Le test de Kusan: City of Wolves a été réalisé sur Steam. Merci a l’éditeur pour nous avoir fourni son accès.
Dans une ville rongée par les gangs, le crime, l’insalubrité et même par Brice Hortefeux, une seule personne — enfin, plutôt un seul individu — se dresse contre tout cela : Jin, ancien chat-soldat, vétéran traumatisé par ses années de service, devenu homme à tout faire pour la police. Ce chat ne se laissera pas griffer et mettra un poing sur la ligne. Littéralement.
Un chat, un bras bionique et beaucoup de baffes
Que l’on soit d’accord, même s’il y a quelques variations, la comparaison avec Hotline Miami est inévitable. Tant dans l’aspect que dans le gameplay, ça suinte l’inspiration à tous les niveaux. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, bien sûr, mais l’influence est telle qu’à certains moments, je me sentais vraiment dans un niveau de Hotline Miami.
Un seul coup, une seule balle, vous est fatal. C’est beau, je fais même des rimes. Ce qui vous oblige à planifier vos entrées de salle en salle, aidé par diverses améliorations de votre bras bionique, entre améliorations de compétences ou autres aptitudes supplémentaires. Le tout nécessite des composants, récupérés en dégommant littéralement le mobilier des niveaux. Le respect est parti, et il vous dit merci. Et de deux rimes.
Et je ne parle même pas de Valérie Damidot, qui doit sûrement vous juger dans un coin de la pièce en voyant l’état des lieux.
C’est du die and retry, tout simplement, ce qui ravira assurément nos lecteurs fans de Dark Souls ou Bloodborne. Et Hotline Miami, bien évidemment. Je vous ai parlé de Hotline Miami ?
Plusieurs outils sont toutefois à votre disposition. Déjà, votre bras bionique, qui peut être chargé pour donner une grosse mandale. Il permet également d’ouvrir des portes. Quoi ? Vous ne faites pas comme ça, vous ?
À cela s’ajoutent également un couteau DU FUTUR — bon bah… il est bleu, quoi — et une arme à feu fort utile dans certains affrontements, qui peuvent d’ailleurs se révéler extrêmement retors sur certains passages. Les funérailles de mes deux manettes, tombées valeureusement au combat, auront lieu le 3 septembre à l’église de Trouville-sur-Mer.
Les munitions sont, logiquement, limitées. Il faudra donc apprendre à utiliser chaque outil avec intelligence et à ne pas vider son chargeur sur le premier ennemi venu.
Il y a tout de même, c’est à noter, certaines scènes plutôt impressionnantes, notamment lors des combats de boss. Je pense par exemple au combat contre DJ Garak. Les situations arrivent tout de même à se renouveler, et cela apporte un peu de fraîcheur à l’ensemble, ce qui est réellement appréciable.
Polar noir, museau froid et complot bien poisseux
L’histoire du jeu est globalement ce que l’on peut retrouver dans n’importe quel film noir : une ville gangrenée par le crime, un détective privé qui n’a pas froid aux yeux — ni au museau — et qui doit à tout prix retrouver une petite fille possédant des pouvoirs et mêlée à une conspiration sombre et mystérieuse. Il est appuyé dans sa quête par un lieutenant de police.
Je place ma petite référence ici : cela me fait beaucoup penser à la série de BD Blacksad. Lisez-les, c’est du TRÈS bon.
Car oui, chaque personnage ici est un animal anthropomorphe, c’est-à-dire avec des allures humaines, pour les deux du fond qui ne suivent pas.
Comme dans Blacksad.
LI-SEZ LES !
Bien que classique, l’histoire tient quand même en haleine, notamment grâce aux flash-backs de Jin lors de son service militaire. Cela m’a d’ailleurs fait penser à une scène particulière de la première saison d’Altered Carbon. Regardez, c’est de la bonne. Et de trois rimes !
On reste donc sur du classique, mais efficace, et l’on n’en demande pas plus. Entre nous, si dans ce genre de jeu on me déclarait du Baudelaire, ça m’aurait vite fait fuir.
Les cinématiques, pour leur part, sont présentées comme un roman graphique, comprenez donc comme une bande dessinée. Cela rajoute une patte — de chat — particulière, mais non déplaisante, me rappelant dans une certaine mesure les deux premiers Max Payne.
Est-ce un teaser pour un futur test ? Je ne saurais dire…
Quand le trip-hop rencontre le cyberpunk
Pour ce qui est de la musique, rien à dire : ça fonctionne très bien. Elle est signée par le groupe de trip-hop sud-coréen Loptimist, et cela colle extrêmement bien avec cet univers cyberpunk.
Le tout donne un ensemble homogène et très plaisant, malgré la frustration de mourir toutes les cinq fichues secondes.
La bande-son possède surtout cette capacité à installer une ambiance sombre et urbaine sans prendre toute la place. Elle accompagne parfaitement les déplacements et les affrontements, tout en renforçant cette atmosphère de polar futuriste.
Un vrai bon point pour le jeu.
Un voyage où mourir devient une habitude
Kusan: City of Wolves n’est pas un jeu à mettre entre toutes les mains. Il est violent, viscéral et, de plus, extrêmement exigeant.
Mais passé cela, vous aurez une expérience qui, certes, va vous frustrer au premier abord, mais qui ensuite vous couvrira de satisfaction une fois chaque niveau terminé. Le principe du die and retry fonctionne ici à plein régime : on meurt, on apprend, on recommence et, petit à petit, on progresse.
Un système de scoring permettra d’ailleurs, si votre masochisme latent n’est pas encore suffisamment satisfait, de vous perfectionner au maximum afin d’obtenir la meilleure note possible.
Et c’est là que le jeu devient particulièrement addictif. Une fois un niveau terminé, on commence déjà à se demander si l’on peut faire mieux. Plus rapidement. Avec moins d’erreurs. Et, idéalement, sans envoyer une nouvelle manette rejoindre les deux précédentes au paradis des périphériques.
Sur ce, je vous laisse : je viens de recevoir un appel concernant la disparition d’un lapin.
Peut-être le début d’une grande enquête…




