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TEST : Propeller Arena – Le chef-d’œuvre fantôme de la Dreamcast

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

Comme un coup de tonnerre jaillissant dans la nuit, l’annonce par SEGA de l’annulation de Propeller Arena à la fin de l’année 2001 avait laissé les fans de la Dreamcast totalement abasourdis. À quelques semaines seulement de l’arrêt de production de la console, ce jeu développé par le mythique studio AM2 de Yu Suzuki semblait pourtant prêt à décoller. Mais l’histoire en décida autrement. Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis allaient condamner un projet devenu soudainement beaucoup trop sensible pour l’époque. Et quand on voit que l’un des niveaux du jeu rappelle fortement New York avec ses immenses gratte-ciel, on comprend rapidement pourquoi SEGA préféra tirer la prise.

Et pourtant… quel gâchis.

Un Top Gun arcade dopé à la sauce AM2

Dès les premières minutes, Propeller Arena affiche clairement ses ambitions : proposer un jeu de combat aérien ultra nerveux, accessible immédiatement, mais suffisamment technique pour devenir redoutable en multijoueur. Oubliez la simulation réaliste façon Flight Simulator. Ici, on est davantage face à une sorte de Quake III aérien, mélangé à l’esprit arcade de Crazy Taxi et aux dogfights de Crimson Skies.

Le principe est simple : plusieurs pilotes s’affrontent dans des arènes géantes avec des avions inspirés de modèles historiques comme les Spitfire, Mustang ou Messerschmitt. Le but ? Descendre un maximum d’adversaires avant la fin du temps imparti. Et autant le dire tout de suite : le gameplay est incroyablement fun.

Loopings, vrilles, demi-tours express, tonneaux, boosts, freinages aériens… tout repose sur la maîtrise des figures spéciales. Au départ, le jeu peut sembler un peu rigide. Mais une fois les manipulations assimilées, les affrontements deviennent totalement grisants. Réussir un looping pour se retrouver derrière un adversaire ou effectuer un virage éclair afin d’éviter un missile procure immédiatement cette sensation arcade pure que seuls certains jeux SEGA savaient offrir à l’époque.

Le plus impressionnant reste probablement l’équilibre entre accessibilité et profondeur. Les commandes répondent parfaitement, même si l’utilisation intensive des gâchettes peut finir par fatiguer les doigts lors des longues sessions. Mais derrière son apparente simplicité, Propeller Arena cache une vraie richesse de gameplay qui récompense clairement les joueurs les plus techniques.

Le multijoueur qui aurait pu tout changer

Ce qui rend aujourd’hui l’annulation du jeu encore plus frustrante, c’est surtout son incroyable avance sur son temps. Car oui, Propeller Arena devait proposer du jeu en ligne jusqu’à six joueurs… avec chat vocal intégré.

En 2001.

À une époque où le Xbox Live n’existait même pas encore.

Le jeu avait été pensé comme une expérience multijoueur totale. Le split-screen jusqu’à quatre joueurs fonctionne déjà à merveille et transforme immédiatement une soirée entre amis en véritable champ de bataille aérien. Mais on imagine sans mal ce qu’aurait pu devenir le titre si ses serveurs avaient réellement vu le jour.

D’autant que les cartes sont excellentes. Château perdu dans la montagne, immense ville futuriste, canyon désertique, volcan en activité ou ciel orageux : chaque arène possède sa propre identité visuelle et offre un terrain de jeu parfaitement adapté aux affrontements nerveux.

Les bonus disséminés dans les niveaux apportent aussi énormément de variété. Missiles à tête chercheuse, contrôles inversés, boosts de vitesse, réparations, camouflage… le tout donne parfois au jeu des allures de Mario Kart aérien, mais avec la nervosité d’un deathmatch arcade.

Une vitrine technique monstrueuse pour la Dreamcast

Graphiquement, le travail d’AM2 reste encore aujourd’hui impressionnant. La distance d’affichage est hallucinante pour un jeu de 2001, les effets explosifs claquent dans tous les sens et les environnements débordent de détails. Le tout tourne avec une fluidité remarquable, même en écran splitté.

La direction artistique fonctionne également très bien. Les couleurs explosent à l’écran, les traînées lumineuses des figures spéciales donnent énormément de dynamisme aux combats et certains décors restent franchement magnifiques encore aujourd’hui. Mention spéciale à la vue cockpit particulièrement immersive.

Et puis il y a la bande-son.

Impossible de ne pas penser à Crazy Taxi avec ses morceaux pop-rock ultra énergiques. Guitares saturées, refrains agressifs, ambiance punk-rock complètement décomplexée : les musiques collent parfaitement à l’action et participent énormément à l’identité du jeu. C’est bruyant, fun, parfois kitsch… mais totalement dans l’esprit Dreamcast du début des années 2000.

Le charme des jeux devenus légendes

Ce qui frappe avec Propeller Arena, c’est cette sensation permanente de jouer à quelque chose qui aurait pu devenir énorme. Le titre possède ce parfum très particulier des jeux cultes annulés trop tôt, de ceux qui continuent à alimenter les fantasmes des joueurs plus de vingt ans après leur disparition.

Car malgré quelques limites — un manque de modes de jeu sur la durée ou des personnages finalement peu mémorables — le potentiel était immense. Yu Suzuki et les équipes d’AM2 avaient clairement entre les mains un jeu multijoueur visionnaire qui aurait probablement marqué l’histoire online de la console.

Au final, Propeller Arena reste l’un des plus grands regrets de la Dreamcast. Un jeu fun, spectaculaire, techniquement bluffant et surtout incroyablement moderne pour son époque.

AVIS DE LA REDAC

Propeller Arena est le symbole parfait de la fin tragique de la Dreamcast : un jeu ambitieux, innovant et en avance sur son temps, sacrifié par un contexte historique impossible à contourner. Plus de vingt ans après son annulation, le titre conserve pourtant une aura unique auprès des fans de SEGA et des amoureux de jeux arcade. Et honnêtement ? Quand on y joue aujourd’hui, on comprend immédiatement pourquoi.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
91
%
Graphisme
89
%
Animation
93
%
Maniabilité
84
%
Interet
96
%
Son
91
%
Graphisme
89
%
Animation
93
%
Maniabilité
84
%
Interet
96
%
LES PLUS
  • Gameplay arcade ultra nerveux
  • Multijoueur extrêmement fun
  • Technique impressionnante pour la Dreamcast
  • Bande-son rock mémorable
  • Système de figures très satisfaisant
  • Une vraie avance sur le online console
LES MOINS
  • Peu de variété sur le long terme
  • Quelques commandes demandent un temps d’adaptation
  • L’absence du online reste frustrante
91
%
MEGAHIT DE LA REDAC

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