Testé sur PlayStation 5
Days Gone Remastered : le chant usé d’un monde qui tourne en rond?
Décidément, les bonnes nouvelles s’enchaînent : après la sortie de Clair Obscur expédition 33 et le retour impressionnant d’Oblivion Remaster, c’est au tour de Days Gone Remastered d’arriver sur les routes de service des serveurs PS5 et PC Steam.

Days Gone Remastered – Une version optimisée pour revivre l’expérience de survie sur PS5.
Quand l’Humanité Vacille, le Motard Survit
Dans les cendres encore tièdes d’un monde en ruine, Days Gone Remastered revient rugir sur nos machines comme un vieux moteur qui refuse de s’éteindre. L’apocalypse a beau avoir tout emporté, elle n’a pas réussi à éteindre la rage de vivre de Deacon St. John, et cette version retravaillée du titre de Bend Studio nous replonge dans un enfer sublime, entre poussière, rouille et hurlements de mutants.
Il reste quoi, quand tout s’effondre ? Un monde qui pue la mort et l’essence. Les routes fendues, les stations-service abandonnées, les bois infestés de Freakers… Tout ici transpire la fin du monde. Mais grâce à un lifting technique soigné, textures affinées, éclairages plus tranchants que jamais, 60 fps stables comme une enclume rouillée dans la boue, la désolation n’a jamais été aussi belle. Le remaster fait honneur à son monde ouvert : vaste, étouffant, vivant… ou plutôt, grouillant de morts.

DeaconSt. John parcourt une route isolée en pleine forêt dans Days Gone Remastered sur PS5.
Des routes désertes, des Freakers affamés, et un motard qui traîne ses regrets comme une chaîne rouillée. Days Gone Remastered revient hanter nos écrans avec une promesse simple : faire mieux, sans vraiment changer. Dans un monde cramé jusqu’à l’os, où même les souvenirs sentent la rouille, Days Gone Remastered débarque en prétendant qu’un peu de polish suffira à faire oublier l’usure. Spoiler : ça brille, mais ça craque toujours.

Le héros Deacon St. John dans un campement de survivants, symbole de résistance dans Days Gone Remastered.
Days Gone Remastered ne réinvente pas la roue, comme une vieille bécane : il change des pièces glanées dans un dépôt vente, la rafistole avec du fil de fer rouillé, lui colle un peu de nitro, et prie pour que ça tienne la route. C’est, au fond, comme la version PC de luxe glissée sous le capot d’une console, histoire de faire illusion. D’ailleurs, n’oublions pas que la version PC est sortie il y a deux ans et que le DLC Broken Road qui sort aujourd’hui apporte le contenu remasterisé. n’est pas un simple patch graphique : c’est une refonte avec des options d’optimisation avancées, une compatibilité ultra-large et un gameplay peaufiné pour le clavier-souris.
Même jeu, mêmes fondations branlantes, mais lissé, affiné, dopé à coups de retouches techniques. Le travail sur les contrastes, la netteté des textures, le grain sale de l’image et les jeux de lumière sculptent une ambiance plus étouffante, presque poisseuse par moments. Les ajouts sont malins, l’expérience plus docile sous les doigts, et la DualSense vient rajouter un peu de frissons mécaniques à une balade qui sent toujours la poussière, le sang… et la répétition.

Une ambiance lur plus d’immersion dans les combats.
Un remaster sans vraie mutation
Oui, c’est plus beau. Oui, c’est plus fluide. Mais pour un remaster en 2025, on attendait plus qu’un simple lifting graphique. Pas de contenu inédit, pas de refonte du gameplay ou de la narration. Les améliorations techniques (4K, 60 fps, temps de chargement réduits) font largement le job, mais n’effacent pas la lourdeur structurelle du jeu original.

Des panoramas à vous couper le souffle mais seul face à la nature.
Toujours porté par la voix rocailleuse de Sam Witwer (qui a aussi fait la voix de Dark Maul dans Star Wars: The Clone Wars ou même donné son apparence à Starkiller dans le jeu vidéo Star Wars: Le Pouvoir de la force), Deacon n’est pas juste un motard paumé. C’est un homme traqué par ses souvenirs, ses erreurs, ses fantômes. Le jeu n’a pas changé sa narration : lente, parfois contemplative, souvent brutale. Mais dans ce monde vidé de sens, chaque échange, chaque regard, chaque cri a le goût amer de l’authenticité. Le remaster ne rajoute pas de dialogues, mais il aiguise l’émotion brute qui en suinte.
Ce jeu est une narration qui s’étire comme un pneu crevé ! Deacon St. John, l’anti-héros à la voix grave et au passé tragique, n’a pas changé. Et c’est peut-être là le problème !!! Le jeu continue de dérouler sa trame comme une série Netflix qui refuse de finir sa saison. Long, répétitif, parfois poussif, il enterre ses bonnes idées sous des couches de missions secondaires peu inspirées. Oui, oui, c’est un remastered et non pas un remake ! Il est clair qu’un remake est attendu par nombre de joueurs comme nous, et c’est peut-être là que l’on va trouver la critique principale !

