Clair Obscur – Expédition 33 a été testé sur PS5
Annoncé en grandes pompes à renfort de trailers et autres cinématiques, Clair Obscur – Expédition 33 nous est proposé par Sandfall Interactive (un développeur français !) et promet une belle aventure au scénario grandiose et à la direction artistique implacable. La preview, réalisée il y a peu (à retrouver ici), nous laissait entrevoir un vrai titre AAA (AAAA ?) taillé pour nous donner beaucoup de plaisir manette en main. Alors, clarté ou obscurité pour ce jeu ?
C’est Clair haaaan !
Alors que l’on débutait directement dans le premier chapitre du jeu lors de notre preview, nous laissant un peu perdu quand aux mécaniques et aux enjeux scénaristiques, Expedition 33 commence bel et bien par un prologue narratif qui nous détaille le récit qui sera le point de départ de nos aventures.
Dans un monde typé français, à la fois baroque et légèrement steampunk, le monde de « Lumière » est en proie à une « Peintresse » qui décime les générations d’humains. Pour cela, chaque année, elle « peint », au delà des mers, le nombre correspond aux âges des personnes qui vont quitter ce monde, et passer de vie à trépas.
La Lumière lutte ainsi depuis des décennies contre cette entité maléfique en envoyant des Expéditions à ses trousses, mais ces dernière ont toutes échouées, la Peintresse étant farouchement défendue par nombre d’ennemis qui auront eu raison de tous les habitants ayant tenté de s’en approcher.
L’Expédition 33, numérotée ainsi pour défendre l’avenir des âmes de moins de 33 ans restantes, part donc dans une ultime bataille, entre espoir et désillusion des ravages passés. Nous alors donc suivre plusieurs héroïnes et héros au fil de l’aventure, qui constitueront une équipe pleine de volonté. Mais cela sera t’il suffisant pour enfin mettre un terme à la folie de cette « Peintresse » ?
Je peux pas m’la voir en peinture celle-là !
L’histoire, vous le voyez donc, est assez atypique, surprenante et très bien racontée et mise en scène. On se prend immédiatement d’empathie pour nos héros qui luttent pour sauver leurs amis et leur famille, et la relation qu’ils nouent au fil de l’aventure, entre tons comiques et réflexions sur leur avenir, nous plonge définitivement dans un récit percutant que l’on se régale à suivre du début à la fin.
Indéniablement gros point fort du jeu, la narration est menée tambours battants et nous prend aux tripes tout au long de l’aventure, d’autant qu’elle est sublimée par une mise en scène digne des plus gros blockbusters hollywoodiens, entre graphismes, animations et piste sonore maitrisés de bout en bout.
Le jeu est ainsi découpé entre une sorte de « hub » : la carte principale du jeu qui est une zone que l’on peut parcourir plus ou moins librement, jonchée d’ennemis, et d’autres zones « fermées » que l’on explore au fur et à mesure de notre épopée (ou pas, on peut y aller quand on veut même si un message d’avertissement peut tempérer nos envies).
Il est donc conseillé de se laisser porter par l’aventure, les montées en niveau se faisant assez régulièrement pour ne pas ressentir un besoin de faire du level-up à tout va pour arriver à la fin avec 30 niveaux au-dessus du nombre requis…
On peut faire un « camp » sur la zone ouverte, ce qui permet de se reposer (et donc de se régénérer), de parler avec les autres membres de l’équipe (ce qui permet de développer nos relations), et, plus terre à terre, d’attribuer les points de compétences et autres bonus qui pourront nous servir en jeu. Vient alors la suite, à savoir parcourir les zones faisant avancer l’aventure.
Et pour cela, n’y allons donc pas par 4 chemins (généralement, c’est assez dirigiste de toute façon) : c’est magnifique ! Que ce soient les décors, le bestiaire, nos personnages (Gustave, Maëlle et bien d’autres,…) tout est admirablement travaillé, d’une grande finesse, le tout sublimé par une direction artistique maîtrisée. L’Unreal Engine fait des merveilles, et le léger grain que l’on peut trouver sur les visages des personnages est bien le seul écueil à reprocher aux graphistes qui ont fait un très beau travail sur l’ensemble du jeu.
