Starship Troopers : Ultimate Bug War a été testé sur Xbox Series X.
Starship Troopers: Ultimate Bug War : service garanti, second degré inclus
« Journal de bord du Renard, jour 1.
On m’avait promis la citoyenneté.
J’ai signé pour la démocratie.
Je me retrouve à courir dans un désert en hurlant sur des insectes géants pendant qu’une voix me dit que tout va très bien.
Je crois que je suis exactement là où je dois être.
Ou alors c’est déjà trop tard. Voulez-vous en savoir plus ? »
Il y a des jeux qui cherchent à impressionner. D’autres qui cherchent à raconter. Et puis il y a ceux qui te prennent par le col, te donnent un fusil, te hurlent “POUR LA FÉDÉRATION !” dans l’oreille et te poussent dans une guerre absurde ( comme toutes) avec un sourire crispé. Starship Troopers: Ultimate Bug War appartient très clairement à cette dernière catégorie.
Et ce qui est fascinant, c’est qu’il ne fait jamais semblant.
Il ne cherche pas à moderniser à tout prix, ni à complexifier inutilement. Il regarde droit dans les yeux une époque où les FPS étaient rapides, brutaux, parfois un peu idiots… et il décide de dire :
“Oui. On va le faire à la sauce 2026.”
Une madeleine de Proust… qui mord
Je ne vais pas faire semblant : si vous avez découvert Starship Troopers ado, ce jeu va vous parler immédiatement, les autres il va falloir mettre le nez dedans.
Pas seulement parce qu’il aligne les références avec gourmandise, mais parce qu’il retrouve cette sensation très particulière : celle d’un univers qui te dit très sérieusement des choses complètement absurdes.
À l’époque, on regardait ça pour les flingues, les explosions, les insectes qui faisaient “splatch”. Aujourd’hui, on comprend aussi pourquoi ça nous faisait rire sans qu’on sache vraiment l’expliquer.
Et le jeu capte exactement ça.
Les séquences de propagande sont toujours là, parfaitement calibrées, entre premier degré héroïque et ironie grinçante. On te parle de courage pendant qu’un soldat se fait découper hors-champ. On te parle d’honneur pendant que tout part en vrille, c’est bizarre cette sensation de déjà-vu à la sauce MAGA.
Et toi, au milieu, tu souris. Un peu gêné. Mais tu souris.
Le retour du boomer shooter (et de tes vieux réflexes oubliés)
Il faut qu’on en parle sérieusement — ou pas trop, restons cohérents avec le sujet :
Starship Troopers : Ultimate Bug War, c’est un boomer shooter. Un vrai.
Pas un FPS qui met trois options rétro dans un coin pour faire joli. Non. Un jeu qui te regarde et qui te dit :
“Tu te souviens quand tu devais bouger pour survivre ? Non ? Eh bien tu vas réapprendre.”
Ici, pas de couverture magique, pas de pause dramatique pour reprendre ton souffle. Si tu t’arrêtes, tu meurs. Si tu réfléchis trop longtemps, tu meurs. Si tu admires le paysage… bon, là tu meurs encore plus vite, mais avec un joli panorama (Fuck Call Of).
Et franchement ? Ça fait un bien fou.
On redécouvre des sensations presque oubliées. Cette manière de lire l’espace, d’anticiper les vagues d’ennemis, de danser littéralement entre les projectiles. Le jeu te force à être en mouvement constant, et il le fait sans jamais te frustrer.
C’est fluide, lisible, nerveux. Et surtout, c’est honnête.
Le retour du boomer shooter, ce n’est pas juste une mode nostalgique. C’est une réponse à une fatigue. Et Starship Troopers : Ultimate Bug War le comprend parfaitement et si jamais tu as moins de 40 ans, sache qu’il y a toujours moyen de mettre les armes à l’infini et la vie à 100 pour cent dans les options.
Deux campagnes, une guerre…
Ce qui aurait pu n’être qu’un défouloir devient plus intéressant grâce à une idée toute simple : proposer deux visions du conflit.
Côté Marines, tout est propre. Enfin… “propre” dans un univers où des insectes explosent comme des pastèques sous pression. Disons que c’est organisé. Structuré. Presque rassurant.
Les missions s’enchaînent avec une logique militaire : avancer, sécuriser, tenir une position. Le level design accompagne parfaitement cette approche, avec des espaces pensés pour canaliser l’action. On comprend vite où se placer, comment réagir, comment survivre, comme à l’époque.
