Vingt ans après avoir fait danser les joueurs sur Dreamcast, Ulala reprend du service. Et cette fois, pas question de rester tranquillement devant son écran à marteler les boutons. Avec Space Channel 5 VR : Kinda Funky News Flash, la célèbre reporter de l’espace passe à la réalité virtuelle et nous embarque dans une nouvelle aventure où il faut bouger, suivre le rythme et surtout éviter de ressembler à un robot en panne de batterie. Développé par Grounding Inc., dont certains membres ont travaillé sur le premier Space Channel 5, mais aussi sur Rez et Panzer Dragoon, ce nouvel épisode a tout du retour rêvé pour les nostalgiques.
Le principe reste pourtant fidèle à la formule originale. On observe, on mémorise et on reproduit les mouvements demandés. Sauf qu’ici, les boutons ont laissé leur place aux contrôleurs de mouvement. Le résultat est immédiatement plus physique. On ne se contente plus de regarder Ulala danser : on danse avec elle. Enfin… dans la limite de nos talents. Et c’est là que le jeu marque son premier gros point.
Ulala danse, vous essayez de suivre
La grande idée de Kinda Funky News Flash est de ne pas faire de vous Ulala. Vous incarnez un reporter débutant, Lou ou Kee, placé derrière la star pendant les différentes missions. Un choix malin. Très malin même. Car pendant que vous tentez de reproduire les mouvements demandés, Ulala exécute elle-même les chorégraphies devant vous.
Résultat : les indications sont beaucoup plus faciles à comprendre que dans le jeu original. Les gestes, les poses et le rythme deviennent de véritables repères visuels. Le concept conserve donc l’esprit du « Simon dit », mais le transforme en expérience physique. Bras à gauche ! Bras à droite ! Pose ! Et surtout, pas de panique si votre salon commence à ressembler à une piste de danse intergalactique.
Le joueur possède même un corps visible dans le jeu. Bon, on contrôle essentiellement les bras, mais l’illusion fonctionne plutôt bien. La caméra suit également les mouvements de la tête, ce qui demande parfois de bien comprendre ce que le jeu attend. Un déplacement latéral peut être réalisé avec les bras dans une séquence, puis avec les pieds dans une autre. Heureusement, la détection reste suffisamment permissive pour éviter les crises de nerfs.
Bouge ton corps, mais pas trop vite !
Les habitués du premier Space Channel 5 risquent d’être surpris par la nouvelle philosophie du jeu. Ici, la difficulté est nettement plus douce. Trois erreurs consécutives peuvent provoquer le game over, mais réussir correctement une séquence permet immédiatement de repartir sur de bonnes bases. On est donc loin de la rigueur parfois impitoyable de l’épisode original.
Et si vous voulez simplement profiter du spectacle, un mode sans game over est disponible. C’est parfait pour les joueurs qui veulent surtout retrouver l’ambiance de la série sans passer leur soirée à recommencer la même chorégraphie.
La détection des mouvements profite également de cette souplesse. Les contrôleurs de mouvement ne sont pas toujours des modèles de précision, mais les gestes restent volontairement simples. Même lorsqu’une commande demande d’utiliser successivement la main gauche puis la main droite, le jeu accepte parfois des mouvements plus approximatifs. Une bonne chose, car autrement certains joueurs auraient rapidement transformé leur salon en zone de catastrophe naturelle.
Quatre niveaux et retour maison !
C’est malheureusement ici que le sourire commence à disparaître. Kinda Funky News Flash est extrêmement court. L’aventure principale ne compte que quatre niveaux et peut être terminée en moins de trente minutes. Oui, vous avez bien lu. Même pas le temps de commander une pizza.
Le problème est encore plus évident lorsque l’on compare cette durée à celle du premier Space Channel 5. Certes, l’épisode Dreamcast proposait lui aussi quatre niveaux, mais ceux-ci étaient plus longs, plus riches et demandaient davantage de maîtrise. Ici, les deux premiers chapitres ressemblent même à des versions condensées d’éléments déjà vus dans les précédents jeux.
Les possibilités de rejouer sont également limitées. Les anciens épisodes récompensaient les secondes parties avec de nouveaux chemins secrets. Ici, les secrets prennent surtout la forme de collectibles bleus à attraper lorsqu’ils apparaissent. La vraie motivation reste donc d’obtenir le score parfait. Pour les complétistes, cela peut prolonger un peu l’expérience. Pour les autres, la fusée risque de rentrer au hangar très rapidement.
Des bonus qui manquent de carburant
Les modes supplémentaires ne parviennent malheureusement pas à transformer le petit format de l’aventure. Le mode Arcade, malgré son nom prometteur, ressemble davantage à une initiation puisqu’il permet simplement de parcourir le premier niveau sans véritable système de score ou de pénalité.
Le défi de 100 niveaux est déjà plus intéressant. Les poses deviennent progressivement plus amusantes et leurs noms participent à l’ambiance complètement déjantée du jeu. Mais là encore, le challenge paraît moins impressionnant que ce que son appellation laisse imaginer.
Le titre propose également une estimation des calories dépensées. Sympa sur le papier. Mais si votre objectif est réellement de faire du sport avec un jeu musical en réalité virtuelle, Beat Saber reste largement plus complet et plus efficace. Ulala vous fera bouger. Elle ne remplacera pas votre séance de sport.
Le charme Dreamcast dans le casque
Heureusement, Space Channel 5 VR possède une arme secrète : son charme. Visuellement, le jeu reprend avec bonheur l’esthétique science-fiction rétro et minimaliste qui faisait l’identité de la série. Ce n’est certainement pas la démonstration technique ultime de la réalité virtuelle, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande.
L’ambiance fonctionne toujours. The Mexican Flyer revient avec son groove jazzy, tandis que la bande-son accueille également quelques influences électroniques plus modernes. Le mélange fonctionne parfaitement avec les chorégraphies. La nouvelle voix d’Ulala, interprétée par Cherami Leigh, apporte également beaucoup d’énergie au personnage.
Et surtout, retrouver Ulala en pleine action possède quelque chose de franchement réjouissant. Après toutes ces années, elle n’a rien perdu de son sens du spectacle. On aurait simplement aimé que l’aventure lui offre davantage de terrain de jeu.