Que cela soit dans ces zones ou dans la carte du monde, l’onirisme est de mise, entre les décors somptueux et les ennemis ou peuples surprenants, entre combats frénétiques et effets spéciaux grandioses, tout respire et transpire l’art méticuleux de la création artistique ! Chapeau !
L’empire du côté Obscur
Mais, comme dirait Cyril Lignac : c’est beau visuellement, mais est-ce bon ? (est-ce gourmand ET croquant ?)
Et bien oui ! Passons rapidement sur la fluidité et sur la jouabilité, à toute épreuve sur les consoles actuelles, et attardons nous sur le gameplay. Sous couvert d’un jeu de rôle typée Final Fantasy (combats au tour par tour), Clair Obscur – Expédition 33 adapte ce système avec des touches actuelles : les contres ou les esquives seront à faire à la volée, en temps réel, tout comme l’engagement des combats, qui pourra se faire en amont et vous donner un certain avantage en début de duel.
De plus, certaines compétences et bonus vous permettent de faire en sorte que votre tour arrive plus rapidement, et les contres, souvent dévastateurs, sont un élément essentiel de la victoire (notamment contre les ennemis les plus coriaces).
Sur la longueur, les combats au tour par tour se jouent finalement de la même façon : attaques, contres, attaques,…etc et cela peut donner une sensation de répétition, d’autant qu’une fois appris, les patterns des ennemis ne changent pas vraiment. Heureusement, le bestiaire, lui, change régulièrement, ce qui permet d’éviter une trop grande répétitivité.
Le reste est plus classique : armes à trouver, à améliorer – tout comme les sorts – avec des arbres de compétences et des bonus à octroyer pour améliorer nos stats. On retrouve également des spécificités selon le personnage, entre l’attaquant pur et dur ou le lanceur de sort à distance par exemple. Mais tout cela peut être modulé selon vos envies, et c’est particulièrement agréable.
Le seul bémol de ce système est qu’il est inutilement complexifié : les effets des améliorations ne sont pas souvent bien expliqués, et les caractéristiques des personnages, et leurs attaques, varient selon certains facteurs qu’il est difficile d’assimiler, surtout au début. On se retrouve donc, les premières heures, à chercher les différences selon les attaques que l’on porte, afin d’apprendre à mieux utiliser nos bonus et nos attributs.
Dur à décrire dans un test écrit, ce côté complexe n’est pourtant pas rédhibitoire puisque l’on s’y fait tout de même, mais il est à signaler ce qui semble être le seul point faible du jeu : il ne faut pas s’y arrêter tant le reste prend le dessus aisément.
Le chant du Coq
Sachez que le jeu se boucle en une trentaine d’heures, plus ou moins selon que vous allez farfouiller à droite ou à gauche de temps en temps. Très honorable, mais le temps passe vite quand on parcourt un jeu aussi plaisant, alors on en aurait aimé encore plus !
Et pour terminer ce test en beauté, parlons de la piste sonore. Si l’on n’a rien à reprocher aux divers bruitages qui jonchent le jeu, plutôt classiques, on ne peut que saluer la qualité du doublage, qui nous permet de suivre l’aventure en compagnie de héros attachants, avec parfois une touche de mièvrerie, mais surtout quelques références comiques et un discours souvent pessimiste que l’on ressent parfaitement grâce aux voix qui collent parfaitement aux personnages.
A cela s’ajoute la bande son, de Lorien Testard, avec la participation d’Alice Duport-Percier, chanteuse et compositrice, et l’ensemble donne un vrai corps au récit et à l’aventure, nous transportant de belle manière dans ce monde fantasy de toute beauté. Avec des thèmes à la fois effrénés et calmes, la bande originale joue parfaitement la carte du classicisme en mettant en valeur chaque moment important, renfonçant efficacement l’emprise du jeu sur nous.