Et puis il y a l’autre campagne.
Celle où tu arrêtes d’être le héros.
Devenir un insecte, c’est accepter de perdre ses repères. Les environnements deviennent plus organiques, plus imprévisibles. On ne progresse plus de la même manière. On ne pense plus de la même manière.
On agit.
C’est presque instinctif. Presque animal. Et étrangement… très satisfaisant.
Ce changement de perspective ne révolutionne pas le genre, mais il apporte juste ce qu’il faut de fraîcheur pour éviter la monotonie (petite aparté, plus tu finiras de missions avec les marines, plus tu débloqueras de missions pour les insectes). Et surtout, il renforce ce petit décalage permanent entre ce que Starship Troopers : Ultimate Bug War raconte… et ce qu’il te fait vivre.
Tirer, courir, survivre… et aimer ça un peu trop
Ce qui fait la force de Starship Troopers : Ultimate Bug War, c’est sa capacité à aller droit au but.
Le gameplay est simple, mais jamais simpliste. Chaque arme a un ressenti distinct, chaque tir a du poids, chaque impact se voit et s’entend. Les ennemis ne sont pas juste là pour faire joli : ils réagissent, ils envahissent l’espace, ils te mettent sous pression.
Et surtout… ils arrivent en masse.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à gérer une horde qui déboule, à trouver le bon angle, le bon timing, le bon mouvement. Le jeu te pousse constamment à t’adapter, sans jamais te punir gratuitement.
C’est exigeant, mais juste.
Et puis il y a ce petit plaisir coupable, difficile à avouer mais impossible à ignorer : regarder une vague d’insectes se faire pulvériser avec un sens du spectacle totalement assumé.
Oui, c’est excessif.
Oui, c’est un peu bête.
Mais c’est exactement ce qu’on est venu chercher.
Une direction artistique qui sait ce qu’elle fait
Visuellement, le jeu ne cherche pas à réinventer la roue. Et c’est très bien comme ça.
Les Marines sont fidèles à cette image héroïque un peu trop parfaite pour être honnête. Les insectes, eux, sont variés, lisibles, parfois franchement dérangeants. On comprend immédiatement ce qu’on affronte, même dans le chaos.
Le level design, lui, fait un travail remarquable.
Il ne se contente pas d’être fonctionnel, il accompagne réellement le gameplay. Les zones humaines sont structurées, presque stratégiques, tandis que les environnements insectes sont plus organiques, plus imprévisibles.
On ne joue pas de la même manière, et ça change tout.
Une ambiance sonore qui en fait des tonnes (et c’est parfait)
La musique joue un rôle clé dans l’expérience.
Côté Marines, elle est martiale, héroïque, presque caricaturale.
Mais c’est volontaire. Elle participe à cette mise en scène permanente, à cette impression d’être dans une publicité militaire qui aurait mal tourné.
Côté insectes, tout devient plus diffus, plus oppressant.
Les sons prennent le dessus, l’ambiance devient plus organique, presque inconfortable.
Et au milieu de tout ça, les cinématiques viennent rappeler que rien n’est totalement sérieux. Ces moments de propagande, toujours bien placés, donnent du rythme et renforcent l’identité du jeu.
Une répétition… étrangement agréable
Oui, le jeu peut sembler répétitif. Les objectifs reviennent, les situations se ressemblent parfois.
Mais ce n’est jamais vraiment un problème.
Parce que le plaisir vient ailleurs. Dans le ressenti. Dans le rythme. Dans cette boucle simple mais efficace qui te pousse à relancer une mission “juste une dernière fois”.
C’est un jeu qui fonctionne à l’instinct, et qui assume complètement cette approche.
Petit bémol aussi sur le fait que le jeu est intégralement dans la langue de Shakespeare, les sous-titres en français auraient été un plus, malgré que les dialogues se comprennent et vont toujours dans la directive de la bagarre.
Une approche qui nous parle
Difficile de ne pas apprécier cette manière de faire.
Ce respect du gameplay, cette volonté de proposer une expérience directe, sans artifices inutiles… c’est exactement ce que j’aime retrouver dans ce type de production. Et oui, ça fait forcément écho à certains jeux que j’affectionne particulièrement.
Sans en faire des tonnes, Starship Troopers : Ultimate Bug War s’inscrit dans cette philosophie. Et ça lui va très bien, et surtout encore merci à DOTEMU.





