Blacksad : Under the Skin a été Testé sur Xbox Série X à partir d’un code fourni par l’éditeur (Merci à lui). Screenshots tirés du press kit.
En quelques titres seulement, Microids a su rassembler les joueurs de jeux vidéos et les nostalgiques quarantenaires. Une prouesse qui pourrait être saluer si seulement cette notoriété n’était pas noire comme l’ébène et lui vaudra les doux qualificatifs de « fossoyeurs de licences » ou « destructeurs d’enfance des années 80 » pour les moins insultants…car force est de constater que le palmarès de l’éditeur français n’est pas franchement reluisant : pour un Toki assez remarquable, combien de purges vidéoludiques doit-on subir ?
Entre un Goldorak qu’on qualifiera poliment d’anachronique, un Inspecteur Gadget ridicule, ou encore un Flashback 2 absolument lamentable, c’est Blacksad qui, en 2019, fût décliné en un jeu prometteur sur le papier mais plombé une nouvelle fois par une finition totalement aux fraises. Cinq ans, plus tard, les aventures du plus félin des détectives privés ont miraculeusement droit à une seconde chance avec cette version qui se concentre sur les dernières consoles de Sony et Microsoft. Une annonce aussi soudaine que surprenante et qui laisserait potentiellement espérer que des leçons ont été tirées des cuisants échecs passés pour enfin offrir un jeu digne de la licence qu’il arbore.
Blacksad ! Blacksad ! Tadadadadadadadadam ….Blacksad !!!!
« Au début des années 50, Joe Dunn, propriétaire d’un club de boxe, est retrouvé mort. Depuis lors, sa star montante Robert Yale, censée monter sur le ring pour disputer l’un des combats les plus importants de sa carrière, a mystérieusement disparu. Sonia Dunn, la fille de Joe, qui a pris le contrôle du club doit faire face à des difficultés financières. Elle engage alors le détective privé John Blacksad pour enquêter sur la disparition de Yale et le retrouver. Cette sombre affaire va emmener notre enquêteur dans les tréfonds sales et lugubres de New York. »
Un pitch dans la plus droite lignée des scénarios des romans graphiques de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, puisque les deux auteurs ont collaboré au développement du jeu de Pendulo Studio en tant que consultant pour valider la cohérence entre le jeu et l’univers dans lequel il se déroule. Un gage de qualité qui sera appliqué tout au long d’une aventure captivante et passionnante à suivre. Sans dévoiler quoique que ce soit, l’histoire apportera son lot de rebondissements et de retournements de situations efficaces pour tenir en haleine le joueur tout au long de la douzaine d’heures qu’il faudra pour en voir le dénouement final.
Tout le monde veut devenir Blacksad, parce qu’un Blacksad quand il ressort, retoooooombe sur ses pattes.(musique des Aristochats non inclus)
Pour ceux qui serait passé à coté du titre en 2019, Blacksad : Under the Skin se situe dans un monde anthropomorphique et se présente comme une enquête policière digne des meilleurs polars avec Humphrey Bogart sous la forme d’une aventure narrative. Incarnant le fameux chat détective, le joueur doit récolter indices et témoignages pour avancer et faire la lumière sur cette découverte macabre trop suspecte pour n’être qu’un suicide.
L’occasion de croiser tout un panel de personnages typiques mais suffisamment bien écrits pour que l’on s’y attache : la fille du défunt trop peu expressive pour être totalement innocente, la maîtresse cachée au passé difficile, le boxeur/armoire à glace trop idiot pour mentir efficacement mais trop costaud pour qu’on le lui fasse remarqué, le mafieux qui fait tout pour masquer sa véritable nature et ses intentions mesquines…Cet univers captivant, qui avait déjà été remarqué et salué à sa sortie initiale, a été totalement conservé pour notre plus grand plaisir.
Et pour sa ressortie sur PS5 et Xbox Séries, il faut saluer le travail de fond qu’ont exécuté ses créateurs afin de gommer tous les défauts techniques qui ont littéralement gâché l’expérience des joueurs en 2019. Oubliez les bugs à répétition, les collisions hasardeuses, et les problèmes techniques intolérables de la première mouture, Blacksad : Under the Skin dans sa version PS5 et Xbox Séries est dorénavant stable et jouit d’une réalisation très propre.
Graphiquement agréable, malgré deux ou trois textures s’affichant tardivement et des temps de chargement aussi longs que trop présents, l’ensemble fait sincèrement plaisir à voir. Le côté jeu « petit budget de développement » se ressentira uniquement au niveau de son manque d’ampleur, de part le faible nombre de décors traversés notamment ou encore le manque d’influence de nos choix sur le déroulement de l’histoire. Sobre mais efficace.
Blacksad et chat…r d’assaut !
Les aventures narratives ont la plupart du temps ce défaut de se contenter d’un gameplay très limité voir inexistant, à l’instar du sympathique mais soporifique Harold Halibut. Fort heureusement, Blacksad : Under the Skin, a bénéficié de tout le savoir-faire de Pendulo Studio, à qui l’on doit les très recommandables séries Runaway et Yesterday. Aussi notre « chatective privé », de part sa nature féline, se voit doté d’un focus où sa vue, son odorat et son ouïe permettront de discerner le mensonge de la vérité lors des interrogatoires.
De même, des phases dites de « déduction » vont permettre de relier les indices récoltés entre eux pour progresser dans son enquête. Des scènes certes en rien révolutionnaires et plutôt dirigistes, tout comme les QTE lors des combats. Mais, mises bout à bout, toutes ces séquences ont le mérite de casser la monotonie de gameplay de ce genre de jeu et d’investir le joueur un peu plus encore. On reprochera par contre la lourdeur du personnage principal, associé à un nombre d’aller-retour conséquent (surtout pendant le premier tiers du jeu) et rendant les longs déplacements parfois pénible.
Blacksad ou quand mélodie rime avec chat…rmonie !
Pour parfaire un tableau dans l’ensemble bien restauré, l’aspect sonore de Blacksad : Under the Skin est sans nul doute le plus réjouissant. Avec ses sonorités jazzy et cuivrées en parfaite adéquation avec l’ambiance polar noir de la licence, l’ambiance musicale est un vrai délice aux oreilles. Mais c’est surtout la qualité du doublage des dialogues intégralement traduit dans la langue du commissaire Maigret qui force le respect.
Des répliques confiées à des comédiens de doublage de très haute volée comme Jérémy Covillaud ou Véronique Augereau pour ne citer qu’eux. Si ces noms ne vous disent rien, n’hésitez pas à cliquez sur les liens et vous comprendrez aisément le degré de qualité qui vous attends si vous plongez dans les ruelles sombres et sales de ce New York aussi fascinant que bestial !





