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TEST : Street Fighter The Movie – Une adaptation fantastique du film de 1994 ! Ou pas…

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Adaptation d’une adaptation, Street Fighter The Movie The Game (comme on aime à le surnommer affectueusement) possède une aura aussi nanardesque que le film dont il s’inspire… Mais est-ce vraiment le cas ? Ou bien subit-il à tort la réputation de son œuvre-mère ?  Voyons cela ensemble… Et comme nous sommes chez MegaForce c’est sur Saturn que cela se passe. Nous retrouvons donc plus de 25 ans plus tard la joie d’incarner un Jean-Claude Van Damme de pixels.

COMBATTANT DES RUES

Nous voilà donc devant un épisode de Street Fighter singulièrement à la marge, et pourtant peut-être l’un des plus connus de la franchise. Il se traîne malgré lui une réputation pour le moins désastreuse, qui, soyons clair à ce sujet, lui est injustement accolée. Le temps étant passé par là, il n’est désormais pas plus mal loti que les premiers épisodes de la série ‘classique’ en terme de jouabilité, et peut-être même s’en sort-il mieux sur certains points.

On y note tout de même des ralentissements quand les deux adversaires utilisent des super-coups en simultané, la console ayant un peu de mal à suivre à ces moments-là (notamment sur les effets de flammes). Les puristes trouveront cela intolérable, en ce qui nous concerne nous avons une certaine indulgence face à cela.

Les décors, les musiques, les animations sont certes en deçà d’un opus traditionnel mais ne sont pas honteux pour autant. Les menus sont sobres et efficaces quoiqu’un brin austères. Les arrière-plans des zones de combats sont assurément plus ‘ternes’, moins enjoués, mais ils reflètent au mieux l’ambiance décrite dans le métrage. Le changement de visuel est assurément déroutant mais était indispensable en tant qu’adaptation d’un film de cinéma…

PIXEL ART

Car ce qui lui colle surtout aux basques, ce sont ses graphismes. À l’instar de sa série concurrente – et meilleure ennemie – Mortal Kombat, cet opus sera en effet réalisé en motion capture. Avec les acteurs du film s’il vous plaît ! Et c’est ainsi que l’on retrouve JCVD, Kylie Minogue, Ming-Na Wen ou bien encore Wes Studi dans notre écran de sélection.

Tout cela apporte à la fois un certain cachet et un côté ‘cheap’ qui fait tout le charme de ce Street Fighter à part. Il faut voir l’animation sur fond bleu de notre personnage quand on le sélectionne pour comprendre cet étrange état, entre admiration et consternation. La version Saturn sera cependant la moins fine au niveau de l’apparence des personnages. Leur résolution sera plus élevée sur la concurrente de Sony mais les consoles seront toutes deux écrasées par la version arcade, époustouflante de beauté.

Toutefois le plus étonnant dans ce Street Fighter reste le fait que les différents combattants retrouvent leurs mouvements habituels venus de leurs avatars numériques. Ken et Ryu ont bien leur Hadoken (et pas un flash tout pourri), Cammy son Cannon Spike, Guile son Sonic Boom et Sagat son Tiger Uppercut. Quand bien même leurs versions cinéma sont bien loin de connaître ces mouvements-là !

Pour ce qui est des différents modes, c’est bien loin de la pléthore jalonnant les jeux de baston de nos jours. Un mode arcade (Street Mode), un mode ‘survie’ (Trial Mode), un mode Versus pour deux joueurs et un mode histoire (Story Mode).

C’est sur ce dernier que nous allons revenir un peu plus en longueur dans les prochaines lignes.

Déjà il faut savoir que ce fut le premier mode Histoire à faire son apparition dans la franchise Street Fighter. Ce qui reste une anecdote intéressante à partager quand on veut briller à un dîner mondain. Mais ce sera bien là sa seule qualité car dans les faits elle n’est pas terrible du tout cette nouveauté. Et ce pour une raison simple : il ne s’agit en fait QUE de l’histoire de Guile. Vous ne jouerez donc QUE lui de toute « l’intrigue ». La tristesse. Et encore plus si le soldat à la bannière étoilée tatouée n’a pas vos faveurs. Une quinzaine de combats avec un personnage qu’on n’apprécie pas particulièrement, c’est. Vraiment. Trop. Cool…

Parfois à la fin d’un affrontement, il vous sera proposé deux branches scénaristiques distinctes, à vous de choisir en fonction de vos affinités rocambolesques. Factuellement, il ne s’agit que d’un texte à mettre en surbrillance qui vous orientera vers tel combattant plutôt que vers tel autre. Sachant que le boss final reste Bison bien entendu.

Petite digression sur l’acteur qui se prêta au jeu de la capture de mouvement pour le tyran de Shadaloo : il ne s’agit point de Raúl Juliá, mais de Darko Tuscan (qui travaillera plus tard en tant que coordinateur cascade sur le Matrix des Wachowski).

