La communauté du jeu vidéo traverse un moment sombre : Rebecca Heineman, figure pionnière de l’industrie et programmeuse d’exception, s’est éteinte à 62 ans après un long combat contre le cancer. Son décès laisse un vide immense, tant pour ceux qui ont travaillé à ses côtés que pour les générations de joueuses et joueurs qu’elle a inspirées.
Ces dernières semaines, Heineman avait partagé un message bouleversant sur sa page GoFundMe, expliquant que les médecins avaient épuisé toutes les options thérapeutiques. Elle y appelait à soutenir ses enfants dans l’organisation de ses funérailles, évoquant avec un mélange de courage, d’humour et de fragilité son envie de rejoindre son épouse disparue, Jennell Jaquays, décédée l’année précédente. Le financement, destiné à couvrir les derniers frais, avait atteint 97 % de son objectif.
Les hommages se sont multipliés sur les réseaux. Frank Cifaldi de la Video Game History Foundation a rappelé combien sa présence et son soutien comptaient lors des événements, évoquant leur dernière rencontre à PAX. Andrew Borman, du Strong National Museum of Play, a salué l’héritage humain autant que professionnel de la développeuse. Neil Thomas, du studio The Cave, a lui aussi souligné l’importance de son témoignage et de sa générosité.
Rebecca Heineman laisse derrière elle une trajectoire hors norme. Championne Space Invaders en 1980, codeuse autodidacte capable d’explorer jusqu’aux entrailles de l’Atari 2600, elle deviendra l’une des fondatrices d’Interplay et signera des titres devenus cultes comme The Bard’s Tale III, Dragon Wars ou Mindshadow. Elle créera ensuite plusieurs studios, supervisera de nombreuses adaptations emblématiques et restera jusqu’au bout une force motrice pour l’industrie, notamment au sein de son studio Olde Sküül. Sa vie, marquée par une passion sans faille pour le jeu vidéo et celles et ceux qui le font, continuera d’inspirer longtemps encore.
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