Il y a de profondes joies lorsqu’on suit ses idoles. Mais il y a aussi les grandes tristesses et c’est avec le cœur lourd que la rédaction rend hommage à Benoît Sokal, ange de 66 ans parti bien trop tôt.
C’est quelqu’un le Benoît ! Un phénomène dont les esquisses ont toujours donné le sourire à ceux qui aiment l’aventure, la mélancolie, la noirceur et l’humour subtil.
Sorti d’une école d’art de Belgique, voilà notre bonhomme embauché sous la houlette de Casterman. De fil en aiguille naîtront les aventures de Canardo, inspecteur privé aussi alcoolique que désabusé dont les récits hantent encore l’obscurité du polar. Une épopée étalée sur près de 40 piges. Rien que ça !
Nous noterons aussi son travail effectué sur Le Vieil homme qui n’écrivait plus, production intense qui évoque l’heure de la Résistance.
Mais le créateur est un touche-à-tout. En plus d’être un illustrateur de génie et un scénariste hors-pair, le sieur a eu le bonheur de toucher le monde vidéoludique avec succès. Car au beau milieu des années 90, après 4 années de travail acharné, L’Amerzone pointera le bout de son naseau sur Playstation et PC avec une identité aussi forte que marquée.
L’apogée adviendra avec la saga Syberia où le maître brille comme la plus belle des étoiles. Un feu d’artifice parfaitement calibré qui rappelle à quel point l’artiste est un pur architecte avec notamment 2 premiers épisodes qui se répondent, sorte d’enclave contée avec justesse. Paradise et l’autrement réussi L’île noyée rempliront le CV de cet être fantastique et fascinant.
Son fidèle éditeur de jeu vidéo, Microids, s’est fendu d’un communiqué poignant empreint de justesse. Un discours aux airs inspirés par les nénies en guise d’épitaphe.
Sur Mega Force, les mots nous manquent et c’est avec une amertume profonde couplée à une admiration sans faille que nous nous inclinons devant un génie reconnu et intemporel. Même si Aquarica restera inachevé…
Monsieur Benoît Sokal, vos pérégrinations restent et resteront au plus profond de notre âme.



