Dans cet épisode 38 de Warétro, direction le Japon féodal avec Tenchu: Stealth Assassins, un titre culte sorti en 1998 sur PlayStation. Développé par Acquire et édité par Activision, le jeu tranche radicalement avec les standards de l’époque. Là où beaucoup privilégient l’action frontale, Tenchu impose une approche plus posée, presque méthodique, centrée sur la discrétion et la patience.
Ici, le joueur incarne un ninja chargé d’éliminer ses cibles sans se faire repérer. Loin des affrontements bourrins, chaque mission demande d’observer les déplacements ennemis, d’analyser les environnements et de choisir le bon moment pour frapper. Cette philosophie de gameplay, encore rare à la fin des années 90, pose les bases d’un genre qui prendra de l’ampleur par la suite : l’infiltration pure.
Le level design joue un rôle clé dans cette expérience. Toits accessibles, chemins alternatifs, zones d’ombre… tout est pensé pour offrir une vraie liberté d’approche. Le célèbre grappin devient rapidement un outil indispensable pour se déplacer en hauteur et surprendre ses adversaires. Les éliminations furtives, mises en scène avec sobriété mais efficacité, renforcent cette sensation de contrôle et d’immersion.
L’ambiance, volontairement sombre et réaliste, participe largement à l’identité du jeu. Entre villages endormis, temples silencieux et forêts brumeuses, Tenchu: Stealth Assassins installe une tension constante. La bande-son discrète et les bruitages accentuent ce sentiment d’infiltration permanente, où chaque erreur peut coûter cher.
Avec le recul, malgré une certaine rigidité dans les contrôles aujourd’hui, Tenchu reste une référence incontournable. Il a marqué toute une génération et ouvert la voie à d’autres licences majeures du genre. Une œuvre fondatrice qui rappelle qu’avant l’ère des blockbusters modernes, l’infiltration savait déjà captiver par sa simplicité et son exigence.

