Les licenciements massifs opérés par Microsoft Gaming (Xbox) au début du mois de juillet continuent de susciter de nombreuses réactions au sein de l’industrie vidéoludique. Alors que plusieurs milliers de postes ont été supprimés dans différentes divisions du groupe, le site spécialisé Game Developer a recueilli les témoignages anonymes de plusieurs employés ayant vécu cette restructuration de l’intérieur. Le constat dressé est particulièrement sévère.
Selon plusieurs sources, l’annonce des licenciements au sein de Bethesda, ZeniMax Online Studios et id Software s’est déroulée dans des conditions particulièrement brutales. Les salariés concernés auraient été convoqués à une très courte visioconférence durant laquelle il leur a été annoncé qu’ils perdaient leur emploi. Afin d’éviter toute réaction immédiate, les microphones auraient été désactivés, les caméras coupées automatiquement et les fonctionnalités de discussion rendues inaccessibles. Certaines de ces réunions auraient duré moins d’une minute avant d’être interrompues.
La situation ne se serait pas arrêtée là. Plusieurs employés auraient été prévenus particulièrement tardivement qu’ils ne devaient finalement pas se rendre au bureau le lundi matin, certains ayant déjà quitté leur domicile lorsqu’ils ont appris la nouvelle. Dans les heures qui ont suivi, les outils de communication internes auraient progressivement été désactivés. La plateforme Slack serait ainsi devenue inaccessible sous 48 heures, tout comme plusieurs adresses e-mail professionnelles, empêchant les employés concernés d’échanger avec leurs collègues ou d’obtenir davantage d’informations concernant leur situation.
Les différents témoignages recueillis par Game Developer traduisent un mélange de colère, d’incompréhension et de désillusion face aux méthodes employées par Microsoft. Plusieurs salariés regrettent notamment l’absence de considération accordée aux équipes touchées par cette nouvelle vague de licenciements, malgré parfois plusieurs années passées au sein des studios concernés.
Un ancien membre d’id Software s’est montré particulièrement critique envers le géant américain, estimant que Microsoft avait détruit « une immense quantité de valeur » à travers cette restructuration. Plus surprenant encore, celui-ci affirme que certaines équipes ont été remerciées avant même que les performances commerciales de leurs projets puissent être réellement évaluées.
« Ils n’ont même pas attendu de voir si le produit serait un succès avant de se séparer des équipes. […] Il n’y a aucun avantage à appartenir à Microsoft. En réalité, ils ont détruit une immense quantité de valeur sans même s’en rendre compte. »
Le même développeur ajoute que la qualité du travail fourni ne semble plus constituer une garantie suffisante pour assurer la pérennité d’une carrière au sein de l’entreprise.
« On a l’impression que nous avons livré un excellent produit, mais que cela n’a absolument aucun impact sur votre avenir dans l’industrie. »
Enfin, plusieurs témoignages soulignent l’évolution particulièrement marquante de la culture d’entreprise au sein de ZeniMax Media depuis son rachat par Microsoft. Autrefois considérée comme une société dans laquelle il était possible d’effectuer l’intégralité de sa carrière, elle ne procurerait plus aujourd’hui le même sentiment de stabilité à ses employés.
« Il fut un temps où l’on venait chez ZeniMax pour y terminer sa carrière. Si vous rejoigniez l’entreprise, vous saviez qu’elle ne vous laisserait pas partir. »
Ces nouveaux témoignages viennent une nouvelle fois illustrer le malaise provoqué par les récentes restructurations opérées par Microsoft Gaming. Si les considérations économiques font désormais partie intégrante de l’industrie vidéoludique moderne, la manière dont elles sont mises en œuvre continue d’alimenter les débats, tant auprès des développeurs que des joueurs. Une chose semble désormais certaine : au-delà des projets annulés et des studios touchés, c’est également la confiance des équipes qui sort profondément ébranlée de cette nouvelle vague de licenciements.

