Resident Evil 4 HD a été testé sur PS4.
Onze ans après sa sortie sur la console de Nintendo, la GameCube, puis son passage remarqué sur PlayStation 2, le très acclamé Resident Evil 4 s’est offert un premier retour sous les projecteurs avec une version HD. Bien avant l’arrivée du Resident Evil 4 entièrement dépoussiéré que nous connaissons aujourd’hui, Capcom proposait déjà ce lifting destiné aux PlayStation 4 et Xbox One, à une époque où les remasters devenaient monnaie courante.
Depuis l’ère PlayStation 4 et Xbox One, les versions dites « HD » ou « Remastered » se sont multipliées, parfois sans réel intérêt. Si certains retours, comme Dead Rising, peinaient à justifier leur prix, le nom Resident Evil conserve un pouvoir d’attraction intact, surtout lorsqu’il s’agit du quatrième épisode, véritable tournant de la saga. La question se posait alors naturellement : ce Resident Evil 4 HD, proposé entre 19,99 € et 24,99 €, méritait-il que les joueurs replongent dans l’horreur espagnole… en attendant mieux ?
Un tournant majeur pour la saga
À sa sortie, Resident Evil 4 a bouleversé les codes de la série. Abandonnant en grande partie la rigidité du survival des premiers épisodes, le jeu mise davantage sur l’action, tout en conservant une tension permanente. Le joueur incarne Leon Kennedy, envoyé en Espagne pour retrouver Ashley Graham, la fille du président des États-Unis. Très vite, le danger se matérialise sous la forme de villageois hostiles, organisés et violents, bien loin des zombies classiques.
Cette confrontation permanente contre des hordes d’ennemis reste aujourd’hui encore l’un des grands points forts du jeu. Le level design intelligent permet d’exploiter l’environnement, de tendre des pièges ou de fuir dans l’urgence. Le manque de munitions renforce cette pression constante, donnant à chaque affrontement une saveur particulière. Sur ce point, le titre n’a rien perdu de sa force.
Une HD qui reste en surface
Techniquement, Resident Evil 4 HD tient une partie de ses promesses. Le jeu tourne désormais en 1080p avec un framerate stable à 60 images par seconde, apportant une fluidité très appréciable. Les temps de chargement ont disparu, rendant l’expérience plus nerveuse et plus agréable au quotidien.
En revanche, le fameux lifting graphique reste extrêmement mesuré. Certaines textures bénéficient d’un léger gain de netteté, mais l’ensemble conserve un aspect daté, avec des décors parfois fades et peu détaillés. Cette version améliore le confort visuel sans réellement moderniser le rendu global.
Un gameplay figé dans son époque
C’est probablement là que cette édition montre le plus ses limites. Aucun ajustement n’a été apporté au gameplay original. L’impossibilité de tirer en mouvement, la visée rigide, certaines animations peu réactives et surtout une caméra capricieuse rappellent constamment que le jeu accuse le poids des années. Ces choix, acceptables à l’époque, peuvent aujourd’hui frustrer, notamment pour les nouveaux joueurs.
Malgré tout, la direction artistique et le sound design parviennent encore à instaurer une atmosphère oppressante et mémorable. Le bouton de demi-tour rapide devient vite indispensable pour survivre aux assauts venant de toutes parts, preuve que certaines mécaniques restent pensées pour compenser ces limites.
Contenu et longévité
Cette version HD inclut les contenus additionnels déjà connus, comme le mode The Mercenaries, orienté scoring et action pure, ainsi qu’un mode de difficulté plus élevé pour les joueurs aguerris. L’aventure principale se boucle en environ 12 heures, voire 15 heures pour les plus explorateurs, un contenu toujours solide pour un titre de ce calibre.