Bien que la raison de ce changement soit plus que compréhensible (Juliá était soit très malade soit déjà décédé au moment des prises de vues pour le jeu), la différence de carrure entre le Bison du film et le Bison du jeu reste frappante.

D’ailleurs certains autres firent visiblement appel à des doublures car on peut trouver ici et là sur le net le nom d’Emma Kearney pour le rôle de Cammy et celui de Mark Stefanish pour Guile. Au vu du fait qu’il s’agit des deux grands noms du casting, on subodore que les doublures furent sollicitées pour des raisons de coût de production quand la présence des stars n’était pas absolument nécessaire (leur cachet étant moins cher que pour l’acteur belge ou la chanteuse australienne).

PERSOS CACHÉS

Parlons maintenant des personnages spécifiques à ce Street Fighter. Le premier est un grand classique de la licence en tant que bonus caché, à savoir Akuma/Gouki. Interprété ici par Ernie Reyes Sr., il n’est pas présent dans le film (ou alors pour le coup il y est très bien caché). Il existe plusieurs manières de l’affronter dans les différents modes de jeu mais une seule de l’incarner, via un code de triche à l’écran de sélection des joueurs.

Une fois cela fait, on se retrouve, comme pour le reste du roster, avec une vieille connaissance. Il ne diffère guère de ses autres apparitions ludiques de l’époque en termes de coups et attaques.

Ce qui n’est pas le cas du vrai personnage exclusif du jeu : le capitaine Sawada des Nations alliées. Incarné par Kenya Sawada (ce qui est donc son véritable nom), il est en quelque sorte le remplaçant de Fei Long… mais c’est en vérité plus compliqué que ça.

Capcom insista beaucoup à l’époque pour que l’acteur soit dans le « Street Fighter the Movie« , et on sent une histoire pas très nette derrière cette insistance. Peu présent dans le montage final, il gagne tout de même sa présence dans le jeu au milieu des ténors de la série, là où des personnages emblématiques, eux, n’y auront pas droit.

Il existe deux itérations de ce combattant en fonction des versions : avec ou sans katana. La présence ou non de l’arme nippone ne change rien aux coups du guerrier. Certains de ses mouvements sont ultrastylés (son coup de pied avant en arc de cercle) mais son Spécial est totalement risible et on sent bien que les concepteurs du jeu ne savaient pas quoi lui donner comme ‘super-attaque’ (il fonce tout simplement vers l’adversaire en hurlant les bras en l’air, il n’y a même pas d’animations, il reste figé dans son mouvement et glisse sur l’écran…).

Intéressant de noter que Sawada fera également des apparitions dans le dessin animé censé faire suite au film (produit par et pour les USA, précision d’importance) mais en tant que rival de Guile… Comme une revanche à prendre. L’homme serait de plus présent dans un certain ‘Mainichi Issho ‘ sur PS3, une sorte de « Sims » avec la mascotte japonaise de Playstation (le chaton blanc).

Une partie complète avec Sawada. Sa misérable Super est visible à la 35ᵉ seconde…

Il existe de fait un autre personnage exclusif mais cette fois du côté de l’armée de Shadaloo et uniquement sur la version arcade : un certain Blade (rien à voir avec le chasseur de vampires de chez Marvel). Un soldat génétiquement modifié spécialiste du combat au couteau. Il est paraît-il redoutable.T. Hawk et Dhalsim quant à eux sont tellement anecdotiques dans le film que personne n’a même songé à les mettre dans le jeu…

AVIS DE LA REDAC

Voilà ce qu’on avait à dire sur ce Street Fighter The Movie The Game. Pas aussi mauvais que ce qu’on prétend mais tout de même décevant sur certains aspects, surtout avec ce Mode Histoire trop mono-centré sur Guile/JCVD. Ses graphismes qui firent tant parler (et qui furent tant moqués !) sont de notre point de vue un atout indéniable, et la raison pour laquelle on parle encore de ce titre aujourd’hui (bien plus que d’autres épisodes). Avec le recul quelle merveilleuse idée ils eurent là ! Un jeu plus attachant qu’il n’y paraît, témoin d’une autre époque et auquel on s’adonne - qu’on le veuille ou non - avec le sourire aux lèvres. Un signe qui ne trompe pas.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
57
%
Graphismes
56
%
Animation
52
%
Jouabilité
59
%
Intérêt
72
%
Son
57
%
Graphismes
56
%
Animation
52
%
Jouabilité
59
%
Intérêt
72
%
LES PLUS
  • On peut jouer JCVD ! Et Kylie Minogue...
  • Pas aussi mauvais que ce qu'on en dit...
  • Une aura pleine de jovialité
LES MOINS
  • Des ralentissements notables
  • Version la moins fine
  • Menus austères
59
%
CA PASSE BIEN

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