorables.
Là où ce nouveau Sonic fait clairement un bon en avant c’est au niveau visuel. C’est une claque graphique ! Les détails sur Sonic, Tails, Knuckles et Shadow sont impressionnants, notamment au niveaux des yeux, des épines et des poils. Les scènes d’action et de combats sont aussi grandement menées. Les affrontements entre Sonic et Shadow sont à peu de choses près ce que l’on aimerait voir dans un film Dagon Ball Z. Ça claque ! Quasiment toutes les scènes d’actions sont épiques, c’est un spectacle grandiose. Du point de vue de l’animation et des effets spéciaux, le film met la barre très haut. C’est une totale réussite.
La bande-son accompagne parfaitement l’action se déroulant sous nos yeux, que ce soit au niveau des musiques énervées ou des effets sonores notamment lors des accélérations des hérissons ou encore lors des scènes plus émouvantes, l’ambiance sonore est à couper le souffle. Le doublage français reste du niveau des deux autres films. Le choix de Malik Bentalha n’avait pas plu à tout le monde néanmoins sa prestation est loin d’être ratée. La voix française, l’irremplaçable Emmanuel Curtil, de Jim Carrey fait toujours des miracles d’interprétation.
Concernant les personnages humains, leurs rôles sont quand même moins importants que dans les films précédents, hormis les deux Robotnik. Tom et Maddie sont toujours bien présents mais comparé au premier film où le binôme entre Sonic et Tom était le moteur du film, cette fois-ci c’est surtout la team Sonic, Shadow et les deux Robotnik qui sont mis en avant. L’assistant de Robotnik est toujours là et il faut avouer que son personnage est plus touchant que dans les autres aventures.
La sœur de Maddie fait également une brève apparition mais on sent quand même que sa présence dans le film est légèrement forcée, après c’est vrai que son personnage est assez drôle donc sans ce petit clin d’œil elle aurait peut-être manquée.
Enfin, comme à son habitude, en scène post-générique le film nous tease les nouveaux protagonistes de Sonic 4 déjà confirmé par Sega et Paramount. Ceux qui connaissent bien les jeux peuvent deviner qui ils sont. Petit indice : il y a une gentille et un méchant.









