L’affaire qui secoue actuellement la communauté du retrogaming prend de l’ampleur. Sega est accusé d’avoir fait appel à la police britannique pour récupérer des consoles et kits de développement qu’elle aurait elle-même jetés par négligence. Ces équipements avaient été acquis par un particulier, aujourd’hui considéré comme propriétaire légitime, mais qui a vu son domicile perquisitionné et son matériel saisi.
Très vite, la réaction des passionnés et des défenseurs de la préservation du patrimoine vidéoludique ne s’est pas fait attendre. Le Video Game Preservation Museum (VGPM), qui travaillait à collecter des fonds afin de préserver et documenter plusieurs titres encore non dumpés sur GBA, DS, DSi et 3DS, a tiré la sonnette d’alarme. L’organisation parle d’un véritable désastre pour la préservation, et d’un précédent dangereux si des sociétés privées peuvent s’appuyer sur la police pour récupérer du matériel qu’elles avaient abandonné.
Dans un communiqué, le VGPM prévient que « ce n’est que le début » et que l’affaire pourrait révéler des éléments plus graves encore dans les semaines à venir. Une campagne de financement participatif a d’ailleurs été lancée pour assurer une défense juridique solide et empêcher que ce cas ne devienne une norme dans les litiges entre collectionneurs et éditeurs.
De son côté, le propriétaire lésé affirme que toutes les protections censées éviter les abus policiers ont échoué, allant jusqu’à qualifier l’affaire de test grandeur nature du respect de l’État de droit face aux grandes entreprises mondiales. Des documents déjà publiés viennent nourrir les doutes sur la légitimité de l’opération, certains courriers contradictoires laissant entendre tantôt qu’il devait renoncer à ses droits, tantôt qu’il n’avait jamais été propriétaire. Pour l’heure, Sega UK n’a pas répondu aux sollicitations des médias.
A few press outlets have now covered the SEGA raid story but this goes far beyond a niche legal dispute. What we’re looking at is nothing less than a preservation disaster and a dangerous precedent for collectors, archivists, and the gaming community.
We urgently need the…
— Video Game Preservation Museum (@VGPMuseum) September 9, 2025