Une virée semée d’embûches.
Dans Days gone remastered , l’histoire est la même que Days gone et c’est pour notre plus grand plaisir. Un mix savant d’un homme qui a vécu des tragédies humaines et qui doit survivre dans ce monde hostile tout en trouvant un sens à sa vie . Comme un scénario de série B , ce Bad boy solitaire des Bad land erre sur les routes infestées de « zombies mutants » friands de chair humaine et de sang pour répondre à cette simple question : pourquoi vivre?
On est bien d’accord , ce n’est toujours pas le scénario de l’année et pour le coup il n’y a pas de changement par rapport au jeu originel. Mais même si c’est pas fait avec finesse , ça fonctionne toujours aujourd’hui ! On aime se laisser happer par cette belle histoire . Et on s’attache toujours autant au personnage maladroit , têtu, un être » brut de décoffrage » comme on dit par chez nous mais qui nous touche par son vécu et ses émotions que l’on vit avec lui.
Et grâce à l’ajout d’un nouveau mode de jeu , le mode « Mort permanente« , le jeu prend une nouvelle dimension et cela va certainement plaire aux gamers les plus exigeants et expérimentés. On peut mettre du piment au jeu avec ce mode où la moindre erreur et c’est la fin ! Et on recommence depuis le début. Un vrai challenge qui demandera des nerfs d’acier et qui vient ajouter toujours plus d’immersion et d’émotions dans cette aventure incroyable de Days gone remastered.
Nous noterons aussi les efforts incroyables d’accessibilité : le jeu est pensé pour donner la meilleure expérience pour tous. Même dans un monde en ruines, Days Gone Remastered pense aux survivants les plus cabossés. Le remaster embarque quelques améliorations d’accessibilité bienvenues : narration de l’interface, mode haut contraste, assistance à la visée, et — miracle post-nucléaire — un champ de vision enfin réglable. Pour une fois, on sent une vraie volonté d’ouverture, comme si Bend Studio avait réalisé que tout le monde mérite de galérer équitablement dans l’apocalypse.
Mention spéciale au nouveau cadrage façon cinémascope (champ de vision à 100, mais pas activé par défaut, évidemment), qui sublime encore ces panoramas dévastés où la beauté persiste malgré la décrépitude. Comme quoi, même l’enfer peut avoir un joli cadre.
Mais l’enthousiasme prend un coup de pelle rouillée dès qu’on s’aventure du côté du portefeuille : presque 50 oreilles de « grouilleur » pour les nouveaux venus, 10 pour les vétérans de la PS4… Sauf si vous tenez votre exemplaire d’une offre PS Plus, auquel cas c’est tarif plein, sans vergogne. Une politique aussi élégante qu’un troc entre survivants affamés, où Sony, en brocanteur du chaos, écoule ses vieilles reliques en fixant les prix selon l’envie du moment. Peu importe l’état, peu importe la fraîcheur : ici, c’est la valeur sentimentale qui passe à la caisse.
Un gameplay daté sous un vernis neuf
Le gameplay garde sa moelle : craft, loot, infiltration et baston à la dure. Mais dans cette version remasterisée, les chargements éclair et l’interface peaufinée rendent l’expérience plus fluide. Et les hordes ? Toujours aussi flippantes. Courir, tirer, fuir, recommencer — le cœur bat plus fort, l’adrénaline monte plus vite. Et quand les 200 Freakers déboulent en hurlant, mieux vaut avoir réglé sa bécane… ou dit ses prières.
L’exploration est plaisante, les hordes impressionnent toujours, mais l’IA reste bancale, et certaines mécaniques (système de craft, infiltration) auraient mérité un sérieux coup de polish. Le monde ouvert est vaste mais souvent creux, et le rythme global peine à maintenir la tension. Cela se limite clairement à survivre, toujours survivre quoiqu’il en coûte !
Et on peut dire ici que l’utilisation de la DualSense est un vrai plaisir grâce aux retours haptiques et aux gâchettes adaptatives. Lorsqu’on tire, on sent bien la résistance de la détente, ce qui nous plonge vraiment dans l’aventure ! Une virée en moto et vous ressentez chaque bosse et nid de poule sur la route… Une branche qui craque sous le poids d’un ennemi, un loup grognant ou encore un mutant embusqué ou à proximité : ses grognements, ses paroles, ses pas s’entendent clairement dans la manette ou le jeu pour vous mettre sous pression !
Et même après avoir arpenté mille fois les routes dévastées, Days Gone Remastered trouve encore moyen de remplir de munitions ses sacoches. Le mode « Speedrun » débarque pour les fous furieux de la manette qui rêvent de boucler l’histoire en battant des records chronométrés — parce que, visiblement, survivre plus vite, c’est survivre mieux.
Et pourquoi pas immortaliser tout ça ! Le mode « Photo« , lui, s’offre des gadgets clinquants : contrôle de la lumière, choix de l’heure du jour, filtres pour rendre la fin du monde un peu plus Instagrammable. Un bel effort pour faire joli sur la vieille carcasse, comme un tatouage vieilli par le temps.

Préparez-vous au chaos et à la brume .
Quant aux vétérans de la PS4, qu’ils se rassurent : leur sauvegarde migre sans douleur, comme si la fin du monde n’avait jamais interrompu leur balade champêtre au milieu des cadavres (le jeu le propose dès le début du jeu)… C’est génial… En fait non, même si c’est un plus de pouvoir reprendre nos nombreuses heures à traquer les hordes et à survivre. Quel est l’intérêt de prendre le remaster si ce n’est pas de reprendre depuis le début ? Oui, oui, on est complètement tarés quand on teste des jeux😛.
Pour ceux qui pensaient avoir dompté la horde et mérité un repos bien sale dans un coin de forêt calcinée, Days Gone Remastered a une surprise : le mode « Assaut de horde« . Ici, pas question de reconstruire quoi que ce soit — juste de mourir avec panache. Le principe ? Survivre encore, toujours, face à des vagues d’ennemis de plus en plus hargneux, tout ça pour empiler des points comme un forcené dans une salle d’arcade abandonnée. Chaque tir dans la tête, chaque combo sanglant fait grimper le score, histoire de mettre un chiffre sur votre agonie.
Plus vous jouez les suicidaires, plus votre multiplicateur vous caresse l’ego avant de vous laisser choir dans la poussière. Deacon, ex-biker brisé, se retrouve transformé en bête de foire pour un public de fantômes. Un petit chef-d’œuvre de cynisme… et ça marche diablement bien.
On a bien aimé l’éventail de personnages que l’on peut choisir, du héros aux ennemis, chacun ayant son propre équipement. On n’invente rien de transcendant, mais comme une bécane bien rodée, ça fonctionne : on arrive sur une des quatre zones de survie, on se fraye un chemin entre les zombies pour récupérer sa moto, et on explore pour looter, réparer et crafter son équipement. Entre deux vagues de mutants, bien évidemment, quelques minutes vous sont accordées pour y parvenir.
Comme le dernier chant du cygne pour ce monde dévasté, Days Gone Remastered ne réinvente pas l’apocalypse, mais il la magnifie. C’est une ode à la survie, à la solitude, à cette lueur d’espoir qu’on croyait morte. Pour ceux qui l’ont raté, c’est le moment idéal de découvrir ce road trip macabre. Pour les anciens, c’est l’occasion de redémarrer la moto… et de replonger dans la poussière, le sang et la mélancolie. Pourquoi n’avoir pas fait un mode coopératif !?
Conclusion : entre nostalgie et déception
Days Gone Remastered est comme cette bécane qu’on retape pour un dernier tour de piste : elle ronronne mieux, brille sous le soleil couchant… Mais le moteur reste le même, fatigué et un peu poussif. Une belle carcasse, certes, mais qui peine à masquer les faiblesses d’un jeu qui a vieilli. Oui, on est peut-être un peu usé et aigri à force d’attendre la suite, mais on prend toujours autant de plaisir à massacrer de la horde, surtout avec l’effet haptique qui nous met en tension permanente.
L’ajout de « nouveaux modes » et d’une « belle peinture graphique » est un plus si on est friand de sang, de cervelles éclatées et de cadavres en putréfaction dans un décor idyllique de forêt de l’Oregon (oui, oui, l’ajout de texture fine et plus de végétation sous une belle lumière, ça marche !). Ce remaster est sans aucun doute une belle vitrine pour un Days Gone 2. Allez, Sony, soyez sympas, on a été sages !




